Le 4e colloque de l’Association des thérapies comportementales et cognitives de Corse (AT3C) se tiendra mardi 6 octobre à l’Université de Corse, à Corte. Pour cette nouvelle édition, l’association veut interroger les « confins » de ces thérapies, entre nouvelles indications, intelligence artificielle et ouverture à d’autres professionnels de santé.

Le Dr Jean-Martin Bonetti, entouré d’autres intervenants lors de la 2e édition du colloque de l’AT3C, organisée au Radisson Blu de Porticcio (©association_at3c)
Une thérapie comportementale et cognitive (TCC) peut-elle être pratiquée par un infirmier ? Quelle place les approches comportementales peuvent-elles avoir dans la prise en charge d'une lombalgie ? Que peut apporter l'intelligence artificielle au thérapeute ? Et jusqu'où peut-on faire évoluer les pratiques sans perdre la relation humaine ? C'est autour de ces questions que s'articulera cette quatrième édition, après trois précédents colloques organisés par l'AT3C.
Issues de la psychologie expérimentale, les TCC s'appuient sur des méthodes scientifiques et peuvent notamment utiliser des techniques d'exposition, pour aider progressivement un patient à faire face à ce qu'il cherche à éviter. Mais leur champ d'application s'est élargi au fil des années, avec notamment l'arrivée de nouveaux outils comme la réalité virtuelle ou l'intelligence artificielle.
Pour Jean-Martin Bonetti, pédopsychiatre à l'hôpital de Castelluccio et président de l'AT3C, cette évolution n'est pas synonyme de relâchement du cadre : « Originalité ne veut pas dire faire n'importe quoi », rappelle-t-il. « Elles restent très ancrées dans la science. »
En Corse aussi, les TCC ont progressivement trouvé leur place. « Quand je suis arrivé à Casteluccio, pour les TCC, il y avait moi et moi », raconte le médecin. Quinze ans plus tard, il estime qu'une dizaine de psychologues diplômés en TCC exercent désormais à Ajaccio. Les deux diplômes universitaires consacrés à ces thérapies à l'Université de Corse ont, eux, formé près de 200 professionnels depuis leur création.
Le Covid comme accélérateur
Cette progression intervient alors que les besoins ont eux-mêmes évolué. Pour Jean-Martin Bonetti, la crise sanitaire a laissé une empreinte durable sur la santé mentale, notamment chez les adolescents. « Depuis le Covid, on a une explosion des problématiques qui relèvent des TCC, notamment les problématiques d'anxiété, d'anxiété sociale », affirme-t-il. Il évoque des jeunes isolés, déscolarisés ou dont le parcours a été fragilisé par les confinements. Des conséquences qui, selon lui, continuent de se faire sentir aujourd'hui : « On récolte encore maintenant, et je pense que ça va durer encore un certain temps, les effets secondaires des confinements du Covid. »
Dans ce contexte, l'AT3C défend aussi une diffusion plus large des compétences : les TCC peuvent aujourd'hui être utilisées par des professionnels qui ne relèvent pas uniquement de la santé mentale. Les diplômes sont ouverts à plusieurs professions et les infirmiers représentent aujourd'hui plus de la moitié des promotions. Un choix que Jean-Martin Bonetti assume : « On peut pas y arriver tout seul, il faut vraiment déléguer les compétences au maximum de gens », estime-t-il. « C'est la concertation des pratiques qui va permettre effectivement d'optimiser les prises en charge ».
Des TCC qui sortent de leur terrain habituel
C'est cette ouverture que le programme du colloque met en scène. Le neurochirurgien ajaccien Karim Moubarak parlera de « l'approche environnementale et comportementale des lombalgies », tandis qu'un psychiatre abordera les thérapies comportementales chez les patients âgés atteints de démences. Les troubles du neurodéveloppement de l'enfant, les maladies cardiovasculaires et la prise en charge infirmière seront également au programme. L'après-midi, l'association ouvrira encore davantage la réflexion avec des interventions sur l'éthique, l'intelligence artificielle ou encore la spiritualité.
