Réunis ce vendredi à la préfecture de Haute-Corse, une trentaine de maires ont échangé avec les représentants de l’État autour des enjeux majeurs des communes du département, comme l’urbanisme, la prévention des incendies ou la gestion de crise. L'objectif affiché par l’État est de renforcer la proximité et le soutien aux élus locaux, particulièrement dans les petites communes du département.
Rapprocher les services de l’État des élus locaux : c’est l’objectif de la réunion qui s’est tenue ce vendredi matin dans les salons de la préfecture de Haute-Corse. Une trentaine de maires étaient réunis autour de Michel Prosic, préfet de Haute-Corse, Arnaud Millemann, secrétaire général de la préfecture et sous-préfet de l’arrondissement de Bastia, ainsi que des directeurs départementaux des services de l’État afin de dialoguer autour de sujets prégnants pour les communes. « On a beaucoup de petites communes dans notre département : sur les 236 communes, seules neuf dépassent les 3 000 habitants », indique le préfet. « On a besoin d'être aux côtés des maires, des collectivités parce que les services administratifs sont souvent de petite taille. On a parfois un secrétaire de mairie qui n’est pas à temps plein dans les plus petites communes, ça veut dire que les élus se retrouvent systématiquement en première ligne par rapport à la réglementation. Et c'est là que les services de l'État ont un rôle de proximité et d’écoute à jouer pour les maires. »
Parmi les sujets abordés durant la matinée : la préparation des élections sénatoriales, prévues en septembre, mais aussi le drame de Crans-Montana. « J’ai souhaité réunir l'ensemble des maires anciennement et nouvellement élus, de façon à partager les sujets d'actualité, notamment liés à leur pouvoir de police du maire », souligne Michel Prosic. « Je pense par exemple à tous les sujets de contrôle des établissements recevant du public, tout ce qui est lié à la gestion de crise. Mais je pense aussi aux obligations légales de débroussaillement, avec un département souvent confronté aux incendies, ou à l’entretien des cours d’eau, quand on voit qu’on peut se retrouver confronté à des inondations. »
Pour Don-Marc Albertini, maire de Ghisoni et récemment élu président de l’association des maires de Haute-Corse, « notre rôle est aussi de partager les expériences et les compétences pour que les maires ne se sentent pas seuls ». « Certains connaissent bien les règles, d'autres les connaissent un peu moins. L’État et les maires doivent jouer leur rôle, et l’association est là pour faire un lien entre tout ça. Par exemple, pour prévenir les incendies, les obligations légales de débroussaillement doivent être mises en œuvre, mais on a aussi modifié les documents de programmation du PPFENI [un plan de protection des forêts et des espaces naturels contre les incendies, ndlr] en ajoutant ce qu'on appelle des zones d'interface. C'était un long combat qu'on a mené il y a deux ans et les interfaces vont permettre de protéger encore plus les villages sur des endroits à haut risque. »
Le président de l’association des maires insiste aussi sur le sujet de l’urbanisme. « On a parlé de ce sujet par rapport à ce que nous impose la loi ZAN. C'est un sujet à la fois complexe et bloquant parce qu’il sera impossible de construire au 22 août 2027 si la commune n'a pas un document d'urbanisme en vigueur et validé. Et on sait qu’il reste plusieurs dizaines de communes en Haute-Corse qui n'ont pas validé un document d'urbanisme, donc il faut absolument simplifier et détendre les échéances. »
À travers ces réunions, l’État entend surtout poursuivre l’accompagnement des élus locaux du département. « Nos maires sont les premiers piliers de la République sur nos territoires, ils sont les premiers qui sont confrontés à la parole de leurs concitoyens », précise le préfet de Haute-Corse. « C'est eux que l'on vient voir quand on a une difficulté, peu importe s'ils sont compétents ou pas en la matière, et charge à eux d'aller voir l'État, la collectivité ou d'autres partenaires pour régler le quotidien de leurs concitoyens. La règle des services de l’État en Haute-Corse, c'est le conseil et l'accompagnement à la prise de décision de nos élus. »



