Construite en 1946 par l’architecte corse Louis de Casabianca, la maison dite « de l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées », dans le secteur du Bois des Anglais, a reçu ce vendredi 16 octobre le label « Architecture contemporaine remarquable ». Une reconnaissance organisée dans le cadre des Journées nationales de l’architecture, qui met en lumière un édifice mêlant héritage insulaire et modernité.

Construite en 1946 par Louis de Casabianca, une maison ajaccienne a reçu le label « Architecture contemporaine remarquable », en présence du préfet de Corse, Éric Jalon (©Préfecture de Corse)
Une façade de pierre, des lignes géométriques et un toit-terrasse : dans le secteur du Bois des Anglais, à Ajaccio, cette maison, appartenant à la préfecture de Corse, témoigne d’une manière de penser l’architecture corse au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Construite en 1946 par Louis de Casabianca, elle a reçu ce vendredi 16 octobre le label « Architecture contemporaine remarquable », créé en juillet 2016, lors d’une cérémonie en présence du préfet de Corse, Éric Jalon, de représentants de la préfecture et de membres de la famille de l’architecte.
« Dans cette maison, Louis de Casabianca va se servir de toutes ses connaissances pour créer ce qu’il souhaite : une nouvelle architecture corse du XXe siècle », explique Audrey Giuliani, cheffe du service de la conservation régionale des monuments historiques à la DRAC de Corse et référente du label architecture contemporaine remarquable du ministère de la culture. Formé aux Beaux-Arts de Paris, Louis de Casabianca s’est notamment nourri de ses travaux d’inventaire de l’architecture traditionnelle insulaire pour concevoir cette maison. Le soubassement en granit reprend les codes de l’habitat insulaire, tandis que le béton et le toit-terrasse inscrivent l’édifice dans une esthétique moderne.
« Dans cette maison, Louis de Casabianca va se servir de toutes ses connaissances pour créer ce qu’il souhaite : une nouvelle architecture corse du XXe siècle », explique Audrey Giuliani, cheffe du service de la conservation régionale des monuments historiques à la DRAC de Corse et référente du label architecture contemporaine remarquable du ministère de la culture. Formé aux Beaux-Arts de Paris, Louis de Casabianca s’est notamment nourri de ses travaux d’inventaire de l’architecture traditionnelle insulaire pour concevoir cette maison. Le soubassement en granit reprend les codes de l’habitat insulaire, tandis que le béton et le toit-terrasse inscrivent l’édifice dans une esthétique moderne.

Audrey Giuliani est référente du label architecture contemporaine remarquable du ministère de la culture (©JS)
« Il avait pu davantage s’exprimer »
Pour François de Casabianca, son neveu, cette distinction vient reconnaître le travail d’un architecte qui n’a pas toujours pu exprimer pleinement son talent. « Il se plaignait beaucoup que, dans sa vie courante à Bastia, il avait du mal à exprimer son talent, surtout pour des raisons financières. Et ici, il avait eu le bonheur des finances publiques pour la création. Il avait pu davantage s’exprimer », confie-t-il.
Resté proche de son oncle, il se souvient d’un homme passionné, architecte en semaine et peintre le week-end. Il avait lui-même envisagé de suivre ses traces et de rejoindre son atelier. Il garde notamment le souvenir de leurs échanges autour de ses projets architecturaux, dont le plan d’urbanisme de Bastia après-guerre.
La démarche de Louis de Casabianca reposait sur une attention particulière aux formes des constructions traditionnelles corses et à leur environnement. « Ce qui l’avait fasciné, c’était la sculpturalité des maisons traditionnelles corses, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur », raconte son neveu. Une approche que l’on retrouve dans cette maison ajaccienne, où les matériaux et les références insulaires dialoguent avec les formes de l’architecture moderne.
Pour François de Casabianca, son neveu, cette distinction vient reconnaître le travail d’un architecte qui n’a pas toujours pu exprimer pleinement son talent. « Il se plaignait beaucoup que, dans sa vie courante à Bastia, il avait du mal à exprimer son talent, surtout pour des raisons financières. Et ici, il avait eu le bonheur des finances publiques pour la création. Il avait pu davantage s’exprimer », confie-t-il.
Resté proche de son oncle, il se souvient d’un homme passionné, architecte en semaine et peintre le week-end. Il avait lui-même envisagé de suivre ses traces et de rejoindre son atelier. Il garde notamment le souvenir de leurs échanges autour de ses projets architecturaux, dont le plan d’urbanisme de Bastia après-guerre.
La démarche de Louis de Casabianca reposait sur une attention particulière aux formes des constructions traditionnelles corses et à leur environnement. « Ce qui l’avait fasciné, c’était la sculpturalité des maisons traditionnelles corses, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur », raconte son neveu. Une approche que l’on retrouve dans cette maison ajaccienne, où les matériaux et les références insulaires dialoguent avec les formes de l’architecture moderne.
Un label pour accompagner l’avenir du bâtiment
Au-delà de la reconnaissance patrimoniale, cette distinction doit aussi permettre de mieux accompagner l’évolution de la maison. Sans constituer une protection au titre des monuments historiques, le label ouvre la voie à un regard expert de l’architecte des Bâtiments de France en cas de projet de modification ou de réhabilitation.
« On a vraiment un accompagnement du projet de réhabilitation et une mise en lumière de cette architecture particulière, qui est souvent méconnue et qui se dégrade aussi », souligne Audrey Giuliani. Propriété de l’État, la maison s’inscrit ainsi dans une démarche de valorisation de l’architecture contemporaine portée par le ministère de la Culture.
Elle devient le premier édifice ajaccien à recevoir cette distinction. En Corse, neuf bâtiments sont désormais labellisés. Un inventaire général de l’architecture du XXe siècle réalisé en 2016 avait recensé environ 300 édifices présentant un intérêt architectural, parmi lesquels 60 ont été sélectionnés comme potentiellement éligibles. D’autres labellisations pourraient donc suivre.
Au-delà de la reconnaissance patrimoniale, cette distinction doit aussi permettre de mieux accompagner l’évolution de la maison. Sans constituer une protection au titre des monuments historiques, le label ouvre la voie à un regard expert de l’architecte des Bâtiments de France en cas de projet de modification ou de réhabilitation.
« On a vraiment un accompagnement du projet de réhabilitation et une mise en lumière de cette architecture particulière, qui est souvent méconnue et qui se dégrade aussi », souligne Audrey Giuliani. Propriété de l’État, la maison s’inscrit ainsi dans une démarche de valorisation de l’architecture contemporaine portée par le ministère de la Culture.
Elle devient le premier édifice ajaccien à recevoir cette distinction. En Corse, neuf bâtiments sont désormais labellisés. Un inventaire général de l’architecture du XXe siècle réalisé en 2016 avait recensé environ 300 édifices présentant un intérêt architectural, parmi lesquels 60 ont été sélectionnés comme potentiellement éligibles. D’autres labellisations pourraient donc suivre.


