Incendies de bateaux à Saint-Florent : quatre nouvelles mises en examen

Rédigé le 09/07/2026
AFP

Quatre personnes liées à une société de batellerie sont déférées jeudi pour être mises en examen dans l'enquête sur les incendies de bateaux de promenade en mer en avril, juin et septembre 2025 à Saint-Florent (Haute-Corse), a indiqué à l'AFP le procureur de Bastia.

Quatre vingtenaires avaient déjà été mis en examen fin janvier par un juge d'instruction bastiais pour "association de malfaiteurs" et "destruction par moyen dangereux", avait alors annoncé à l'AFP Jean-Philippe Navarre, procureur de la République de Bastia.

Ils sont accusés d'avoir participé à un ou plusieurs incendies ayant détruit neuf bateaux au port de Saint-Florent en 2025, dont plusieurs appartenaient à Jean‑François Mei, fondateur d'une société de promenade en mer faisant figure d'institution dans le port. Celui-ci avait d'ailleurs annoncé en novembre jeter l'éponge après un troisième incendie criminel visant son activité.

Ces personnes sont considérées comme "les incendiaires" des bateaux mais "elles n'ont pas de lien ni avec la victime, ni avec l'activité de promenade en mer", a expliqué à l'AFP une source proche du dossier.

Les enquêtes menées par la direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de Haute-Corse ont mis "en évidence une relation forte entre les auteurs présumés des faits et plusieurs individus nés d'avoir commandité les faits", pointe le procureur, précisant que l'information judiciaire, ouverte pour "association de malfaiteurs et destruction par un moyen dangereux en bande organisée", a été "étendue aux faits nouveaux d'extorsion et tentative d'extorsion en bande organisée".

Mardi et mercredi, "cinq personnes" ont été arrêtées, "dont les dirigeants et associés d'une société de batellerie concurrente de la victime dont les embarcations ont été saisies", souligne Jean-Philippe Navarre. Ces personnes sont proches du "clan Federici", l'une des 20 bandes criminelles actives dans l'île, précise à l'AFP une source proche du dossier.

Jeudi, quatre d'entre elles "sont déférées devant le magistrat instructeur" pour "être mises en examen des chefs d'association de malfaiteurs, de complicité de destruction par un moyen dangereux en bande organisée et de participation à une organisation criminelle", indique le procureur. "Une cinquième personne détenue pour une autre cause" sera présentée vendredi.

Ces incendies s'inscrivaient dans une longue série touchant toute la Corse et qualifiées "d'attentats crapuleux" révélant "des pratiques mafieuses visant à ruiner les entreprises pour mieux asseoir leur emprise" par le collectif antimafia "Maffia no, a vita ié".