Romane Bohringer à L’Île-Rousse : Dites-lui que je l’aime, un film "qui raconte l’histoire de tous les enfants"

Rédigé le 06/07/2026
Maria-Serena Volpei-Aliotti

L’association culturelle de Lisula, Arte Libri, a invité pour Cinelibri, Romane Bohringer pour présenter « Dites-lui que je l’aime », adaptation libre et profondément personnelle du livre de Clémentine Autain. Entre fiction, documentaire et archives intimes, la réalisatrice livre une œuvre bouleversante sur les blessures de l’enfance, la résilience et la transmission, dont elle est venue partager la genèse avec le public balanin.

À l’origine de cette rencontre, Mimi Allegrini Simonetti, présidente d’Arte Libri, rappelle que ce rendez-vous s’inscrit dans un cycle consacré aux liens entre littérature et cinéma, imaginé il y a quatre ans. « Nous voulions travailler sur le livre et le cinéma, sur ce moment particulier où une œuvre littéraire devient un film. L’adaptation est un formidable terrain de réflexion », explique-t-elle.
Après avoir accueilli plusieurs réalisateurs ces dernières années, l’association a souhaité inviter Romane Bohringer pour présenter Dites-lui que je l’aime, une adaptation qui l’a particulièrement touchée, tant sur le plan artistique que personnel.
Psychologue de formation, Mimi Allegrini Simonetti confie avoir été profondément sensible au thème central de l’œuvre. « La question de la mère absente ou défaillante est un sujet qui m’a toujours intéressée. C’est souvent au cœur du travail thérapeutique, que ce soit avec des enfants ou avec des adultes. »
Au-delà de cette dimension psychologique, elle salue la sincérité de la réalisatrice. « J’aime beaucoup Romane Bohringer. C’est une femme entière, spontanée, authentique. Son histoire personnelle fait écho à celle de Clémentine Autain et je voulais comprendre comment elle avait réussi à transformer cette douleur en une œuvre cinématographique. »
Pour la présidente d’Arte Libri, le livre comme le film dépassent largement le simple récit autobiographique. « Toutes les deux racontent avec beaucoup de vérité une enfance marquée par l’absence ou la défaillance maternelle. Mais au bout du compte, elles en font un véritable cri d’amour. Malgré les blessures, elles montrent qu’il existe toujours une possibilité de réparation grâce à la vie, aux rencontres, aux enfants ou à ceux qui nous entourent. C’est ce qui m’a profondément émue dans cette œuvre. »
À travers cette programmation, Arte Libri poursuit sa vocation de laboratoire culturel, ouvert à toutes les formes d’expression artistique, du livre au cinéma, en passant par la poésie, la langue corse, les arts plastiques ou encore les rencontres intergénérationnelles. « Notre ambition est de créer des espaces d’échange accessibles à tous, où la jeunesse trouve toute sa place. La culture doit être un lieu de transmission et de création », conclut-elle.