« L’Atelier de Co »* à St Florent abrite depuis le 6 juin dernier, une toute nouvelle exposition. Corinne Fabiano Leccia y expose des œuvres d’artistes de talent reconnus Guy Paul Chauder et Cyril Maccioni. A voir jusqu’à la fin de ce mois.
Depuis le 6 juin, les murs de L'Atelier de Co, à Saint-Florent, accueillent une nouvelle exposition imaginée par Corinne Fabiano Leccia. Jusqu'au 30 juin, les visiteurs sont invités à découvrir les univers singuliers de deux artistes reconnus : le peintre Guy Paul Chauder et le sculpteur Cyril Maccioni.
Né à Paris en 1946, Guy Paul Chauder vit et travaille aujourd'hui en Corse. Après avoir installé ses chevalets à Londres, en Suède ou encore au Danemark, il trouve sur l'île un nouveau souffle artistique qui marque un tournant décisif dans son œuvre. Dès 1987, il délaisse progressivement la figuration pour affirmer pleinement son orientation vers l'abstraction.
Ses créations, réalisées à partir de techniques mixtes sur toile et sur bois, mêlent notamment l'acrylique dans des compositions où la matière dialogue avec le spirituel. « La peinture non-figurative dépasse la simple représentation du réel et s'inspire de dimensions spirituelles invisibles », explique l'artiste.
L'exposition présentée à Saint-Florent, intitulée « Réinscription du mandala », invite précisément à cette expérience intérieure. « Le Mandala est traditionnellement un outil spirituel car il représente le cosmos. En utilisant la forme circulaire et répétitive, il fait vivre une expérience intérieure », souligne Guy Paul Chauder. Le mot, issu du sanskrit, signifie « cercle » et évoque à la fois l'harmonie, l'infini et le centre. Pour l'artiste, le mandala traduit aussi l'impermanence de la vie : « La conscience est le centre, elle est universelle. Le Mandala est la question sans réponse que tout humain se pose ; l'œuvre lui offre un espace où il construit sa traversée du monde. »
Autre univers, autre sensibilité avec les sculptures de Cyril Maccioni. À travers ses imposantes représentations animales, l'artiste interroge le rapport de l'homme au vivant et les menaces qui pèsent sur la biodiversité. « Mes sculptures portent en elles une contradiction : la puissance animale et la fragilité de leur surface », explique-t-il en confiant que leur patine volontairement rouillée n'est pas un simple effet esthétique. « Elle est le langage choisi pour dire l’urgence écologique. Comme le métal rongé par les intempéries, ces espèces - buffles, rhinocéros, tortues de mer, baleines, et tant d’autres - s’effacent peu à peu sous l’effet des activités humaines. Elles paraissent immuables, majestueuses et éternelles, mais leur destin est incertain. La rouille devient alors métaphore : elle inscrit sur la matière la mémoire d’un monde en péril, tout en révélant une beauté paradoxale, celle de la vulnérabilité. Ces sculptures ne sont pas seulement des représentations animales, elles sont des témoins : témoins du temps qui passe, témoins des menaces, mais aussi témoins de l’espoir que l’art réveille en chacun de nous », poursuit-il.
Deux démarches artistiques très différentes, réunies le temps d'une exposition où abstraction spirituelle et engagement écologique dialoguent dans l'intimité de la galerie saint-florentine.
*« L’Atelier de Co » 12 rue du Furnellu- St Florent
Né à Paris en 1946, Guy Paul Chauder vit et travaille aujourd'hui en Corse. Après avoir installé ses chevalets à Londres, en Suède ou encore au Danemark, il trouve sur l'île un nouveau souffle artistique qui marque un tournant décisif dans son œuvre. Dès 1987, il délaisse progressivement la figuration pour affirmer pleinement son orientation vers l'abstraction.
Ses créations, réalisées à partir de techniques mixtes sur toile et sur bois, mêlent notamment l'acrylique dans des compositions où la matière dialogue avec le spirituel. « La peinture non-figurative dépasse la simple représentation du réel et s'inspire de dimensions spirituelles invisibles », explique l'artiste.
L'exposition présentée à Saint-Florent, intitulée « Réinscription du mandala », invite précisément à cette expérience intérieure. « Le Mandala est traditionnellement un outil spirituel car il représente le cosmos. En utilisant la forme circulaire et répétitive, il fait vivre une expérience intérieure », souligne Guy Paul Chauder. Le mot, issu du sanskrit, signifie « cercle » et évoque à la fois l'harmonie, l'infini et le centre. Pour l'artiste, le mandala traduit aussi l'impermanence de la vie : « La conscience est le centre, elle est universelle. Le Mandala est la question sans réponse que tout humain se pose ; l'œuvre lui offre un espace où il construit sa traversée du monde. »
Autre univers, autre sensibilité avec les sculptures de Cyril Maccioni. À travers ses imposantes représentations animales, l'artiste interroge le rapport de l'homme au vivant et les menaces qui pèsent sur la biodiversité. « Mes sculptures portent en elles une contradiction : la puissance animale et la fragilité de leur surface », explique-t-il en confiant que leur patine volontairement rouillée n'est pas un simple effet esthétique. « Elle est le langage choisi pour dire l’urgence écologique. Comme le métal rongé par les intempéries, ces espèces - buffles, rhinocéros, tortues de mer, baleines, et tant d’autres - s’effacent peu à peu sous l’effet des activités humaines. Elles paraissent immuables, majestueuses et éternelles, mais leur destin est incertain. La rouille devient alors métaphore : elle inscrit sur la matière la mémoire d’un monde en péril, tout en révélant une beauté paradoxale, celle de la vulnérabilité. Ces sculptures ne sont pas seulement des représentations animales, elles sont des témoins : témoins du temps qui passe, témoins des menaces, mais aussi témoins de l’espoir que l’art réveille en chacun de nous », poursuit-il.
Deux démarches artistiques très différentes, réunies le temps d'une exposition où abstraction spirituelle et engagement écologique dialoguent dans l'intimité de la galerie saint-florentine.
*« L’Atelier de Co » 12 rue du Furnellu- St Florent


