Dans le cadre d'une journée nationale de mobilisation, près de 200 personnes ont défilé ce jeudi 5 novembre dans les rues de Bastia, à l'appel de l’intersyndicale CGT, Fo, CFDT, UNSA et FSU. Salaires, pensions, pouvoir d'achat et défense des services publics : les syndicats dénoncent une situation sociale particulièrement difficile en Corse, où le coût de la vie pèse sur les ménages.
« Tout augmente, sauf les salaires et les pensions. » C'est autour de ce sentiment que s’est articulée la mobilisation organisée ce jeudi 5 novembre à Bastia. Près de 200 personnes ont répondu à l’appel de la CGT, de FO, de la CFDT, de l’UNSA et de la FSU et se sont rassemblées en milieu de matinée devant le palais de justice. Après une heure de déambulation dans les rues de Bastia, les manifestants se sont rassemblés devant la préfecture de Haute-Corse pour faire entendre leurs revendications. Au cœur de cette mobilisation : le pouvoir d’achat, la revalorisation des salaires et des pensions, ainsi que les difficultés liées à la vie chère, particulièrement marquées en Corse. « Les premières revendications sont la cherté de la vie, l'augmentation des salaires, des pensions, des minima sociaux et de toutes les prestations sociales », explique Charles Casabianca, secrétaire général de l’UD CGT de Haute-Corse. Le représentant syndical dénonce notamment des fins de mois de plus en plus difficiles, avec des ménages qui peinent à faire face à l’augmentation des dépenses courantes. « Il faut que notre population puisse vivre dignement et non pas être dans le rouge le 14 du mois », insiste-t-il.
Une situation qui prend une dimension particulière en Corse, où l’insularité vient accentuer le poids des dépenses quotidiennes. Selon Charles Casabianca, « le taux de pauvreté est de 20 % et atteint 41 % dans les quartiers populaires ». « On ne peut pas continuer ainsi, c’est anormal que les salaires dans le privé soient 7 à 8 % inférieurs à ceux du continent, et ceux des cadres de l’ordre de 20 %. » Un sentiment de déclassement également exprimé par François Giudicelli, secrétaire départemental de l’UNSA pour la Haute-Corse. « Produits alimentaires, carburant, loyers, gaz, électricité… Tout augmente, sauf les salaires et les pensions. Les gens commencent à en avoir marre à tous les niveaux. Les familles corses sont obligées de renoncer à certains loisirs, comme aller au cinéma ou au restaurant. »
Au-delà de la question du pouvoir d’achat, les syndicats réclament « l’ouverture dans toutes les entreprises de négociations pour augmenter les salaires, l’augmentation des pensions des retraités pour les régimes de base comme pour les retraites complémentaires, l’augmentation de la valeur du point d’indice des fonctionnaires et des mesures de revalorisation des carrières de la fonction publique ». « On demande aussi l’augmentation du SMIC et des aides sociales : APL, allocations familiales, RSA, bourses étudiantes, ainsi que l’augmentation des moyens de nos services publics pour préparer l’avenir, soigner et accompagner nos aînés, former les jeunes et faire face au dérèglement climatique. »
En Corse, les difficultés liées aux déplacements domicile-travail constituent aussi une préoccupation particulière. « On a un système d’indemnité de transport régional, mais toutes les entreprises ne le font pas. On est allé voir le préfet, on avance doucement, mais on voudrait avancer un peu plus », détaille François Giudicelli. « 200 à 300 euros sur l’année, ça ne fait pas beaucoup quand on habite à 10 ou 20 kilomètres de son travail et qu’on est obligé de faire le trajet tous les jours. »





