Après quatre jours de conflit, Air Corsica annonce avoir conclu un protocole d’accord avec les représentants des pilotes. La compagnie assure que son programme de vols reprendra normalement dès mardi 13 octobre. L’accord, dont les modalités précises n’ont pas été détaillées, repose notamment sur un principe d’équité entre copilotes et commandants de bord, ainsi qu’entre les flottes ATR et Airbus.
La grève des pilotes d’Air Corsica prend fin avant l’échéance initialement prévue. La compagnie a annoncé, ce lundi, la signature d’un protocole d’accord accepté par les parties, à l’issue de plusieurs jours de négociations sur les salaires, les congés et les conditions de travail des personnels navigants techniques. « Le programme des vols reprendra normalement à compter de demain, mardi 13 octobre », indique Air Corsica dans un communiqué. Une issue qui intervient alors que le mouvement, engagé vendredi, s’ajoutait aux difficultés déjà rencontrées par la compagnie depuis plusieurs semaines, avec l’immobilisation préventive de cinq de ses sept ATR 72-600.
Le conflit était né de désaccords profonds entre la direction et les syndicats de pilotes, SNPL et SPAC. Ces derniers dénonçaient deux années de gel des salaires, la suppression de jours de congés et la dégradation de leurs conditions de travail. Ils contestaient également les modalités des revalorisations envisagées par la direction, qui avait notamment proposé des augmentations salariales différées en 2027 ainsi qu’un dispositif destiné à limiter l’impact de l’activité partielle pour les équipages concernés par la crise des ATR.
Un accord fondé sur « l’équité »
Sans dévoiler le contenu financier ou social détaillé du protocole, Air Corsica précise que l’accord conclu « repose sur un principe fondamental d’équité entre tous les pilotes de la compagnie ». Les discussions ont ainsi retenu « une approche garantissant un traitement harmonisé », sans distinction entre copilotes et commandants de bord, ni entre les secteurs d’exploitation, qu’il s’agisse des flottes ATR ou Airbus. La compagnie souligne également que les parties ont pris en compte la situation particulière liée à l’immobilisation des ATR, ainsi que le contexte économique contraint du transport aérien.
La direction salue le « sens des responsabilités » des représentants des pilotes. Elle souligne le rôle joué par Marie-Hélène Casanova-Servas, présidente du conseil de surveillance, qui aurait, selon le communiqué, contribué à faciliter les échanges avec la direction et à faire aboutir une solution « acceptable par tous ». Cette conclusion répond à l’ouverture exprimée vendredi par les pilotes, qui avaient assuré être disponibles « sans délai » pour mettre fin au conflit. Tout en maintenant leurs critiques sur la conduite du dialogue social et sur la gestion de plusieurs dossiers au sein de l’entreprise, ils avaient affirmé ne pas vouloir mettre durablement en difficulté la continuité territoriale.
Si le conflit social est terminé, Air Corsica reste confrontée à la crise technique affectant sa flotte d’ATR. Depuis le début du mois de septembre, cinq appareils sont immobilisés après des signalements d’odeurs persistantes dans les cockpits. Les investigations menées avec le constructeur, le motoriste et les équipementiers se poursuivent, tandis que la compagnie doit recourir à des affrètements et à des adaptations de programme pour maintenir ses liaisons. La grève avait accru cette pression opérationnelle, contraignant l’entreprise à mobiliser des moyens exceptionnels, notamment des avions affrétés et des acheminements par bus pour certains passagers. Air Corsica présente « ses sincères excuses » aux voyageurs ayant subi les conséquences du mouvement et dit mesurer les désagréments occasionnés, en particulier pour les déplacements essentiels vers le continent. La compagnie entend désormais poursuivre son plan de transformation afin de renforcer sa compétitivité et sa pérennité, tout en assurant sa mission de service public aérien au bénéfice de la Corse.


