Conca - Deux hommes renvoyés devant le tribunal correctionnel de Bastia dans l'affaire "La Siesta"

Rédigé le 03/06/2026
La rédaction

François et Jacky Bartoli ont été déférés ce mercredi devant le parquet de Bastia à l'issue de leur garde à vue dans le cadre d'une enquête menée sur l'affaire de la paillote La Siesta, située sur la plage de Favone, à Conca, par le pôle régional économique et financier de Bastia, sous l'autorité du procureur de la République Jean-Philippe Navarre. Les investigations ont été confiées à la Section de recherches de Corse et au Groupe interministériel de recherches (GIR) de Corse-du-Sud.

Selon le parquet, cette procédure a été ouverte en juin 2024 à la suite d'un signalement du préfet de Corse-du-Sud, dans le contexte de la liquidation judiciaire de la société exploitant la paillote La Siesta, située sur la plage de Favone, à Conca, et dirigée par François Bartoli.
« Sous la réserve de la présomption d'innocence, les investigations suggèrent à ce stade que François Bartoli aurait sciemment organisé dès la fin de l'année 2023 l'insolvabilité de sa société par l'effet d'une suite de détournements des principaux actifs de l'entreprise », indique le procureur de la République dans un communiqué.
Le ministère public précise que ces opérations auraient été réalisées durant la « période suspecte », c'est-à-dire après la date de cessation des paiements retenue par le tribunal de commerce d'Ajaccio. Selon les enquêteurs, ces détournements auraient privé les créanciers de leurs droits et bénéficié à des proches ou à des sociétés dans lesquelles Jacky Bartoli disposait d'intérêts personnels.
Le parquet estime également que ces opérations auraient permis la poursuite de l'activité sous une autre forme juridique grâce à la création, le 1er mai 2024, de la société Battina, constituée « aux fins d'exploiter l'enseigne La Siesta ».
L'enquête s'est par ailleurs intéressée à la cession de la parcelle cadastrée B817, sur laquelle est implanté l'établissement. « Les investigations ont également révélé les conditions douteuses de la cession de la parcelle B817 (...) au profit de Jacky Bartoli par l'entremise de sociétés dont il est le bénéficiaire effectif », affirme Jean-Philippe Navarre. Le parquet ajoute que les éléments recueillis « tendent à démontrer l'état de vulnérabilité du vendeur ».
À l'issue de leur présentation devant la justice, François et Jacky Bartoli ont été convoqués devant le tribunal correctionnel de Bastia le 24 juin 2026.
François Bartoli devra répondre des chefs d'abus de faiblesse, de banqueroute, d'organisation frauduleuse d'insolvabilité d'une personne morale par son dirigeant et de blanchiment. Jacky Bartoli sera quant à lui jugé pour abus de faiblesse, recel de banqueroute et blanchiment.
Dans l'attente de leur procès, les deux hommes ont été placés sous contrôle judiciaire avec l'obligation de verser un cautionnement de 20 000 euros pour François Bartoli et de 30 000 euros pour Jacky Bartoli.
Trois autres personnes sont également convoquées devant le tribunal correctionnel de Bastia pour répondre de faits présumés de recel et de blanchiment de banqueroute.
Le procureur rappelle que les délits de banqueroute, de recel et de blanchiment sont passibles de cinq ans d'emprisonnement, tandis que l'abus de faiblesse est puni de trois ans d'emprisonnement.
Conformément au principe de la présomption d'innocence, les personnes mises en cause demeurent présumées innocentes jusqu'à une éventuelle condamnation définitive.