Le Syndicat des Travailleurs Corses (STC) de France 3 Corse Via Stella a organisé ce lundi matin une heure de grève afin d'alerter sur ce qu'il considère comme une dégradation progressive des moyens alloués à la chaîne publique corse. Budget en baisse, réduction des effectifs, recours accru aux rediffusions et inquiétudes pour l'emploi local : le syndicat redoute un affaiblissement durable de l'outil audiovisuel insulaire et appelle à des garanties pour préserver les missions de service public de Via Stella. De son côté, Sylvie Acquaviva la directrice territoriale se veut rassurante : « les inquiétudes sont légitimes, mais nous avons les moyens de faire »
Le mouvement social n'a duré qu'une heure, de 10 heures à 10h59, sans conséquence sur les programmes. Mais pour le Syndicat des Travailleurs Corses (STC), l'objectif était avant tout d'alerter sur ce qu'il considère comme une dégradation progressive des moyens accordés à France 3 Corse Via Stella. « Les salariés sont inquiets parce qu'ils constatent une baisse des moyens alors que la charge de travail reste importante », explique Joseph Truddaiu, délégué syndical STC.
Le syndicat met notamment en avant une réduction budgétaire de 1,2 million d'euros pour 2026 ainsi que la suppression de cinq équivalents temps plein (ETP). Une situation qui nourrit des craintes sur la capacité de la chaîne à maintenir son niveau actuel de production. « Plus inquiétant encore, 542 000 euros du budget 2025 n’a pas été consommé et a été restitué à France Televisions » regrette le STC.
Des inquiétudes sur la production et l'emploi
Le Syndicat pointe également une augmentation du recours aux rediffusions. Selon ses chiffres, celles-ci représenteraient désormais près de 60 % des programmes diffusés. « Via Stella a été créée pour produire des contenus originaux en Corse et pour la Corse. Nous constatons aujourd'hui une diminution du nombre de tournages et un recul de la production locale », estime Joseph Truddaiu.
Le syndicat s'inquiète également du devenir des salariés en CDD, dont il juge la contribution essentielle au fonctionnement quotidien de l’antenne. « Toute remise en cause de leur place fragiliserait l'organisation de la chaîne et l'emploi local », poursuit le représentant syndical.
Plus largement, le STC estime que les contraintes budgétaires actuelles risquent d'avoir des répercussions sur les conditions de travail des équipes, déjà fortement sollicitées.
La direction se veut rassurante
Des inquiétudes que Sylvie Acquaviva, directrice territoriale de France 3 Corse Via Stella, juge compréhensibles dans le contexte actuel de l'audiovisuel public. « Les craintes des collaborateurs sont légitimes, tout autant que celles de l'ensemble des salariés de France Télévisions et de l'audiovisuel public », reconnaît-elle.
Elle rappelle toutefois que les difficultés budgétaires concernent l'ensemble du groupe France Télévisions, confronté à une baisse des financements publics et des recettes publicitaires. « Nous affichons effectivement une baisse de budget, mais à l'image de l'ensemble des directions du groupe. Proportionnellement, nous sommes même peut-être moins touchés que d'autres », souligne-t-elle.
La directrice insiste également sur le statut particulier de Via Stella au sein du groupe. « La direction des régions et France Télévisions prennent en compte la spécificité de notre chaîne de plein exercice. Nous bénéficions d'une considération particulière de la part du groupe. »
« Nous avons les moyens de faire »
Concernant les emplois précaires, Sylvie Acquaviva assure que les contrats à durée déterminée continueront à jouer un rôle important dans le fonctionnement de la chaîne. « Le recours aux CDD fait partie de notre mode de fonctionnement. Ils ont vocation à travailler avec nous et nous n'avons jamais laissé personne sur le bord de la route », affirme-t-elle. La directrice réfute également l'idée d'un affaiblissement de l'activité éditoriale.
« Ce qui fait foi, c'est ce que nous mettons à l'antenne. Nous avons les moyens de faire et nous continuerons à le démontrer. » Elle annonce notamment l'arrivée de nouvelles émissions à la rentrée de septembre, destinée à enrichir la grille des programmes.
Concernant l'arrêt de l’émission « A Truvà ci » présentée par Marie-Hélène Battini, également évoqué par les syndicats, la direction y voit un simple renouvellement de programmation. « C'est la vie normale d'une grille. Cette émission en était à sa quatrième ou cinquième saison. Son arrêt s'inscrit dans un mouvement plus global de renouvellement des programmes », explique Sylvie Acquaviva.
Pour le STC, les revendications portent désormais sur le maintien des budgets, la préservation de l'emploi local, l'amélioration des conditions de travail et le renforcement de la production originale. La direction, de son côté, assure que l'avenir de la chaîne n'est pas menacé. « Je n'ai aujourd'hui aucune inquiétude particulière sur la pérennité de Via Stella. C'est une entité à part entière au sein de France Télévisions et nous continuerons à assurer nos missions », conclut Sylvie Acquaviva.


