« Voyage aux pays des bergers » : Une mosaïque pastorale signée Jean-Paul Giorgetti

Rédigé le 21/06/2026
Philippe Jammes

Publié à compte d’auteur, le dernier livre du campilais Jean-Paul Giorgetti propose une belle mosaïque de portraits pastoraux avec en fil rouge pour cet ancien météorologue : La pluie !


Jean-Paul Giorgetti, météorologue retraité, reste passionné par l’observation du ciel et des phénomènes climatiques. Inspiré par les bergers, il écoute le vent et partage des récits centrés sur la terre, le silence et le mystère de la vie. Auteur fécond, il a déjà publié : « Rendez-vous avec le vent » (c-d-a), « Le temps des Iles » (éd. Piazzola), « Café gourmand » (éd. Maia), « Douze rencontres » (éd. Maia), « Les lettres de la mangrove » (c-d-a) et « Un soldat de la grande guerre » (c-d-a). Depuis est sorti « Voyage aux pays des bergers », à compte d’auteur.

«De ma vie de météorologue j’ai gardé l’obsession de l’observation du temps, des nuages, des phénomènes climatiques, cherchant à percer les mystères du ciel » explique l’auteur. « Cela m’a conduit à écrire ces histoires de bergères et bergers parce qu’ils sont à la croisée de beaucoup de choses profondes : la terre, le silence, le vivant. Le texte décrit une galerie de portraits qui célèbre la diversité et la bravoure des bergers accompagnés de leurs fidèles chiens. Ce récit présente Elyos, le berger cévenol, Amaïa, la bergère d’Iraty, Orsu, le berger de Canaghja, Ichouna, la bergère de l’Atlas, Syrius, le berger de Bavière et Chiara, la bergère des Pouilles. Des bergères et bergers enracinés dans leurs régionsAu fil des pages j’explore leurs liens profonds avec la nature à travers des gestes ancestraux et la transmission d’un savoir-faire pastoral. Mes personnages affrontent sécheresse, tempêtes, inondations, solitude et l’évolution du progrès au fil des saisons ».


En fil rouge du récit : La pluie ! « Ces récits, au cours desquels le réel et l’irréel se confondent, ont pour fil conducteur cette merveilleuse citation attribuée à Jules Renard : La pluie tombe, chaque goutte est un mot du ciel qui s’adresse à la terre » souligne JP Giorgetti. « La pluie devient dans le texte une parole céleste, une bénédiction attendue, un dialogue entre ciel et terre. Elle est symbole d’espoir, de renouveau et mémoire des anciens. Au fil de leur vie, les bergers voient se dessiner une quête d’harmonie : habiter le monde sans le blesser, vivre au rythme du vivant et perpétuer une sagesse reliant les hommes, les bêtes et les paysages ».
Dans un style poétique et contemplatif, l’auteur rend hommage à la grandeur discrète des bergers, gardiens d’un temps lent et fragile, à la tradition pastorale et pose certaines questions essentielles : Comment préserver le souffle ancestral du monde face aux bouleversements d’aujourd’hui ? Comment habiter le monde sans le blesser ?


 Extrait


« Elyos, le berger cévenol. L’homme marchait d’un pas lourd sur ce chemin raide, caillouteux et parfumé. Il le connaissait depuis plus d’un demi-siècle. Pas après pas, au rythme d’un souffle qu’il contrôlait avec mesure lorsque la pente se faisait plus rude, il avançait, aidé d’un bâton qu’il avait sculpté d’une année après l’autre à chaque jour de l’an. Il l’accompagnait à chaque sortie quel que fut le temps. La pluie, la neige, le vent, le brouillard n’étaient pas des obstacles connaissait secrets. C’était et tous il en les son rythme quotidien, comme une prière qu’il murmurait aux éléments naturels de son entourage… »