Mobilisation du 17 octobre en Corse : la colère dans la rue, des heurts à Ajaccio

Rédigé le 17/10/2026
Jeanne Soury à Ajaccio et Christophe Giudicelli à Bastia

À l’appel de 17 organisations, entre 150 et 200 personnes ont défilé ce samedi 17 octobre à Ajaccio pour dénoncer la vie chère, le manque de moyens dans les établissements scolaires et la politique du gouvernement. À Bastia, près d’une centaine de manifestants se sont également rassemblés. La mobilisation ajaccienne s’est achevée par des heurts aux abords de la préfecture.

Mobilisation du 17 octobre en Corse : la colère dans la rue, des heurts à Ajaccio

À Ajaccio, le cortège a rassemblé entre 150 et 200 personnes, à l’appel de 17 organisations (©Paule Santoni)

« Macron démission », « La jeunesse emmerde le Front national », « Fascisti fora » : ce samedi 17 octobre, les slogans résonnent dans les rues d’Ajaccio. Sur les pancartes, les appels à « changer le système » côtoient les messages de solidarité. Parti de la gare vers 14 heures en direction de la préfecture, le cortège rassemble entre 150 et 200 personnes, à l’appel de 17 organisations. Si les jeunes sont nombreux, notamment en raison de la continuité du mouvement lycéen entamé depuis plusieurs semaines, la mobilisation réunit aussi des militants politiques et syndicaux venus porter des revendications sociales plus larges.

Au milieu du cortège, Sofia Cipriani, élève de terminale au lycée Saint-Paul, ne cache pas sa colère face aux conditions d’enseignement. Elle a d’ailleurs pris la parole devant les manifestants pour alerter sur la situation dans son établissement. « Je ne trouve pas normal qu’un professeur de spécialité soit absent toute l’année alors que nous avons des épreuves à la fin et que notre avenir en dépend », dénonce-t-elle. À cela s’ajoutent des bâtiments dégradés, où les températures compliquent le quotidien des élèves. « C’est inadmissible de devoir étudier dans un établissement délabré, avec 30 degrés en septembre et 15 degrés en hiver dans les classes. On ne peut pas se concentrer. »

La vie chère figure également au cœur des revendications. Pour Mathéo, élève en CFA, le prix du carburant pèse directement sur le quotidien. « J’habite loin de la ville et ça coûte vraiment cher de devoir faire les allers-retours tous les jours. J’espère qu’à l’avenir, le prix de l’essence va baisser », confie-t-il.

Mobilisation du 17 octobre en Corse : la colère dans la rue, des heurts à Ajaccio

Au-delà des questions scolaires, les manifestants entendent dénoncer une politique gouvernementale jugée injuste

« Cette mobilisation doit être le début de quelque chose »

Au-delà des questions scolaires, les manifestants entendent dénoncer une politique gouvernementale jugée injuste. « On a du mal à se loger et à se nourrir. En Corse, région la plus précaire de France métropolitaine, on sait ce que c’est », souligne Thomas Santoni, président de Corsica Palestina et membre d’Inseme a Manca. Il évoque aussi le manque de moyens dans les établissements et la répression policière lors des mobilisations sur le continent. « Cette mobilisation doit être le début de quelque chose », insiste-t-il, convaincu qu’une seule journée ne suffira pas à faire aboutir les revendications.

Un sentiment partagé par Marc-Antoine Leroy, secrétaire fédéral du Parti communiste, qui se réjouit de voir les jeunes prendre part au rassemblement. « Si la France et la Corse veulent des jeunes instruits, diplômés et éduqués, il faut qu’on puisse leur offrir la meilleure éducation possible », estime-t-il. Il appelle à poursuivre les mobilisations et à faire converger les luttes, plutôt qu’à opposer les générations et les revendications.

À Bastia, près d’une centaine de manifestants

Du côté de Bastia, près d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant le collège Simon-Vinciguerra aux alentours de 14h30. Composée très majoritairement de lycéens revenus dans la rue pour continuer à porter leurs revendications concernant les établissements scolaires, la mobilisation bastiaise a également vu la présence de militants communistes, dont Michel Stefani, le secrétaire du parti pour la Corse, mais aussi de militants de la CGT. Un soutien apprécié par les jeunes lycéens interrogés. Si ces derniers se disent tout de même « un peu déçus » par la faible affluence, ils expliquent qu’ils continueront à porter leurs revendications aujourd’hui, mais aussi dans les prochains jours. Après avoir organisé un barrage filtrant au niveau du rond-point du palais de justice, les manifestants ont finalement descendu le boulevard Paoli en direction de la préfecture.

Des heurts en fin de cortège à Ajaccio

Dans la cité impériale, la mobilisation s’est achevée dans un climat bien différent. En fin d’après-midi, à l’arrivée du cortège devant la préfecture, des heurts ont éclaté dans les rues adjacentes au cours Napoléon. Une cinquantaine de jeunes, répartis en petits groupes, ont lancé des bouteilles en direction des forces de l’ordre, qui ont répliqué par un jet de gaz lacrymogène. Six personnes ont été interpellées. La préfecture précise par ailleurs qu'une cinquantaine de policiers étaient engagés, dont une section de CRS.