Chambre d’agriculture : « Nous n’avons aucune leçon de probité et de démocratie à recevoir de François-Xavier Ceccoli »

Rédigé le 15/10/2026
Nicole Mari

La Chambre d’agriculture de Corse a réagi vertement, par communiqué, à la charge lancée par le député LR de la 2nde circonscription de Haute-Corse, François-Xavier Ceccoli, contre Gilles Simeoni et « ses alliés » et la mettant en cause. La Chambre dénonce une « affirmation mensongère » et une volonté de « discréditer » l’institution et ses élus. Dans la foulée, le STC, mis également en cause, a encore moins apprécié et a publié un communiqué féroce.

Le communiqué d’u scagnu di a Camera d’agricultura di Corsica :
 
« C’est avec une grande stupeur que nous avons entendu les propos de François-Xavier Ceccoli présentant notre institution comme étant « sous l’obédience de Gilles Simeoni ». Cette affirmation est évidemment mensongère et nous ne laisserons pas le député travestir la réalité pour alimenter ses règlements de comptes politiques. Il semble ignorer que notre équipe rassemble trois syndicats agricoles et de nombreux agriculteurs non syndiqués, et qu’elle réunit des femmes et des hommes de droite, de gauche, autonomistes et indépendantistes.
 
Nous avons également travaillé sur différents dossiers, en étroite collaboration avec le sénateur Panunzi et le Senatore Paulu Santu Parigi ainsi qu’avec les députés Michel Castellani, Paul-André Colombani et Laurent Marcangeli, à la défense des intérêts de l’agriculture corse. Cette diversité et ces collaborations contredisent directement la caricature qu’il tente d’imposer. D’autres parlementaires savent s’engager à nos côtés au service des agriculteurs, au-delà des appartenances politiques. François-Xavier Ceccoli ferait bien de s’en inspirer.
 
Que cela lui plaise ou non, c’est cette équipe, constituée et menée par notre président Arena, qui dirige la Chambre d’agriculture. Nos décisions se construisent par le débat, la recherche du consensus et la défense des intérêts du monde agricole. Nous ne recevons de consignes d’aucun responsable politique et nous n’avons aucune leçon d’honnêteté, de probité ou de démocratie à recevoir de François-Xavier Ceccoli. Qu’il apporte les preuves de ses accusations ou, à défaut, qu’il cesse de tenter de discréditer notre institution et ses élus. Notre indépendance ne saurait être remise en cause au seul motif qu’elle le dérange.
 
À l’heure où les agriculteurs corses traversent des difficultés qui exigent des engagements et des résultats, ils attendent d’un député qu’il assume ses responsabilités et formule des propositions concrètes, pas qu’il invente des tutelles et distribue des brevets de démocratie.
 
Pour notre part, nous continuerons à défendre l’ensemble du monde agricole, en toute indépendance et sans demander sa permission ».
 

STC : " La soif de pouvoir et l'ambition de briguer un mandat électoral ne doivent pas faire perdre la raison à Mr le Député "

Suite aux propos de François-Xavier Ceccoli, le STC (Sindicatu di i travagliori corsi)  a également tenu à réagir dans un communiqué :

« Les déclarations publiques de François-Xavier CECCOLI à l'égard du STC ont de quoi laisser perplexe. Au-delà de leur caractère pour le moins inélégant, ses propos concernent directement près de 8 000 militants, des femmes et des hommes engagés au quotidien dans la défense des travailleurs et dans un combat qui dépasse largement les ambitions individuelles. Se permettre de mettre en cause leur organisation syndicale et leur intégrité avec une telle légèreté témoigne d'une singulière conception du respect dû à l'engagement militant. À l'approche des prochaines échéances électorales, la soif de pouvoir et l'ambition de briguer un mandat électoral ne doivent tout de même pas faire perdre la raison à Monsieur le Député. À force de vouloir s'imposer comme le futur chef de file de la droite insulaire, il semble confondre ambition personnelle et stature politique. Mais un leadership ne se décrète pas à coups de déclarations péremptoires, et encore moins en tentant de donner des leçons à ceux dont il semble méconnaître l'histoire et les réalités du quotidien.
Autant lui rappeler que le STC n'est pas né dans les salons de la République Française ni dans les antichambres du pouvoir local. Sa naissance s'inscrit dans une période où des femmes et des hommes ont choisi le chemin le plus difficile, celui de la lutte de libération nationale, en prenant des risques considérables. Certains, ont sacrifié et sacrifient encore aujourd'hui leur liberté et d'autres ont payé leur engagement de leur vie. Ces sacrifices ont contribué à écrire l'histoire du STC, qui ne saurait être réduite aux appréciations de circonstance d'un député. Cette histoire ne s'efface pas au gré des ambitions électorales.
Le STC s'inscrit pleinement dans le droit fil de la lutte de libération nationale et de libération sociale du peuple corse. Cette filiation engage notre organisation, nos militants et notre action au service des travailleurs corses et des intérêts collectifs du peuple corse.

Il faut donc une certaine audace pour mettre en cause notre intégrité tout en faisant abstraction de sa propre trajectoire politique. En effet, François-Xavier Ceccoli ferait bien de se souvenir que son élection s'est déroulée dans un contexte pour le moins singulier, marqué par le retrait aussi opportun que lourd de questions de la candidate de l'extrême droite au second tour des législatives de 2024, et de facto se retrouver « sous obédience » de l'extrême droite française autant que de celle drapée de la tête de maure. Un épisode qui mérite mieux que d'être relégué aux oubliettes lorsqu'il s'agit de donner des leçons de morale politique. Avant de s'ériger en arbitre de l'intégrité des autres, Monsieur le Député serait bien inspiré de regarder de plus près les circonstances qui lui ont ouvert les portes de l'Assemblée Nationale française. À vouloir distribuer des certificats de respectabilité, mieux vaut s'assurer que son propre parcours ne soulève pas quelques questions embarrassantes.
Notre légitimité ne repose pas sur un mandat électif, mais sur des décennies de présence sur le terrain, de combats sociaux et de fidélité aux travailleurs de ce pays. Le STC poursuivra son combat librement, avec une indépendance syndicale, la même qui lui a permis de rester debout jusqu'à aujourd'hui. Nous continuerons à défendre les travailleurs et à lutter sans relâche contre toutes les formes d'injustices, fidèles à celles et ceux qui nous ont précédés.
Les mandats passent, les ambitions évoluent et les postures opportunistes finissent par s'effondrer. Les sacrifices de celles et ceux qui ont risqué leur liberté et leur vie, eux, ne s'effacent pas. Monsieur Ceccoli peut nourrir toutes les ambitions qu'il souhaite. Mais briguer un second mandat ne lui donne ni le droit de réécrire l'histoire du STC, ni celui de juger son intégrité. Qu'il se concentre enfin sur ses responsabilités politiques. Le STC connaît les siennes et n'a certainement pas besoin de ses analyses aussi arrogantes que fallacieuses ! »