Le renard et les chats : une parenthèse de douceur à Porto-Vecchio
Dans un coin de jardin de l'Extrême Sud de l'île,où le silence n’est troublé que par le chant des oiseaux et le froissement des herbes sèches, un jeune renard est apparu il y a quelques jours. Méfiant, maigre, les yeux encore pleins de cette inquiétude sauvage que connaissent les animaux livrés trop tôt à eux-mêmes. On dit souvent que « la faim fait sortir le loup du bois ». Le renard aussi. Chaque soir, presque à la même heure, il s’approche doucement de la terrasse. D’abord caché derrière les pierres, puis un peu plus près, à pas comptés. Il observe longtemps avant d’oser avancer vers les gamelles des chats. La faim est plus forte que la peur. Et pourtant, dans ce jardin, personne ne l’a chassé. Les chats l’ont regardé arriver comme un étrange cousin roux venu des collines. Lui, prudent mais apaisé, a compris peu à peu qu’il pouvait manger sans danger. Alors il revient. Discrètement. Avec cette élégance fragile propre aux animaux libres.
























