Partis de Saint-Jean-Pied-de-Port, au pied des Pyrénées basques, le 15 avril dernier, cinq amis de la région ajaccienne ont rejoint Saint-Jacques-de-Compostelle après 39 jours de marche et près de 800 kilomètres parcourus à pied. Une aventure humaine, spirituelle et physique née après la venue du pape François à Ajaccio en décembre 2024. Entre camaraderie, dépassement de soi, rencontres du monde entier et introspection, Jean-Marc Franceschini, François Andreucci, José Luis Louzao, Jean-Paul Fideli et Julien Calendini racontent un chemin qui les a profondément transformés.
Ils sont partis à cinq. Cinq amis de longue date de la région ajaccienne. Cinq personnalités différentes, mais unies par une même envie : vivre ensemble une aventure hors du commun sur le mythique Camino de Santiago, ce pèlerinage millénaire qui mène jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice. Le déclic remonte à décembre 2024, lors de la venue du pape François à Ajaccio. « Ça a changé quelque chose en nous », confient-ils aujourd’hui avec simplicité.
Aucun ne se présente comme « un enfant de chœur ». « On n’est pas partis pour se faire pardonner quoi que ce soit. On voulait surtout être en harmonie avec nous-mêmes », résume l’un des marcheurs. L’idée naît presque comme une boutade entre amis : « Et si on se faisait Saint Jacques de Compostelle ? ». Très vite, tout le monde répond oui. Dès l’automne 2025, le groupe commence à préparer l’expédition : longues randonnées en Corse, sorties à Bonifacio, entraînements réguliers et préparation mentale.
Le départ officiel est donné à Saint-Jean-Pied-de-Port, point mythique des pèlerins français avant la traversée des Pyrénées. Après un trajet Ajaccio-Marseille-Biarritz en avion puis un dernier transfert en taxi, les cinq Corses récupèrent leur « credential », le passeport du pèlerin, auprès de l’office de tourisme local, avant de s’élancer sur un chemin parfaitement balisé.
Aucun ne se présente comme « un enfant de chœur ». « On n’est pas partis pour se faire pardonner quoi que ce soit. On voulait surtout être en harmonie avec nous-mêmes », résume l’un des marcheurs. L’idée naît presque comme une boutade entre amis : « Et si on se faisait Saint Jacques de Compostelle ? ». Très vite, tout le monde répond oui. Dès l’automne 2025, le groupe commence à préparer l’expédition : longues randonnées en Corse, sorties à Bonifacio, entraînements réguliers et préparation mentale.
Le départ officiel est donné à Saint-Jean-Pied-de-Port, point mythique des pèlerins français avant la traversée des Pyrénées. Après un trajet Ajaccio-Marseille-Biarritz en avion puis un dernier transfert en taxi, les cinq Corses récupèrent leur « credential », le passeport du pèlerin, auprès de l’office de tourisme local, avant de s’élancer sur un chemin parfaitement balisé.
« Ne jamais laisser quelqu’un derrière »
Dès la première journée, le ton est donné : près de vingt kilomètres de montée à travers les Pyrénées. « On a compris tout de suite qu’il faudrait puiser dans nos ressources physiques et mentales », racontent-ils. Pendant trente-neuf jours, ils avancent à raison de 25 à 30 kilomètres quotidiens. Dortoirs d’anciens couvents, auberges de pèlerins, quelques Airbnb lors de quatre journées de pause : le confort est sommaire mais l’expérience intense. Surtout, l’esprit d’équipe devient leur véritable moteur. « La règle était simple : ne jamais laisser quelqu’un derrière. »
Lorsqu’un l’un d’entre eux tombe malade quelques jours, un autre reste systématiquement à ses côtés. Ici, pas de compétition ni de performance individuelle. Le chemin se fait ensemble, dans la solidarité et la camaraderie. « On s’est tirés vers le haut. C’est grâce à cet esprit de groupe qu’on n’a jamais pensé abandonner. » Et pourtant, les difficultés existent : la pluie, la fatigue, les longues étapes, les ampoules aperçues sur les pieds d’autres pèlerins croisés en route. « On a vu des gens à bout de nerfs. Des grands-parents pousser leurs petits-enfants sous la pluie. Alors on relativisait vite nos petits soucis. »
Dès la première journée, le ton est donné : près de vingt kilomètres de montée à travers les Pyrénées. « On a compris tout de suite qu’il faudrait puiser dans nos ressources physiques et mentales », racontent-ils. Pendant trente-neuf jours, ils avancent à raison de 25 à 30 kilomètres quotidiens. Dortoirs d’anciens couvents, auberges de pèlerins, quelques Airbnb lors de quatre journées de pause : le confort est sommaire mais l’expérience intense. Surtout, l’esprit d’équipe devient leur véritable moteur. « La règle était simple : ne jamais laisser quelqu’un derrière. »
