À Borgo, une journée pour sensibiliser les enfants au handicap et promouvoir l’inclusion

Rédigé le 28/05/2026
Léana Serve

Réunis au complexe sportif de Borgo, plus de 300 enfants issus d’ALSH et de structures médico-sociales ont participé mercredi à la journée « Inseme si pò ». À travers des ateliers sportifs, culturels et ludiques, l’événement porté par l’Associu Accumpagnà et plusieurs partenaires entend déconstruire les préjugés liés au handicap et favoriser une inclusion durable des enfants à besoins spécifiques en Corse.

Sensibiliser les enfants au handicap : c’est le but de la journée qui a été organisée mercredi au complexe sportif de Borgo. Baptisé Inseme si pò et porté par l’Associu Accumpagnà et son pôle ressources handicap (PRH) de Haute-Corse, la Caisse d’Allocations Familiales de Haute-Corse et le service départemental jeunesse engagement et sports de Haute-Corse, l’événement est né d’un constat, celui que « de plus en plus d'enfants ont des besoins spécifiques et sont accueillis auprès des accueils de loisirs sans hébergement (ALSH) ou des accueils collectifs de mineurs (ACM) ». « On propose, avec différents partenaires, une formation sur l’accueil d’enfants à besoins spécifiques dans les ACM, et lors des échanges, plusieurs directeurs d’ALSH ont décidé de faire des journées par rapport à l'inclusion des personnes en situation de handicap », explique Paul Agostini de l’Associu Accumpagnà.

Après une première journée au sein des 10 ALSH participants pour découvrir le handicap à travers une résolution d’énigmes sur le thème « Tous ensemble, tous différents », plus de 300 enfants de 6 à 12 ans issus des ALSH « et de structures du médico-social » se sont réunis ce mercredi à Borgo. Au programme : des ateliers sportifs (cécifoot, basket fauteuil, boccia, escalade), culturels (théâtre, danse, percussions) et de sensibilisation (droits des enfants, parcours joëlette, langue des signes). « On est vraiment sur le thème de l’inclusion, parce que l’objectif, c'est vraiment d’essayer de déconstruire les préjugés et de montrer que même si on est tous différents, il faut qu'on soit tous unis », souligne Paul Agostini. « Il faut essayer de sortir de cette étiquette qu'on peut coller facilement, et qui n'existe pas. »


Suite à cet événement, deux autres journées vont être organisées. La première se tiendra en parallèle de la poursuite des formations à destination des animateurs et sera dédiée aux directeurs d’ALSH, qui « bénéficieront d’un temps d'échange et de formation pour l'accueil des enfants à besoins spécifiques ». « Ça permettra aussi de partager des expériences et de travailler collectivement sur des enjeux de pilotage ou de gestion de structures liés à ces accueils d’enfants à besoins spécifiques. » La seconde journée concernera quant à elle un volet plus institutionnel, « pour vraiment aborder les sujets au niveau des moyens financiers et structurels avec les décideurs, pour que chaque ACM puisse disposer des ressources nécessaires pour inclure au mieux chaque enfant le plus longtemps possible ».

En effet, selon Paul Agostini, la question de la prise en charge d’enfants à besoins spécifiques ou en situation de handicap n’est pas encore réglée en Corse. « Les équipes des ACM font un travail remarquable, et elles ne sont pas seules parce qu’on les aide par exemple depuis la création du pôle en 2022. C'est un outil essentiel pour les directions et les animateurs parce qu’on a vraiment un rôle de coordination, et c’est adressé aux familles ou aux professionnels des crèches ou des ACM. Par exemple, on peut accompagner une famille qui souhaiterait inscrire son enfant en situation de handicap dans un ACM, ou bien orienter une famille vers des professionnels pour réaliser un bilan si leur enfant rencontre des difficultés. Le but, c'est d'échanger et de donner des outils pour accompagner au mieux. Mais c’est vrai qu’il manque encore des moyens humains et financiers pour pouvoir proposer un accueil adapté aux enfants… »