Obésité pédiatrique : à Ocana, six enfants accueillis en pension complète pour un premier séjour d'éducation thérapeutique

Rédigé le 01/08/2026
Jeanne Soury

Depuis lundi, six enfants âgés de 6 à 16 ans sont accueillis à la Clinique Valicelli, à Ocana, dans le cadre d'un premier séjour d'éducation thérapeutique en hospitalisation complète. Une nouvelle étape dans la prise en charge pédiatrique de l'établissement, qui propose désormais aux plus jeunes un séjour de cinq jours, avec leurs parents, pour travailler sur l'alimentation mais aussi sur l'activité physique, le sommeil et les habitudes de vie.

Ce lundi, six enfants âgés de 6 à 16 ans ont commencé un séjour un peu particulier à la Clinique Valicelli. Pendant cinq jours pour les plus jeunes, ils sont accueillis en hospitalisation complète avec l'un de leurs parents. Les adolescents peuvent bénéficier d'un séjour plus long, allant jusqu’à deux semaines. Au programme : des ateliers autour de l'alimentation, de l'activité physique, du sommeil et des habitudes de vie.

L'établissement, qui accueille des adolescents de 12 à 18 ans depuis 2017, développe désormais sa prise en charge pour les enfants plus jeunes, âges de 4 à 11 ans. Une autorisation officielle d'activité de pédiatrie lui a été délivrée par l'Agence régionale de santé en avril 2025. Pour Magali Silvani, directrice opérationnelle de la Clinique Valicelli, cette ouverture répond à un manque sur le territoire. « Le besoin sur le territoire régional corse est significatif. Il n'y avait rien pour les enfants sur cette prise en charge. Ils partaient forcément sur le continent », explique-t-elle.

Durant leur séjour, les enfants ne sont pas soumis à un régime. L'idée est plutôt de leur donner des repères qu'ils pourront réutiliser au quotidien. Les ateliers sont construits autour de situations concrètes : dès le premier jour, les enfants préparent leur petit-déjeuner avec la diététicienne, puis cuisinent leur repas du midi avec leurs parents.

Pas question de parler de régime

Ils vont également chercher des légumes dans le jardin thérapeutique de la clinique pour préparer des wraps. Un choix assumé par l'équipe, qui cherche à travailler sur l'équilibre alimentaire à partir de plats que les enfants peuvent réellement retrouver dans leur vie quotidienne. « L'idée, ce n'est pas du tout de les mettre au régime. Il s'agit de leur donner la bonne connaissance sur les aliments et l'équilibre alimentaire », résume Magali Silvani.

L'alimentation n'est d'ailleurs qu'un volet du séjour. Les enfants participent également à des ateliers consacrés au sommeil. Les infirmières reconstituent une chambre dans laquelle plusieurs habitudes susceptibles de perturber la qualité du sommeil ont été mises en scène. Aux enfants ensuite de les identifier et de réfléchir aux bonnes pratiques à adopter.

À cet âge, les enfants ne peuvent pas être les seuls concernés par les changements de comportement. Les parents restent donc avec eux pendant le séjour et participent aux ateliers. L'objectif est de leur permettre, eux aussi, de repartir avec des connaissances qu'ils pourront mettre en pratique à la maison, notamment en matière de courses et de préparation des repas.

Pour la clinique, le surpoids et l'obésité ne peuvent en effet pas être expliqués uniquement par l'alimentation. La sédentarité, les facteurs génétiques et l'environnement familial peuvent également jouer un rôle. « Ce n'est pas qu'une histoire de malbouffe. C'est vraiment plurifactoriel. Il faut sortir un peu de cette culpabilisation des parents et des enfants. Il y a la sédentarité, les facteurs génétiques et tout un tas de choses qui rentrent en ligne de compte », souligne la directrice opérationnelle. La prise en charge repose ainsi sur une équipe composée notamment de médecins, d'une diététicienne, d'une psychologue, d'infirmières et d'un éducateur en activité physique adaptée.

Une demande difficile à mesurer en Corse

À l'échelle nationale, la Haute Autorité de santé indique que 4 % des enfants et adolescents âgés de 6 à 17 ans sont en situation d'obésité. En incluant le surpoids, cette proportion atteint 17 %. En Corse, il n'existe en revanche pas de données régionales récentes consolidées permettant de mesurer précisément l'ampleur du phénomène.

La Clinique Valicelli constate néanmoins une demande. Depuis le début des premiers bilans pédiatriques, en avril 2026, une trentaine de demandes ont été enregistrées. Elles ne conduisent pas toutes à une hospitalisation : après un bilan, les enfants peuvent être orientés vers différents professionnels ou structures selon leurs besoins.