La période de mise bas du mouflon, du 15 avril au 15 juin, va être pleinement respectée par les militaires de la base de Ventiseri-Solenzara. Le colonel Mickaël Fonck en a pris l’engagement, ce lundi matin à Solaro, en signant une charte qui stipule que les personnels de vol adapteront leurs trajectoires autant que possible, pour ne pas perturber la reproduction des mouflons du massif de Tova.

De gauche à droite : Pierre Vellutini, directeur territorial de l'ONF ; Guy Moulin-Paoli, maire de Solaro ; Mickaël Fonck, commandant de la base aérienne de Ventiseri-Solenzara ; Gladys Comiti, responsable du programme de conservation des mouflons corses au Parc naturel.
Ce n’était pas au mouflon de s’adapter aux vols d’entraînement de l’Armée de l’air et de l’espace, et ça, le commandant de la BA 126, le colonel Fonck, l’a bien compris en signant ce lundi matin la charte de protection de l’animal emblématique des montagnes corses. Cette charte engage la base militaire, les communes de Solaro, Chisà et Sari-Solenzara - sur lesquelles s’étend le massif de Tova – la collectivité de Corse qui est propriétaire de la forêt domaniale, mais aussi le Parc naturel régional de la Corse et l’Office national des forêts à coopérer afin de respecter le cycle de reproduction des mouflons du massif.
« Cette charte, c’est surtout un engagement de la base de Solenzara, salue Pierre Vellutini, le directeur de l’ONF en Corse. La réciprocité est relativement faible. » Des zones du massif ont été préalablement identifiées par ses services et par le Parc naturel comme étant fréquentées par les mouflons durant leurs périodes de reproduction. Des informations transmises aux militaires, lesquels devront se conformer à cette charte en adaptant autant que faire se peut leurs trajectoires de survol réalisées dans le cadre de leurs missions. « Cela montre qu’il est possible d’harmoniser deux impératifs qui semblent pourtant s’opposer par nature », souligne le colonel Mickaël Fonck. Les itinéraires de survol épargneront donc désormais ces secteurs du massif fréquentés par les mouflons. Sauf en cas d’urgence ou de nécessité absolue : « Si on doit intervenir en soutien sur un incendie, ou bien s’il y a quelq’un à héliporter », détaille le colonel. La période-clé, c’est du 15 avril au 15 juin, période de reproduction des mouflons, mais l’engagement de la BA 126 vaut pour l’ensemble de l’année. Les informations cartographiées relatives aux mouflons seront transmises au personnel de vol de la base, mais aussi aux militaires extérieurs, dès lors qu’ils viendront effectuer une mission ponctuelle de survol en Plaine orientale.
« Cette charte, c’est surtout un engagement de la base de Solenzara, salue Pierre Vellutini, le directeur de l’ONF en Corse. La réciprocité est relativement faible. » Des zones du massif ont été préalablement identifiées par ses services et par le Parc naturel comme étant fréquentées par les mouflons durant leurs périodes de reproduction. Des informations transmises aux militaires, lesquels devront se conformer à cette charte en adaptant autant que faire se peut leurs trajectoires de survol réalisées dans le cadre de leurs missions. « Cela montre qu’il est possible d’harmoniser deux impératifs qui semblent pourtant s’opposer par nature », souligne le colonel Mickaël Fonck. Les itinéraires de survol épargneront donc désormais ces secteurs du massif fréquentés par les mouflons. Sauf en cas d’urgence ou de nécessité absolue : « Si on doit intervenir en soutien sur un incendie, ou bien s’il y a quelq’un à héliporter », détaille le colonel. La période-clé, c’est du 15 avril au 15 juin, période de reproduction des mouflons, mais l’engagement de la BA 126 vaut pour l’ensemble de l’année. Les informations cartographiées relatives aux mouflons seront transmises au personnel de vol de la base, mais aussi aux militaires extérieurs, dès lors qu’ils viendront effectuer une mission ponctuelle de survol en Plaine orientale.

Propriété de la Collectivité de Corse, la forêt de Tova s'étend sur les communes de Solaro, Chisà et Sari-Solenzara.
