Du 1er au 7 juin, la Semaine de la santé sexuelle revient partout en France pour sa sixième édition. En Corse, ateliers, conférences et actions de sensibilisation se multiplient autour de la contraception, du consentement, du dépistage du VIH et des IST ou encore des dysfonctions sexuelles. Un rendez-vous destiné à améliorer l’accès à l’information et à la prévention, alors que de nombreux indicateurs révèlent encore un manque de connaissances et d’accompagnement, notamment chez les jeunes.
Favoriser un accès équitable à l’information et renforcer les actions de prévention et de dépistage : c’est l’objectif de la Semaine de la santé sexuelle, dont la 6e édition se tient cette année du 1er au 7 juin. Organisée dans toute la France, cette manifestation a notamment pour but de lever des tabous sur des sujets encore trop peu abordés. « Malgré les avancées en matière d’information et de prévention, la santé sexuelle demeure un sujet encore largement tabou. Il reste difficile, pour de nombreuses personnes, d’évoquer ces questions, notamment dans le cadre familial ou éducatif », indique l’ARS de Corse, précisant néanmoins que « parler de santé sexuelle est indispensable » et que « s’informer constitue le premier pas vers une meilleure santé sexuelle, pour soi comme pour ses partenaires ».
Un sujet d’autant plus essentiel au regard des données disponibles qui démontrent une nécessité de renforcer l'information et la prévention, en particulier auprès des jeunes : 23 % des personnes interrogées estiment être mal informées sur le VIH, 75 % déclarent qu’elles auraient souhaité être mieux accompagnés au début de leur vie affective et sexuelle, 28 % déclarent avoir réalisé un test de dépistage au cours de l’année, et 43 % des 15-24 ans ignorent même l’existence de traitements d’urgence en cas de prise de risque face au VIH.
Contraception, consentement et maladies au cœur des actions
Cette année, quatre thématiques ont été choisies pour la Semaine de la santé sexuelle : la contraception, le consentement, la prévention sur le VIH et les IST ou encore les maladies et dysfonctions sexuelles. « Il s’agit de thématiques imposées au niveau national, mais ça ouvre ensuite un éventail de sujets possibles que chaque ARS porte dans sa région », explique Anne Raimond de l’ARS Corse. Des sujets qui restent sensibles sur l’île, comme en témoignent les données recueillies. En France, 1 femme sur 3 a un rapport sexuel non protégé chaque année, et en 2024, 251 270 IVG ont été pratiquées, dont 1 355 en Corse. À ce titre, plusieurs ateliers autour de la contraception sont organisés par l’association OPRA.
Alors qu’1 jeune sur 2 a déjà eu une expérience sexuelle non consentie et que les plaintes pour violences sexuelles ont augmenté de 12,8 % en Corse l’année dernière, le sujet du consentement est aussi au cœur des actions de la Semaine de la santé sexuelle. Le CIDFF de Corse-du-Sud propose par exemple plusieurs ateliers à Ajaccio. Mais d’autres ateliers, conférences ou projections de documentaires sont également prévus tout au long de la semaine et durant le mois de juin pour sensibiliser le plus grand nombre. « La Semaine de la santé sexuelle 2026 s'adresse à l'ensemble de la population : jeunes, adultes, seniors, personnes LGBTQIA+, publics en situation de handicap car la santé sexuelle est l’affaire de toutes et tous, sans exception », détaille l’ARS. Anne Raimond précise : « Parfois, les actions sont pour un public extrêmement ciblé, comme des personnes en situation de handicap, et à ce moment-là l'association va se déplacer dans un Ésat ou autre, mais c’est aussi souvent pour le grand public, et n’importe qui peut se déplacer et participer. »
La Semaine de la santé sexuelle est aussi l’occasion de présenter des dispositifs « mis à disposition du public afin de faciliter l’accès à l’information », comme « des brochures thématiques, des flyers, des affiches et supports adaptés à différents publics ». Les outils sont disponibles en ligne sur le site QuestionSexualité. Plusieurs plateformes nationales complètent aussi le dispositif, comme OnSEXprime, destiné aux jeunes, ou Sexosafe destiné aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Au niveau local, l’ARS est accompagnée par le CoReSS Corse, « qui assure la coordination des objectifs et contribue à renforcer la cohérence des actions menées sur le territoire ». Pour les porteurs de l'événement, l'objectif est surtout « de permettre à toutes et tous de vivre des expériences sexuelles agréables et sûres, exemptes de coercition, de discrimination et de violences ».
Toutes les actions de la Semaine de la santé sexuelle en Corse


