En Corse, un début de saison marqué par une consommation en recul dans les restaurants

Rédigé le 04/08/2026
Léana Serve

Alors que le mois d’août débute, les restaurateurs corses dressent un premier bilan contrasté de la saison estivale. Si la fréquentation est jugée satisfaisante, les professionnels constatent une baisse des dépenses des vacanciers et une activité devenue plus irrégulière.

En Corse, un début de saison marqué par une consommation en recul dans les restaurants

Photo d'illustration

Alors que le mois d’août vient tout juste de débuter, les restaurateurs corses dressent un premier bilan de la saison estivale. Si la fréquentation touristique sur l’île est jugée conforme aux attentes, les habitudes de consommation semblent continuer d’évoluer, avec des répercussions directes sur l’activité des établissements. « On a un afflux touristique plutôt cohérent comme chaque année, mais aujourd’hui, la problématique est davantage portée sur la consommation », observe Amaury Maigret, président de la branche restauration de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) de Corse. Selon lui, cette évolution se traduit par une activité de plus en plus difficile à anticiper. « Aujourd’hui, dans notre métier, il n’y a plus de règles. La saison ne ressemble plus à celles que l’on a connues. On peut faire complet sur un service, n’en remplir que la moitié le suivant, voire passer complètement à travers. C’est vraiment devenu une grosse irrégularité sur chaque service. »
 

Si le mois de juin a été jugé « plutôt cohérent », le mois de juillet s’est révélé plus compliqué dans plusieurs microrégions de l’île. « C’est plutôt critique sur des zones bien précises, que ce soit sur Bastia, le Cap Corse, la Plaine ou encore le Cortenais », détaille Amaury Maigret. Les incendies survenus ces dernières semaines dans le Centre-Corse ont également pesé sur l’activité de certains établissements. Au-delà de cette irrégularité, les restaurateurs constatent surtout une baisse des dépenses des vacanciers. « Ils s’orientent sur les prix les plus bas de la carte. Aujourd’hui, ils vont davantage manger une pizza qu’une entrecôte. Et sur les boissons aussi, ils se font moins plaisir », dévoile le professionnel. Une tendance qui se traduit par une baisse du ticket moyen dans les restaurants.

Pour le président de l’UMIH restauration, cette évolution s’explique notamment par un pouvoir d’achat plus restreint, alors que « le coût des transports reste encore trop élevé ». « On est aussi victime de grosses concurrences en Méditerranée avec une clientèle touristique qui fait le choix d’aller certainement ailleurs en vue du coût qui est beaucoup plus faible. »
 

Dans ce contexte, la clientèle locale continue de jouer un rôle essentiel. « Heureusement qu’on peut encore compter sur une clientèle locale, qui est toujours avec nous et qui accueille aussi sa famille pendant la période estivale », souligne Amaury Maigret. Une fidélité qui permet d’atténuer « l’effet dents de scie » observé tout au long de la saison.
 

Les professionnels gardent désormais les yeux tournés vers le mois d’août, traditionnellement marqué par « des réservations de dernière minute et une masse de chassés-croisés en cette période de début de mois ». Ils espèrent notamment l’arrivée d’une clientèle disposant d’un pouvoir d’achat plus élevé, en particulier étrangère. « On a encore envie de croire à ce qu’on peut proposer en Corse avec un esprit de terroir, une qualité d’accueil, de service, une régularité de notre métier, même si notre activité est de plus en plus difficile à réaliser, avec parfois une descente aux enfers sur les établissements de saison. »