Une dynamique de reproduction qui inquiète
« Le mouflon, c’est quand même une richesse d’intérêt patrimonial et aussi au niveau de la biodiviersité, rappelle Gladys Comiti, la responsable du programme de conservation des mouflons de Corse. C’est la seule espèce en Corse qui a su garder son patrimoine génétique intacte. » Selon les derniers chiffres communiqués par l’État, les populations de mouflons en Corse s’élèvent entre 1 000 et 1 100 individus. L’espèce, répartie entre les massifs du Cinto et de Bavella-Tova, a été classée comme protégée depuis 2019.corsica/Le-mouflon-corse-une-espece-a-proteger_a39329.html . Pourtant, la situation actuelle inquiète : « Malheureusement, la reproduction est très basse. Il n’y a pas assez d’agneaux. La population des mouflons est vieillissante », constate Gladys Comiti, qui avance un chiffre : « 0,20 % sur tout le massif de Bavella. Cela signifie qu’il y a environ vingt petits pour cent femelles. C’est plus bas que sur le Continent, où le taux est entre 0,6 et 0,7 %. » Pour quelle(s) raison(s) ? « On ne sait pas pour le moment pourquoi en Corse la dynamique de reproduction est si basse », répond Gladys Comiti. Mais la question est à l’étude, depuis le lancement en 2024 du plan national d’action de préservation du mouflon. Dans l’attente d’éléments nouveaux, diverses menaces ont bien évidemment été identifiées : « Surfréquentation, prédations, feux de forêt, manque de ressources alimentaires... », énumère la spécialiste di a muvra. Et le bruit des avions ? « C’est avéré que ça perturbe les populations de mouflons, oui. Et pas seulement les mouflons. Les oiseaux aussi, et d’autres espèces. »
A l’origine, ce sont les gestionnaires de forêt en Corse qui ont sollicité les militaires, en vue de les sensibiliser à la problématique de reproduction des mouflons. Une écoute qui s’est traduite, l’an dernier, par l’intégration de la BA 126 dans le comité de gestion du massif de Tova, très actif depuis sa création en 2022 . Et c’est tout naturellement qu’aujourd’hui, le colonel Fonck a pris le stylo pour formaliser son engagement en faveur des mouflons corses : « La base militaire ne peut bien fonctionner qu’en étant parfaitement implantée dans son environnement. »
« Le mouflon, c’est quand même une richesse d’intérêt patrimonial et aussi au niveau de la biodiviersité, rappelle Gladys Comiti, la responsable du programme de conservation des mouflons de Corse. C’est la seule espèce en Corse qui a su garder son patrimoine génétique intacte. » Selon les derniers chiffres communiqués par l’État, les populations de mouflons en Corse s’élèvent entre 1 000 et 1 100 individus. L’espèce, répartie entre les massifs du Cinto et de Bavella-Tova, a été classée comme protégée depuis 2019.corsica/Le-mouflon-corse-une-espece-a-proteger_a39329.html . Pourtant, la situation actuelle inquiète : « Malheureusement, la reproduction est très basse. Il n’y a pas assez d’agneaux. La population des mouflons est vieillissante », constate Gladys Comiti, qui avance un chiffre : « 0,20 % sur tout le massif de Bavella. Cela signifie qu’il y a environ vingt petits pour cent femelles. C’est plus bas que sur le Continent, où le taux est entre 0,6 et 0,7 %. » Pour quelle(s) raison(s) ? « On ne sait pas pour le moment pourquoi en Corse la dynamique de reproduction est si basse », répond Gladys Comiti. Mais la question est à l’étude, depuis le lancement en 2024 du plan national d’action de préservation du mouflon. Dans l’attente d’éléments nouveaux, diverses menaces ont bien évidemment été identifiées : « Surfréquentation, prédations, feux de forêt, manque de ressources alimentaires... », énumère la spécialiste di a muvra. Et le bruit des avions ? « C’est avéré que ça perturbe les populations de mouflons, oui. Et pas seulement les mouflons. Les oiseaux aussi, et d’autres espèces. »
A l’origine, ce sont les gestionnaires de forêt en Corse qui ont sollicité les militaires, en vue de les sensibiliser à la problématique de reproduction des mouflons. Une écoute qui s’est traduite, l’an dernier, par l’intégration de la BA 126 dans le comité de gestion du massif de Tova, très actif depuis sa création en 2022 . Et c’est tout naturellement qu’aujourd’hui, le colonel Fonck a pris le stylo pour formaliser son engagement en faveur des mouflons corses : « La base militaire ne peut bien fonctionner qu’en étant parfaitement implantée dans son environnement. »

