Ils ont leurs vies, leurs métiers, leurs familles. Et pourtant, dès que le Cross Corse les appelle, ils laissent tout et prennent la mer. Derrière le ballet des plaisanciers, une quarantaine de bénévoles de la SNSM restent prêts à intervenir à tout moment. Ce matin d’août, avant que la chaleur ne s’installe, deux des trois embarcations quittent le port d’Ajaccio avec, à leur bord, ceux qui veillent, souvent dans l’ombre, sur les usagers de la mer.
Le soleil est encore doux lorsque les premiers bénévoles arrivent à la station. Les préparatifs commencent : chacun connaît sa place, les gestes sont rodés. On vérifie le matériel, on prépare les embarcations, on répartit les rôles. Une quinzaine de minutes plus tard, les bateaux quittent le quai. Une sortie sans urgence, cette fois. Mais à bord, personne n’oublie que le prochain départ pourrait être différent. « On dépend énormément du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Corse », explique Arnaud Clercin, président depuis juin dernier, mais aussi patron de sortie, nageur de bord et plongeur scaphandrier.
Lorsqu’un appel de détresse arrive au Cross Corse, celui-ci transmet l’alerte à la station si elle relève de sa zone de compétence. Le patron de sortie déclenche alors son équipage en fonction de la situation et des compétences nécessaires.
Depuis le début de l’été, les bénévoles ajacciens sont sortis près d’une trentaine de fois. Un peu moins que l’an dernier à la même période, mais avec des opérations plus longues et plus importantes. « On a déjà fait trois feux de navires. Normalement, sur la saison, on en fait un », constate Arnaud Clercin. À cela s’ajoutent des interventions sur de grosses embarcations ayant subi d’importants dégâts ou prenant l’eau, parfois loin de la station.
Lorsqu’un appel de détresse arrive au Cross Corse, celui-ci transmet l’alerte à la station si elle relève de sa zone de compétence. Le patron de sortie déclenche alors son équipage en fonction de la situation et des compétences nécessaires.
Depuis le début de l’été, les bénévoles ajacciens sont sortis près d’une trentaine de fois. Un peu moins que l’an dernier à la même période, mais avec des opérations plus longues et plus importantes. « On a déjà fait trois feux de navires. Normalement, sur la saison, on en fait un », constate Arnaud Clercin. À cela s’ajoutent des interventions sur de grosses embarcations ayant subi d’importants dégâts ou prenant l’eau, parfois loin de la station.
Car la zone couverte par la SNSM d’Ajaccio est vaste : de la pointe de Capo di Muro jusqu’au golfe de Porto. Une étendue qui explique pourquoi certaines opérations peuvent durer plusieurs heures, voire davantage. Le reste des côtes est couvert par les neuf autre stations présentes sur l'île. Dans le golfe d'Ajaccio, très fréquenté pendant la saison estivale, les sauveteurs interviennent notamment après des collisions avec les fonds rocheux. Des plaisanciers de passage qui connaissent mal le secteur, des bateaux de location ou encore des embarcations mal entretenues peuvent rapidement se retrouver en difficulté.
Des bénévoles, avant tout
Dans la cité impériale, ils sont 48 bénévoles, dont 38 opérationnels. Une vingtaine constitue le noyau dur de la station. Pour certains, l'engagement remonte à plusieurs décennies. Lionel Vignon, lui, est patron de la station depuis plus de vingt ans. Ce qui l’a poussé à rester ? « L’attrait de la mer, mais aussi cette impression d’être vraiment utile. »
Des interventions marquantes, il en a connu plusieurs. Mais lorsqu’on lui demande ce qu’il garde en tête après toutes ces années, ce ne sont pas les difficultés techniques qui viennent d’abord : « Ce que je retiens surtout, c’est le regard des gens quand on arrive sur zone. On sent le soulagement dans leurs yeux. Et puis le merci à la fin. »
Pour d’autres, l’engagement ne fait que commencer. Sandra Panfili a rejoint la station il y a un an. Navigatrice depuis toujours, elle est aujourd’hui équipière de pont. Elle participe aux manœuvres, à l’appareillage, au remorquage et peut aussi intervenir sur les premiers secours. Sa formation est loin d’être terminée : « J’ai envie d’aller plus loin dans le parcours pour avoir le plus de compétences et pouvoir accompagner le mieux possible. » À la station, elle apprend aussi quelque chose qui ne figure dans aucun manuel : connaître ceux avec qui elle pourrait un jour partir dans l’urgence : « Pour avoir une cohésion face à ces événements, il faut vraiment bien connaître ses coéquipiers. »
Des bénévoles, avant tout
Dans la cité impériale, ils sont 48 bénévoles, dont 38 opérationnels. Une vingtaine constitue le noyau dur de la station. Pour certains, l'engagement remonte à plusieurs décennies. Lionel Vignon, lui, est patron de la station depuis plus de vingt ans. Ce qui l’a poussé à rester ? « L’attrait de la mer, mais aussi cette impression d’être vraiment utile. »
Des interventions marquantes, il en a connu plusieurs. Mais lorsqu’on lui demande ce qu’il garde en tête après toutes ces années, ce ne sont pas les difficultés techniques qui viennent d’abord : « Ce que je retiens surtout, c’est le regard des gens quand on arrive sur zone. On sent le soulagement dans leurs yeux. Et puis le merci à la fin. »
Pour d’autres, l’engagement ne fait que commencer. Sandra Panfili a rejoint la station il y a un an. Navigatrice depuis toujours, elle est aujourd’hui équipière de pont. Elle participe aux manœuvres, à l’appareillage, au remorquage et peut aussi intervenir sur les premiers secours. Sa formation est loin d’être terminée : « J’ai envie d’aller plus loin dans le parcours pour avoir le plus de compétences et pouvoir accompagner le mieux possible. » À la station, elle apprend aussi quelque chose qui ne figure dans aucun manuel : connaître ceux avec qui elle pourrait un jour partir dans l’urgence : « Pour avoir une cohésion face à ces événements, il faut vraiment bien connaître ses coéquipiers. »
C’est peut-être là que se trouve la réalité la moins visible du bénévolat. Le téléphone peut sonner à n’importe quel moment. Les sauveteurs ont leur travail, leurs contraintes, leurs proches. Mais lorsqu’une alerte tombe, il faut pouvoir rejoindre la station.
