Réunis ce mercredi matin à la salle polyvalente de Borgo pour élire le nouveau président de l’association des maires de Haute-Corse, les édiles du département ont porté sans surprise Don-Marc Albertini à la tête de la structure. À la tête de la seule liste en lice, le maire de Ghisoni a été élu à l’unanimité par une centaine de maires présents ou représentés. À l’aube de son mandat, le nouveau président de l’association détaille ses priorités : renforcer la formation des élus, défendre les communes face aux évolutions institutionnelles et recréer de la proximité entre les maires du territoire.
- Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter à la présidence de l’association des maires de Haute-Corse ?
- J’ai senti que l'association des maires de Haute-Corse avait besoin d'augmenter sa visibilité et son utilité. Dans la continuité de ce qui s'est fait avec les échanges passés, et considérant que j'avais de la disponibilité moi-même, j'ai voulu m'impliquer dans la défense de l'association. Après avoir fait un tour d’horizon avec de nombreux maires en Haute-Corse, j'ai reçu un assentiment et une adhésion, et je me suis lancé dans l'aventure avec une envie de faire une démarche commune.
- Vous succédez à un président qui a passé près de deux décennies à la tête de l’association. Que retenez-vous de son mandat ?
- Ce que je retiens du mandat d’Ange-Pierre Vivoni, c’est sa présence et sa disponibilité. Il était très présent lors des réunions publiques et sur les différentes commissions, et c’est vraiment à saluer. Je souhaite d’ailleurs continuer ce qu’il avait commencé à entreprendre au sujet de la formation des élus et des communes. C’est quelque chose qu'il faudra sûrement amplifier et qu'il faudra développer afin que toutes les communes de Haute-Corse, et notamment celles dirigées par de jeunes élus, soient soutenues par une formation spécifique.
- Quelle sera votre principale priorité à la tête de l’association ?
- La première priorité, ce sera la formation des élus. La deuxième priorité, ce sera de défendre la stratégie des communes et des intercommunalités avec les évolutions réglementaires, notamment les évolutions de l'État et les évolutions constitutionnelles qui sont devant nous.
- Quels sont, selon vous, les principaux problèmes rencontrés aujourd’hui par les maires du département ?
- Je pense que ce sont avant tout les moyens financiers, la sécurité juridique et l’articulation entre la région, l'État et les communes. Il faut que notre rôle soit préservé et qu'on ait les moyens d'exercer nos missions sereinement.
- Justement, comment accompagner les communes face aux difficultés budgétaires croissantes ?
- Chaque commune a son autonomie et sa légitimité. Nous sommes là pour de l’accompagnement et de la formation. Il faut augmenter les recettes et diminuer les dépenses, et il faut surtout préserver les équilibres des uns et des autres. On ne va pas se substituer aux communes, on va simplement les inciter à travailler sur certaines pistes.
- Votre prédécesseur avait alerté sur les pressions et les difficultés auxquelles sont confrontés les élus locaux. Selon vous, le statut du maire est-il aujourd’hui fragilisé ?
- Le statut de l'élu se construit d'année en année, de mandat en mandat. Je pense qu'on est suffisamment armés pour défendre les élus en Corse, et on a l'État et la gendarmerie qui sont à nos côtés. Je pense qu’il y a moins d’élus qui sont agressés en première ligne chez nous en Haute-Corse que dans certaines communes ou dans certains départements du continent, mais il faut s'en préoccuper malgré tout. Ça passe avant tout par de la proximité, de l’écoute et le fait d’avoir une réaction immédiate. Dès qu'on nous signale un point de faiblesse, il faut qu'on soit capable de répondre par la présence et la proximité. Il ne faut pas que les élus restent seuls.
- Vous insistez également sur l’importance de maintenir la proximité avec les maires de toutes les communes...
- Ça me semble indispensable. Si on veut donner de la visibilité, de la crédibilité à l’association et continuer à exister, il faut que le plus grand nombre soit présent. Après, c'est sûr que tout le monde n’a pas forcément le temps et les moyens de venir à toutes les réunions, mais le fait de se sentir impliqué et concerné, c'est vraiment le point essentiel. Je le dis à l’attention des maires : venez nous voir. Prenez contact avec l’association des maires de Haute-Corse, appelez-nous. Je serai disponible pour aller les voir, de manière à ce qu'on se rencontre et qu'on discute. Je connais déjà énormément de maires, mais il faut vraiment qu’on recrée du lien et de la cohésion.
La liste portée par Don-Marc Albertini
2. Jean Dominici
3. Ange-Pierre Vivoni
4. Louis Pozzo di Borgo
5. Philippe Maroselli
6. Jean-François Poli
7. Jacques-André Tomasini
8. José Galletti
9. Ange Cherubini
10. Benoît Bruzi
11. François Acquaviva
12. Frédéric Mariani
13. Vincent Antomarchi
14. Simon-Pierre Riolacci
15. Marcel Ferrari
16. Marie-Josée Pierali
17. Marcellu Cesari
18. Jean-Baptiste Filippi
19. Marc-Marie Filippi
20. Dominique Andreani
21. Philippe Vittori
Suppléants : Stella Anziani, Patrick Vignoli, Jean-Luc Rognoni, Bernard Vanucci



