Bastia : de la Corse à l’Espagne François de Casabianca expose sa vision écologique du paysage

Rédigé le 08/08/2026
La rédaction

La peinture ? « C’est capter une vision que je veux fixer pour moi et la partager. » François de Casabianca présente actuellement à Bastia galerie Noir et Blanc 25 toiles récentes comme autant d’invitations au voyage à travers la Méditerranée, de la Corse à l’Espagne en passant par l’Italie.

Bastia : de la Corse à l’Espagne François de Casabianca expose sa vision écologique du paysage

François de Casabianca devant ses toiles à la galerie Noir et Blanc, une « genèse écologique du paysage. »

 Son travail de peintre commence toujours dans la nature, devant un paysage qu’il esquisse en couleur sur un format papier qui lui servira d’aide-mémoire lors de la phase de création sur grande toile dans son atelier de Madrid. Son mode opératoire obéit à une technique définie. « Je travaille ensuite la couleur, restituant ses nuance;sur de grandes toiles acryliques, d’abord avec de l’eau, puis avec du vernis avant de finaliser par une couche d’huile. »
Sujet de prédilection, le paysage nourrit depuis toujours l’imaginaire de l’artiste, ancien ingénieur agronome décidé à suivre sa propre inspiration, au gré de ses sentiments et de ses émotions. Tantôt désertique, tantôt revisité par la main de l’homme, le paysage exhale une atmosphère apaisante par ses nuances délicates et ses volume sobres.
Révélant un chromatisme délicat d’inspiration fauviste, le paysage chez François de Casabianca « n’est pas représenté, mais interprété en relation avec ses propres sentiments, émotions et réflexions, » selon un critique d’art italien.
La fascination de l’artiste pour le paysage vient d’abord de sa qualité esthétique, fluctuant avec les contrastes et la lumière, ce pinceau naturel tirant les formes du néant comme par magie. Revendiquant un parti pris de « figuratif ressenti », François de Casabianca pousse la simplification jusqu’à l’abstraction. L’absence délibérée de personnages en est le signe, s’agissant de porter prioritairement l’attention sur le cadre.
Loin de tout dogmatisme, l’artiste explique dans son dernier ouvrage « Une genèse écologique » (éditions Eoliennes 2026) que « l’action de peindre procède avant tout de la spontanéité et non d’une réflexion ou d’une théorie que j’aurais
formulée. » À l’origine de cette passion pour la peinture, il y a une initiation à la couleur par son oncle Louis, et une enfance au cœur de la Castagniccia, où, en témoin de la vie rurale, il avait « les yeux remplis de visions. »


Les paysages de l’enfance en Castagniccia, « fruits d’une gestion intensive du milieu naturel »
Le peintre s’émerveille surtout devant les paysages trahissant la création de l’homme. Ceux de son enfance en Castagniccia « se présentaient comme le fruit d’une gestion intensive du milieu naturel par les hommes que j’observais quotidiennement dans leurs tâches, dans leur lecture des signes de la nature, dans leurs méditations sur le temps, le soleil, l’eau, la terre… qu’il s’agissait pour eux d’apprivoiser, d’en faire des complices. »
Aujourd’hui, devant les forêts qui brûlent, le peintre paysager s’alarme, déplorant l’abandon du domaine rural depuis la révolution industrielle, où l’on a délaissé l’aménagement du territoire, favorisant ainsi l’expansion du maquis au détriment des terres cultivables.
François de Casabianca se livre à un plaidoyer pour une nouvelle approche de la nature à travers la peinture, l’art devant mener à une prise de conscience : « Je suis convaincu que l’homme occidental du 21e siècle a perdu des repères importants dont le défaut lui crée une insatisfaction essentielle, et marquent son inconscient. Pour moi, ces repères ont à voir avec la relation de l’homme avec la nature, et je pense que l’art peut contribuer à la récupération de cette osmose vitale, même s’il ne lui incombe pas d’élaborer le contenu de cette relation renouvelée. »
Parmi les 25 toiles exposées à la galerie Noir et Blanc, une quinzaine concerne
la Corse. La Castagniccia où dominent les verts profonds émaillés de roux, y témoigne d’une nature sauvage où seules quelques maisons à demi cachées rappellent une présence humaine. La vision d’Orezza à l’automne par sa coulée d’orange vif tranchant sur un bleu profond strié de vert, retient les regards, tandis que la géométrie immuable du Vieux-Port se reflète tranquillement dans le miroir aux barques immobiles.
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Exposition jusqu’au 16 août à la galerie Noir et Blanc.
Samedi 8 août, à partir de midi, François de Casabianca sera à la galerie place du Marché à Bastia, pour signer son dernier ouvrage : "Corsica mia", et son dixième album de peintures, 
"Une genèse écologique".