Quand le téléphone sonne, il faut partir
Sandra en a fait l’expérience lors d’une intervention de nuit. Un bateau avec un enfant à bord avait été signalé en difficulté. L’équipage est parti, sans parvenir à joindre les occupants ni à localiser immédiatement l’embarcation. Le genre d’intervention où l’’inquiétude monte. Finalement, le bateau avait été remorqué par quelqu’un d’autre, sans que la SNSM ait été prévenue. L’intervention n’a donc pas eu lieu, mais elle a laissé une impression durable à Sandra, qui rappelle ce que représente chaque déclenchement: « Quand on déclenche la SNSM, il y a des bénévoles qui s’investissent, nuit et jour. On fait ça en plus de nos activités. »
Cette disponibilité, Arnaud Clercin la connaît bien. Lorsqu’il a rejoint la SNSM, il y a quinze ans, il ne venait pourtant pas du monde maritime : « J’étais à l’aise en montagne, mais surtout pas en mer. » Au fil des années, il s’est formé, a passé des permis et des spécialisations, jusqu’à prendre aujourd’hui la tête de la station. Cette progression, il la présente comme l’une des particularités de la SNSM : chacun peut arriver sans expérience particulière et se former ensuite, progressivement, en fonction de son investissement.
Quand le téléphone sonne, il faut partir
Sandra en a fait l’expérience lors d’une intervention de nuit. Un bateau avec un enfant à bord avait été signalé en difficulté. L’équipage est parti, sans parvenir à joindre les occupants ni à localiser immédiatement l’embarcation. Le genre d’intervention où l’’inquiétude monte. Finalement, le bateau avait été remorqué par quelqu’un d’autre, sans que la SNSM ait été prévenue. L’intervention n’a donc pas eu lieu, mais elle a laissé une impression durable à Sandra, qui rappelle ce que représente chaque déclenchement: « Quand on déclenche la SNSM, il y a des bénévoles qui s’investissent, nuit et jour. On fait ça en plus de nos activités. »
Cette disponibilité, Arnaud Clercin la connaît bien. Lorsqu’il a rejoint la SNSM, il y a quinze ans, il ne venait pourtant pas du monde maritime : « J’étais à l’aise en montagne, mais surtout pas en mer. » Au fil des années, il s’est formé, a passé des permis et des spécialisations, jusqu’à prendre aujourd’hui la tête de la station. Cette progression, il la présente comme l’une des particularités de la SNSM : chacun peut arriver sans expérience particulière et se former ensuite, progressivement, en fonction de son investissement.
Sur le chemin du retour, le golfe paraît paisible. Les bateaux de plaisance sont nombreux, le soleil est désormais haut et la côte se dessine au loin. Rien ne laisse imaginer les interventions auxquelles les sauveteurs peuvent être confrontés. C’est précisément pour cela qu’ils insistent sur la prévention. « Avant de prendre la mer, c’est essentiel de regarder l’état de la mer et la météo », rappelle Arnaud Clercin.
À Ajaccio, les deux embarcations regagnent finalement le port. Les moteurs s’arrêtent. La sortie est terminée. Jusqu’au prochain appel. Car pour ces bénévoles, l’été ne se résume pas aux longues journées en mer. Il y a aussi cette attente discrète, ce téléphone qui peut sonner à tout moment et cette certitude : lorsqu’une personne est en difficulté au large, quelqu’un devra prendre la mer pour aller la chercher.
À Ajaccio, les deux embarcations regagnent finalement le port. Les moteurs s’arrêtent. La sortie est terminée. Jusqu’au prochain appel. Car pour ces bénévoles, l’été ne se résume pas aux longues journées en mer. Il y a aussi cette attente discrète, ce téléphone qui peut sonner à tout moment et cette certitude : lorsqu’une personne est en difficulté au large, quelqu’un devra prendre la mer pour aller la chercher.