Le 4e colloque de l'AT3C se tiendra mardi 6 octobre, à partir de 9 heures, à l'Université de Corse. Il est ouvert à tous. Le tarif est de 35 euros pour les participants, avec une gratuité pour les étudiants en DU TCC, les membres de l'AT3C et les professionnels des unités TCC du centre hospitalier de Castelluccio.
Issues de la psychologie expérimentale, les TCC s'appuient sur des méthodes scientifiques et peuvent notamment utiliser des techniques d'exposition, pour aider progressivement un patient à faire face à ce qu'il cherche à éviter. Mais leur champ d'application s'est élargi au fil des années, avec notamment l'arrivée de nouveaux outils comme la réalité virtuelle ou l'intelligence artificielle.
Pour Jean-Martin Bonetti, pédopsychiatre à l'hôpital de Castelluccio et président de l'AT3C, cette évolution n'est pas synonyme de relâchement du cadre : « Originalité ne veut pas dire faire n'importe quoi », rappelle-t-il. « Elles restent très ancrées dans la science. »
En Corse aussi, les TCC ont progressivement trouvé leur place. « Quand je suis arrivé à Casteluccio, pour les TCC, il y avait moi et moi », raconte le médecin. Quinze ans plus tard, il estime qu'une dizaine de psychologues diplômés en TCC exercent désormais à Ajaccio. Les deux diplômes universitaires consacrés à ces thérapies à l'Université de Corse ont, eux, formé près de 200 professionnels depuis leur création.
Le Covid comme accélérateur
Cette progression intervient alors que les besoins ont eux-mêmes évolué. Pour Jean-Martin Bonetti, la crise sanitaire a laissé une empreinte durable sur la santé mentale, notamment chez les adolescents. « Depuis le Covid, on a une explosion des problématiques qui relèvent des TCC, notamment les problématiques d'anxiété, d'anxiété sociale », affirme-t-il. Il évoque des jeunes isolés, déscolarisés ou dont le parcours a été fragilisé par les confinements. Des conséquences qui, selon lui, continuent de se faire sentir aujourd'hui : « On récolte encore maintenant, et je pense que ça va durer encore un certain temps, les effets secondaires des confinements du Covid. »
Dans ce contexte, l'AT3C défend aussi une diffusion plus large des compétences : les TCC peuvent aujourd'hui être utilisées par des professionnels qui ne relèvent pas uniquement de la santé mentale. Les diplômes sont ouverts à plusieurs professions et les infirmiers représentent aujourd'hui plus de la moitié des promotions. Un choix que Jean-Martin Bonetti assume : « On peut pas y arriver tout seul, il faut vraiment déléguer les compétences au maximum de gens », estime-t-il. « C'est la concertation des pratiques qui va permettre effectivement d'optimiser les prises en charge ».
Des TCC qui sortent de leur terrain habituel
C'est cette ouverture que le programme du colloque met en scène. Le neurochirurgien ajaccien Karim Moubarak parlera de « l'approche environnementale et comportementale des lombalgies », tandis qu'un psychiatre abordera les thérapies comportementales chez les patients âgés atteints de démences. Les troubles du neurodéveloppement de l'enfant, les maladies cardiovasculaires et la prise en charge infirmière seront également au programme. L'après-midi, l'association ouvrira encore davantage la réflexion avec des interventions sur l'éthique, l'intelligence artificielle ou encore la spiritualité.
Le 4e colloque de l'AT3C se tiendra mardi 6 octobre, à partir de 9 heures, à l'Université de Corse. Il est ouvert à tous. Le tarif est de 35 euros pour les participants, avec une gratuité pour les étudiants en DU TCC, les membres de l'AT3C et les professionnels des unités TCC du centre hospitalier de Castelluccio.


