La Haute-Corse passe en alerte sécheresse

Rédigé le 21/07/2026
Léana Serve

Réuni ce mardi à Bastia, le comité de ressources en eau a décidé de relever le niveau de vigilance du département, en le passant en alerte sécheresse. Si les mesures restent limitées, les autorités misent sur la responsabilité de chacun pour préserver une ressource déjà sous tension.

(Photos Gérard Baldocchi)



La Haute-Corse franchit un nouveau cap face à la sécheresse. Réuni ce mardi dans les locaux de l’Office d’Équipement Hydraulique de Corse à Bastia sous la présidence de Véronique Deprez-Boudier, préfète du département, le comité de ressources en eau a décidé de faire passer la Haute-Corse du niveau de vigilance au niveau d'alerte, le deuxième des quatre niveaux prévus par le dispositif sécheresse. Une décision motivée par des températures toujours très élevées, l'absence de précipitations annoncées et des tensions qui commencent à se faire sentir sur la ressource. « Pour l’instant, on est dans une situation assez contrastée avec des situations plus inquiétantes sur l’ouest du territoire que sur l’est et des situations qui sont plus inquiétantes sur certains usages », explique Véronique Deprez-Boudier. « Mais globalement, il a semblé à l'ensemble du comité et l'ensemble des professionnels qu'il était de bonne politique d'être dans un usage raisonné. »
 

Un appel à la responsabilité
 

Si ce passage au niveau d’alerte ne correspond pas encore aux mesures les plus contraignantes, il s'accompagne d'un appel à la responsabilité de chacun. « C'est l'occasion d'appeler chacun à la solidarité », souligne la préfète. « Il ne peut pas être envisagé de procéder à des vidanges de sa piscine au mois de juillet, or ce sont encore des comportements que l'on peut voir ici ou là. Et ça, ce n'est vraiment pas possible parce que la ressource en eau est une ressource collective dont on a tous besoin, à la fois les particuliers mais aussi évidemment les professionnels. Je pense aux agriculteurs, aux viticulteurs, aux maraîchers qui vont avoir besoin de mobiliser cette ressource sur plusieurs mois. Cette ressource-là et ses productions, c'est un poumon économique et c'est extrêmement important de pouvoir leur permettre d'avoir cet usage. C’est la même chose pour d’autres activités comme les industriels, les activités commerciales, sur lesquelles évidemment, il y a là aussi besoin de pouvoir mobiliser cette ressource. »
 

Des restrictions adaptées pour les agriculteurs
 

Cette année, les restrictions évoluent également dans leur application. En concertation avec les professionnels agricoles et en cohérence avec les mesures prises en Corse-du-Sud, l'État privilégie désormais une limitation des horaires d'irrigation plutôt qu'une interdiction totale certains jours. « Plutôt que d'interdire l'irrigation pendant une ou deux journées, nous réduisons la capacité à irriguer sur une période dans la journée, entre 11h et 18h, ce qui permet malgré tout de maintenir des irrigations en toute responsabilité. Ce qu’on veut, c’est dire aux agriculteurs qu’on est là pour les entendre, parce que ce qu’ils nous disent, c’est que quand ils savent qu’ils ne vont pas pouvoir irriguer pendant deux jours, ils irriguent beaucoup la veille. Mais ça a deux effets : peut-être que ça n'a pas un bon effet sur les cultures, et surtout, ça met les réseaux en tension. Or, c'est sans doute un outil qui est extrêmement fragile et sur lequel on doit pouvoir faire des efforts pour éviter les fuites. »
 

Malgré tout, la préfète n’exclut pas le passage complet du département en restriction, selon l’évolution de la situation. Un nouveau comité de ressources en eau doit se réunir le 31 juillet pour échanger sur la situation.