Réunis à Bastia ce mardi matin, les responsables de Scola Corsa et les parents d'élèves ont dénoncé l'absence de réponse concrète de l'État concernant l'avenir de l'école immersive en langue corse. Alors que la rentrée approche et qu'aucun document n'a encore été signé, ils promettent de poursuivre la mobilisation dès jeudi devant les préfectures de Bastia et d’Ajaccio.
« La situation est de plus en plus grave et l’inquiétude, pour ne pas dire l’exaspération, grandit au sein de communauté Scola Corsa », affirme Ghjiseppu Turchini, président de l’association Scola Corsa. Alors « qu’aucun document n’a été signé à l’heure où nous parlons malgré des annonces de sécurisation du réseau avec une reconsidération du recours et la contractualisation de six postes », les soutiens à l’école immersive en langue corse continuent de se mobiliser. Réunis ce mardi matin dans la cour de l’école de Toga à l’occasion d’une conférence de presse, ils affirment être victimes d’injustice, d’hypocrisie et de mépris de la part de l’État. « Il faut que chacun ait en tête que ce qui se passe sur notre territoire ne se passe pas ailleurs, et que d’autres écoles, notamment en Alsace, bénéficient de financements pour un développement sain », estime Isabelle, mère d’un élève. « On voit que le recteur est enclin à ouvrir de nouvelles classes immersives, chez le préfet on ne remet pas en cause le fonctionnement de l’école, alors pourquoi sommes-nous encore là ? »
Ghjiseppu Turchini, pour sa part, dénonce « le silence ». « Si les négociations qui sont en cours à Paris sur certains aspects techniques prennent du temps, on peut le comprendre, mais qu’on revienne vers nous ou vers la Collectivité de Corse pour nous informer. Ce silence total est complètement ubuesque. » Selon lui, « le silence concerne aussi les six parlementaires qui se sont adressés au Premier ministre, ainsi que les 285 mairies qui ont adopté une motion en soutien à Scola Corsa ». « C’est du jamais vu », martèle-t-il. Pour lui, si « on compte sur le fait que les échéances vont être dépassées pour ne pas proposer d’alternatives », la mobilisation se poursuivra. « On ne lâchera pas l’affaire, nous serons là cet été, à la rentrée et dans les années qui viennent. »
Le président de Scola Corsa explique qu’une motion de soutien doit être votée ce mardi au Conseil économique, social, environnemental et culturel de Corse (CESEC), et affirme dores et déjà que la mobilisation se poursuivra jeudi. « Nous allons nous adresser aux élus lors de la session de l’Assemblée de Corse pour qu’ils obtiennent enfin une réponse de la part de l’État. En parallèle, nous serons reçus par la conférence des présidents et nous demanderons à être reçus par le préfet et le recteur afin d’obtenir une réponse claire et définitive et des éléments concrets qui entérineront les mesures. Le moment sera décisif et un vrai tournant dans ce dossier qui devient de plus en plus préoccupant. »
De leur côté, les parents d’élèves seront également mobilisés devant les préfectures d’Ajaccio et de Bastia. « On attend des réponses parce que la rentrée est dans deux mois et pour préparer cette rentrée, on a besoin d’un budget », lance Alex Negroni, un autre parent d'élève. « Nous sommes inquiets car nous n’avons pas encore de réponse et nous allons continuer tant que nous n’aurons pas de réponse. »


