Ce lundi 15 juin 2026, dès 8 heures du matin, les élèves de terminale de toute la France ont planché pendant quatre heures sur la traditionnelle épreuve de philosophie. Véritable coup d'envoi des examens finaux, cette matinée a été abordée avec un mélange d'appréhension et de soulagement. En Corse, lors de sa visite dans un centre d'examen, le recteur de l'académie Rémi-François Paolini a pu constater des lycéens "concentrés sur leur épreuve."
Pour le recteur, cette épreuve fondatrice reste un moment à part dans la scolarité. "C'est à la fois le couronnement de tout leur parcours scolaire et un rituel avec des sujets qui les font réfléchir, qui interrogent leur construction en tant que personne mais aussi comme citoyen." Il note toutefois que le calendrier actuel a quelque peu modifié la donne et déplacé les enjeux : "Une partie de l'inquiétude ou du stress s'est reportée sur le dispositif Parcoursup, mais le baccalauréat reste le sésame nécessaire pour passer dans l'enseignement supérieur." Malgré cette pression diluée, il se dit confiant pour les résultats insulaires : "Nous sommes une académie où un travail a été fait avec beaucoup de sérieux, j'espère que nous aurons un très bon cru cette année."
Loin des classiques tant attendus
Comme chaque année, les candidats devaient choisir entre deux sujets de dissertation et une explication de texte. Les intitulés portaient sur la maîtrise de nos paroles, la possibilité d'être heureux quand les autres ne le sont pas, et un texte de Friedrich Nietzsche extrait de l'ouvrage Humain, trop humain sur l'esprit scientifique. Des thématiques que peu d'élèves avaient véritablement anticipées.
Une fois les copies rendues, sur le parvis du lycée du Fango à Bastia, les mines étaient globalement détendues. "Je ne pensais vraiment pas que ça allait tomber sur le langage ou le bonheur. Je révisais plutôt des notions classiques comme la liberté, le devoir ou la vérité", confie Thea, qui a finalement choisi le sujet sur le bonheur. Soulagée, elle ressort de l'épreuve "confiante à 70%."
Pierre-Philippe, également lycéen au Fango, a opté pour la dissertation sur la maîtrise de nos paroles. "J'ai d'abord pensé que oui, on était maître de notre parole, puis j'ai nuancé avec le fait qu'on pouvait se faire influencer par notre inconscient, par certaines substances comme l'alcool ou la drogue, ou par certaines émotions qui peuvent impacter nos paroles." Le jeune homme ne cachait pas que l'exercice n'était pas sa matière de prédilection: "Dans tous les cas, la philo ce n'est pas trop mon truc. Je pensais le vivre pire, au final ça allait." Il vise la moyenne et ressort "pas trop déçu, mais pas confiant non plus."
Désormais, les lycéens devront se concentrer sur leurs deux épreuves de spécialité avant de se tourner vers l'ultime grande étape de leur scolarité : le Grand Oral. Les résultats définitifs du baccalauréat seront dévoilés au début du mois de juillet.





