Créateurs de Corse : une plateforme pour donner plus de visibilité à l’artisanat insulaire

Rédigé le 07/11/2026
Léana Serve

Alors que les foires et les marchés mettent chaque année les artisans corses à l’honneur, comment prolonger leur visibilité au-delà des rendez-vous saisonniers ? Lancée à la fin de l’été 2026 par Gahilhann Antoni et son épouse, la plateforme « Créateurs de Corse » entend répondre à cet enjeu en réunissant producteurs et artisans locaux sur une même vitrine en ligne.

Créateurs de Corse : une plateforme pour donner plus de visibilité à l’artisanat insulaire

La foire de L'Île-Rousse, une vitrine privilégiée pour les artisans et producteurs (Archive CNI)

À l’approche des fêtes de fin d'année, les foires et les marchés de Noël offrent aux artisans corses une vitrine privilégiée. Produits du terroir ou créations artisanales : autant de savoir-faire qui trouvent leur place sur les étals le temps de quelques semaines. Mais une fois les stands démontés, comment continuer à se faire connaître et à toucher de nouveaux clients tout au long de l'année ? C’est à cette problématique que Gahilhann Antoni a souhaité répondre en lançant, avec son épouse, la plateforme « Créateurs de Corse ». Une idée née d’un constat : malgré la richesse de l'artisanat insulaire, les créateurs et producteurs locaux manquent parfois de visibilité sur Internet. « Dans ma famille, il y a des artisans, et on connaît leurs besoins. Il n’y a pas vraiment de visibilité sur Internet ou sur les réseaux sociaux. C'est de là qu’est venue l’idée de créer cette plateforme », explique-t-il. Pour les artisans indépendants, développer une activité en ligne peut en effet rapidement représenter un investissement important. Entre la création d’un site internet, la gestion des commandes, les frais de publicité et la communication, les démarches demandent du temps et des moyens. « Il faut payer pour créer un site, et derrière, il y a toute la logistique pour le mettre en avant, payer de la publicité, créer des publications… Tout ça a un coût et il faut du temps. »
 

La plateforme entend ainsi simplifier ces démarches en regroupant plusieurs créateurs et producteurs au même endroit. Chaque artisan peut y ouvrir sa propre boutique et mettre ses articles en ligne à partir de fiches produits dédiées. De son côté, l’équipe assure une partie de la communication sur les réseaux sociaux et prend en charge certains aspects logistiques, notamment les paiements et les étiquettes d'expédition. Le modèle repose sur une commission prélevée sur les ventes. Lancée à la fin de l'été 2026, la plateforme en est encore à ses débuts. Elle rassemble aujourd'hui une trentaine d'artisans et propose environ 200 produits. Un premier catalogue que ses fondateurs souhaitent progressivement étoffer, tout en développant leur clientèle, notamment à l'approche des fêtes de Noël.
 

Reste une question essentielle : comment s'assurer que les produits proposés sont bien issus de l'artisanat insulaire ? Sur ce point, Gahilhann Antoni affirme porter une attention particulière aux profils des vendeurs. Vérification des informations professionnelles, consultation de leurs réseaux sociaux ou encore connaissance de leur travail sur les marchés : plusieurs éléments lui permettent, selon lui, de sélectionner les artisans. La plateforme privilégie les personnes originaires de Corse ou celles qui travaillent des matières et des produits endémiques de l'île. « Tout ce qui est achats-reventes, ça ne marche pas », précise-t-il. « On peut faire quelques petites recherches supplémentaires si on a un doute sur quelqu'un, mais en général, on les voit souvent sur les marchés, et on connaît leur travail, donc on voit de suite qui fait de l’authenticité et qui n'en fait pas. »
 

La clientèle visée ne se limite d'ailleurs pas aux habitants de l’île. Les Corses installés sur le continent mais aussi les personnes qui souhaitent découvrir l'artisanat insulaire font partie du public auquel la plateforme souhaite s'adresser. « Le but, c'est aussi de faire découvrir la réalité de l’artisanat corse et qui se cache derrière », souligne Gahilhann Antoni. « On veut aussi mettre les artisans en avant, c’est pour ça qu’ils peuvent raconter leur parcours quand ils s’inscrivent, et on ambitionne de se rendre directement dans les ateliers pour prendre des photos et des vidéos et vraiment faire vivre le site comme une communauté. »