Pene in capu" revient pour de temps à autre, dans un esprit un peu taquin et selon l'humeur du signataire de ces lignes, égratigner, critiquer, dénoncer les faits et gestes qui jalonnent, mais pas toujours de façon heureuse, notre quotidien.
Une baguette à un franc devenue une baguette à un euro. Une voiture à 30 000 francs devenue une voiture à 30 000 euros. Une maison à 200 000 francs devenue une maison à 200 000 euros. Et, au milieu de tout ça, un salaire qui, lui, n'a jamais fait le même bond.
L'image, ci dessous, est volontairement caricaturale. Les chiffres ne sont pas exacts. Mais elle touche un point sensible : le sentiment, largement partagé, que quelque chose ne tourne plus rond.
Soyons honnêtes : personne n'a décrété, le jour du passage à l'euro, qu'un franc valait un euro. Les conversions étaient précises : un euro correspond à 6,55957 francs. Les salaires, les retraites et les comptes bancaires ont tous été convertis selon cette règle.
Alors pourquoi cette impression persistante d'avoir été floués ?
Parce que, dans les années qui ont suivi, de nombreux prix de la vie quotidienne ont augmenté beaucoup plus vite que les revenus. Le café, la baguette, le restaurant, les loyers, l'immobilier... Chaque hausse prise isolément semblait acceptable. Ensemble, elles ont profondément modifié le pouvoir d'achat.
Dans le même temps, les salaires ont progressé beaucoup plus lentement. Les entreprises invoquent la concurrence mondiale. Les gouvernements parlent de maîtrise des dépenses. Les économistes expliquent que l'inflation est restée modérée. Peut-être. Mais les ménages, eux, ne vivent pas avec des moyennes statistiques. Ils vivent avec leur ticket de caisse.
C'est là que naît le sentiment d'injustice.
Car lorsqu'une maison qui valait l'équivalent de 30 000 euros dans les années 1980 en coûte aujourd'hui dix fois plus dans certaines régions, il est difficile d'expliquer à un jeune ménage que tout va bien parce que l'inflation officielle est contenue.
Lorsqu'une voiture familiale dépasse désormais les 30 000 euros, on peut toujours rappeler qu'elle est plus sûre, mieux équipée et moins polluante. Encore faut-il pouvoir se l'offrir.
Le problème n'est donc pas seulement l'euro. Le problème, c'est l'écart grandissant entre le coût de la vie et la progression des revenus.
Pendant des années, on a expliqué que la mondialisation enrichirait tout le monde. Que la croissance finirait par profiter à chacun. Que les gains de productivité se traduiraient par une amélioration du niveau de vie.
Une partie de cette promesse n'a pas été tenue.
Les patrimoines ont explosé. Les actifs immobiliers se sont envolés. Les grandes entreprises ont souvent dégagé des profits records. Mais une grande partie des salariés a surtout vu ses dépenses contraintes augmenter : logement, énergie, assurances, alimentation.
Résultat : même lorsque le salaire augmente, le reste à vivre, lui, ne suit pas.
Alors oui, cette image simplifie à l'extrême. Elle mélange parfois des réalités économiques différentes. Elle ne raconte pas toute l'histoire.
Mais si elle est autant partagée, c'est parce qu'elle traduit une émotion collective : celle d'avoir travaillé davantage pour gagner relativement moins.
Et c'est peut-être là le véritable problème.
Ce n'est pas que les insulaires ne comprennent pas l'économie.
C'est qu'ils regardent leur compte bancaire à la fin du mois. Et celui-là, contrairement aux discours, ne ment jamais.
L'image, ci dessous, est volontairement caricaturale. Les chiffres ne sont pas exacts. Mais elle touche un point sensible : le sentiment, largement partagé, que quelque chose ne tourne plus rond.
Soyons honnêtes : personne n'a décrété, le jour du passage à l'euro, qu'un franc valait un euro. Les conversions étaient précises : un euro correspond à 6,55957 francs. Les salaires, les retraites et les comptes bancaires ont tous été convertis selon cette règle.
Alors pourquoi cette impression persistante d'avoir été floués ?
Parce que, dans les années qui ont suivi, de nombreux prix de la vie quotidienne ont augmenté beaucoup plus vite que les revenus. Le café, la baguette, le restaurant, les loyers, l'immobilier... Chaque hausse prise isolément semblait acceptable. Ensemble, elles ont profondément modifié le pouvoir d'achat.
Dans le même temps, les salaires ont progressé beaucoup plus lentement. Les entreprises invoquent la concurrence mondiale. Les gouvernements parlent de maîtrise des dépenses. Les économistes expliquent que l'inflation est restée modérée. Peut-être. Mais les ménages, eux, ne vivent pas avec des moyennes statistiques. Ils vivent avec leur ticket de caisse.
C'est là que naît le sentiment d'injustice.
Car lorsqu'une maison qui valait l'équivalent de 30 000 euros dans les années 1980 en coûte aujourd'hui dix fois plus dans certaines régions, il est difficile d'expliquer à un jeune ménage que tout va bien parce que l'inflation officielle est contenue.
Lorsqu'une voiture familiale dépasse désormais les 30 000 euros, on peut toujours rappeler qu'elle est plus sûre, mieux équipée et moins polluante. Encore faut-il pouvoir se l'offrir.
Le problème n'est donc pas seulement l'euro. Le problème, c'est l'écart grandissant entre le coût de la vie et la progression des revenus.
Pendant des années, on a expliqué que la mondialisation enrichirait tout le monde. Que la croissance finirait par profiter à chacun. Que les gains de productivité se traduiraient par une amélioration du niveau de vie.
Une partie de cette promesse n'a pas été tenue.
Les patrimoines ont explosé. Les actifs immobiliers se sont envolés. Les grandes entreprises ont souvent dégagé des profits records. Mais une grande partie des salariés a surtout vu ses dépenses contraintes augmenter : logement, énergie, assurances, alimentation.
Résultat : même lorsque le salaire augmente, le reste à vivre, lui, ne suit pas.
Alors oui, cette image simplifie à l'extrême. Elle mélange parfois des réalités économiques différentes. Elle ne raconte pas toute l'histoire.
Mais si elle est autant partagée, c'est parce qu'elle traduit une émotion collective : celle d'avoir travaillé davantage pour gagner relativement moins.
Et c'est peut-être là le véritable problème.
Ce n'est pas que les insulaires ne comprennent pas l'économie.
C'est qu'ils regardent leur compte bancaire à la fin du mois. Et celui-là, contrairement aux discours, ne ment jamais.

Si cette image est autant partagée, c'est parce qu'elle traduit une émotion collective : celle d'avoir travaillé davantage pour gagner relativement moins


