COP Corse : une feuille de route pour adapter l'île aux défis climatiques

Rédigé le 02/07/2026
Christophe Giudicelli

La troisième réunion de la COP Corse s'est tenue ce jeudi 2 juillet à Bastia. Collectivités, services de l'État, chercheurs, associations et acteurs économiques ont poursuivi leurs travaux afin de définir la future trajectoire d'adaptation de l'île au changement climatique.

COP Corse : une feuille de route pour adapter l'île aux défis climatiques

COP Corse : une feuille de route pour adapter l'île aux défis climatiques

La Corse tenait ce jeudi 2 juillet, au centre culturel l'Alboru à Bastia, la troisième réunion de sa COP (Conference of the Parties / Conférence des Parties). Une déclinaison, dans l'ensemble des régions françaises, de ces grands sommets internationaux consacrés au climat.

Collectivité de Corse, services de l'État, communes, agences, offices, université, monde associatif ou encore acteurs économiques étaient réunis autour d'une seule question : quelle feuille de route tracer pour réussir la transition écologique en Corse et faire face au changement climatique qui menace de plus en plus notre quotidien ? Et c'est déjà le cas, comme l'a rappelé Éric Jalon, préfet de Corse : « L'automne dernier, nous avons dû couper l'eau la nuit pendant trois mois dans les huit communes de l'extrême sud de l'île, car nos réserves en eau étaient sous tension. »

En somme, il s'agit de « mettre autour de la table tous les acteurs qui peuvent contribuer à adapter notre territoire au changement climatique, pour partager les constats, les objectifs et les expériences », a expliqué Éric Jalon, préfet de Corse.
Le but de cette COP est de « décliner les actions qui seront inscrites dans la trajectoire d'adaptation au changement climatique, en tenant compte des spécificités de la Corse », explique Pasquin Cristofari, délégué général en charge de la planification stratégique et des transitions à la Collectivité de Corse.

Concrètement, les différents acteurs vont définir les grandes lignes à mettre en place autour de la gestion des déchets, de la construction, des transports, de l'industrie, de l'agriculture ou encore des espaces naturels. Cela passe, par exemple, par l'accélération des énergies renouvelables, la programmation de chantiers de rénovation, la planification urbaine, le recul du trait de côte, la gestion de l'eau, etc. « L'objectif, c'est la définition de la trajectoire d'adaptation au changement climatique pour la Corse et son inscription dans les schémas, les plans, les règlements d'aide et l'ensemble des documents de planification », notamment dans la future révision du PADDUC (Plan d'aménagement et de développement durable de la Corse), qui devrait intervenir au plus tard au début de l'année 2028, avec l'inscription de deux axes majeurs : le choc démographique et le choc climatique.

Si le plus gros du chantier reste devant nous en matière de lutte contre le réchauffement climatique, des actions sont déjà menées sur l'île. « Il y a d'abord le renforcement de l'observation pour disposer de données, avec l'Université de Corse et d'autres établissements, afin de faciliter l'aide à la décision », indique Pasquin Cristofari, avant d'en détailler quelques-unes, comme « la plantation d'arbres dans les cours d'école pour lutter contre les îlots de chaleur ou encore, dans le domaine de l'énergie, l'utilisation de la thalassothermie pour chauffer le Palais des congrès d'Ajaccio ». Au total, plus de 80 actions sont prévues.

Des actions qui seront territorialisées, insiste Éric Jalon, préfet de Corse : « Nous allons aller à la rencontre de chaque territoire et construire avec eux des contrats autour de la transition écologique, énergétique et environnementale. Nous consacrerons une partie importante de nos instruments financiers pour accompagner ces projets. » Rappelant un chiffre : « Près de 20 % du Plan de transformation et d'investissement pour la Corse ont déjà été consacrés au soutien des travaux de l'Office d'équipement hydraulique de la Corse. »

Pour lui, la Corse a des contraintes liées à son statut d'insularité, à sa géographie et à son organisation institutionnelle, mais « elle peut être un laboratoire pour avoir un temps d'avance sur les autres régions françaises ».