Lorsqu’un l’un d’entre eux tombe malade quelques jours, un autre reste systématiquement à ses côtés. Ici, pas de compétition ni de performance individuelle. Le chemin se fait ensemble, dans la solidarité et la camaraderie. « On s’est tirés vers le haut. C’est grâce à cet esprit de groupe qu’on n’a jamais pensé abandonner. » Et pourtant, les difficultés existent : la pluie, la fatigue, les longues étapes, les ampoules aperçues sur les pieds d’autres pèlerins croisés en route. « On a vu des gens à bout de nerfs. Des grands-parents pousser leurs petits-enfants sous la pluie. Alors on relativisait vite nos petits soucis. »
L’incroyable patrimoine architectural et religieux de l’Espagne
Sur le chemin, les Ajacciens découvrent aussi une incroyable fraternité internationale. Des Brésiliens, des Coréens, des Italiens… « On mangeait ensemble le soir dans les auberges. Très vite, il y avait quelque chose de fort entre les pèlerins. » Mais au-delà de l’effort physique, c’est surtout l’expérience intérieure qui marque les cinq amis. « Quand tu marches, tu ne penses plus. Tu te remets en question. » Par moment, chacun ressent le besoin de s’isoler quelques kilomètres. « Tu peux discuter pendant des heures puis, d’un coup, avoir envie d’être seul dans ta bulle. Tout le monde respectait ça. »
Chaque jour ou presque, les marcheurs traversent villages, champs verdoyants, cathédrales et petites églises espagnoles magnifiquement restaurées. León, Burgos, les plaines de Castille… les paysages impressionnent autant que le patrimoine religieux. « On en a pris plein les yeux. Même dans de petits villages, les églises sont dans un état remarquable. On sent que l’Espagne investit énormément dans son patrimoine architectural et religieux. »
Avant le départ, l’abbé Ange-Marie de Bastelica était venu les bénir à l’aéroport et leur remettre des images pieuses qu’ils ont conservées tout au long du voyage. Sur le chemin, ils prennent l’habitude de prier dans chaque église traversée. « Cette spiritualité apaise l’âme sans l’anesthésier. » Loin des clichés, leur pèlerinage n’a rien d’une fuite ou d’une pénitence. « Nous ne sommes pas partis pour me faire pardonner quoi que ce soit. Nous sommes partis pour être en paix avec moi-même. »
Le 28 mai, après près de 800 kilomètres parcourus à pied, les cinq amis atteignent enfin la majestueuse cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Un moment chargé d’émotion… mais aussi de nostalgie. « Quand on arrive, finalement, on se dit déjà : c’est fini… » Une phrase résume aujourd’hui leur aventure : « Ne fais pas le pèlerin pour le but. C’est le chemin qui façonne le pèlerin. » Et pour eux, une chose est certaine : ce voyage n’était pas une fin. « C’est peut-être simplement le début du chemin de la vie. ». Avis aux amateurs
Sur le chemin, les Ajacciens découvrent aussi une incroyable fraternité internationale. Des Brésiliens, des Coréens, des Italiens… « On mangeait ensemble le soir dans les auberges. Très vite, il y avait quelque chose de fort entre les pèlerins. » Mais au-delà de l’effort physique, c’est surtout l’expérience intérieure qui marque les cinq amis. « Quand tu marches, tu ne penses plus. Tu te remets en question. » Par moment, chacun ressent le besoin de s’isoler quelques kilomètres. « Tu peux discuter pendant des heures puis, d’un coup, avoir envie d’être seul dans ta bulle. Tout le monde respectait ça. »
Chaque jour ou presque, les marcheurs traversent villages, champs verdoyants, cathédrales et petites églises espagnoles magnifiquement restaurées. León, Burgos, les plaines de Castille… les paysages impressionnent autant que le patrimoine religieux. « On en a pris plein les yeux. Même dans de petits villages, les églises sont dans un état remarquable. On sent que l’Espagne investit énormément dans son patrimoine architectural et religieux. »
Avant le départ, l’abbé Ange-Marie de Bastelica était venu les bénir à l’aéroport et leur remettre des images pieuses qu’ils ont conservées tout au long du voyage. Sur le chemin, ils prennent l’habitude de prier dans chaque église traversée. « Cette spiritualité apaise l’âme sans l’anesthésier. » Loin des clichés, leur pèlerinage n’a rien d’une fuite ou d’une pénitence. « Nous ne sommes pas partis pour me faire pardonner quoi que ce soit. Nous sommes partis pour être en paix avec moi-même. »
Le 28 mai, après près de 800 kilomètres parcourus à pied, les cinq amis atteignent enfin la majestueuse cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Un moment chargé d’émotion… mais aussi de nostalgie. « Quand on arrive, finalement, on se dit déjà : c’est fini… » Une phrase résume aujourd’hui leur aventure : « Ne fais pas le pèlerin pour le but. C’est le chemin qui façonne le pèlerin. » Et pour eux, une chose est certaine : ce voyage n’était pas une fin. « C’est peut-être simplement le début du chemin de la vie. ». Avis aux amateurs






