Le festival de Cannes révèle Zia Maria dans "Sadaba les fabuleuses chroniques de Moshé Zaoui"

Rédigé le 19/05/2026
La rédaction

Zia Maria s’est imposée au centre du récit qui a été projeté à Cannes le 14 mai, lors de l’avant première mondiale du film franco-israélien : « Sabada les fabuleuses chroniques de Moshé Zaoui ».

Le festival de Cannes révèle Zia Maria dans "Sadaba les fabuleuses chroniques de Moshé Zaoui"

Henri Parsi

Sur la Croisette, devant un public rassemblant personnalités, associations juives, acteurs du monde culturel et du cinéma, le témoignage d’Henri Parsi a soudain pris une ampleur inattendue. Il y évoquait sa grand‑mère, Marie Parsi, figure discrète de Castifao, qui avait caché Félix Nahmani, évadé du camp d’Asco pendant la Seconde Guerre mondiale. L’émotion fut telle qu’une procédure de reconnaissance de Zia Maria comme Juste parmi les Nations est désormais en cours, lancée par Yad Vashem à la suite de cette projection, preuve que le cinéma peut encore ramener dans la lumière des existences que le temps avait presque recouvertes.


À partir de cette soirée, la trajectoire du film s’est élargie bien au‑delà du cadre d’une simple présentation cannoise. L’œuvre produite par SABABA MÉDIAS PRODUCTIONS et MAKOM PRODUCTIONS a suscité un engouement immédiat. Des festivals, des associations, des lieux culturels ont exprimé leur volonté de programmer des projections ou d’organiser des rencontres. La Maison Dulac a déjà annoncé une date, le 7 octobre prochain, choisie pour résonner avec une commémoration douloureuse, non pour superposer les blessures mais pour rappeler le lien entre mémoire, transmission et création.
 

Le festival de Cannes révèle Zia Maria dans "Sadaba les fabuleuses chroniques de Moshé Zaoui"

Zia Maria

Au cœur du documentaire, Moshé Zaoui et ses compagnons de route, certains presque centenaires, poursuivent depuis les attaques d’octobre 2023 un travail d’enquête et de vigilance. Ils suivent la montée de l’antisémitisme, rencontrent des familles d’otages, enregistrent les traces infimes d’un monde qui vacille. Rien n’est démonstratif. Leur caméra capte la manière dont des hommes et des femmes continuent de chanter, d’écrire, de créer, alors que tout semble vouloir les réduire au silence.

SABABA refuse les récits formatés. Le film avance au rythme des visages, des voix, des souvenirs qui s’accrochent au présent. Il montre un réel parfois âpre, mais traversé d’une lueur obstinée. Cette lumière vient de celles et ceux qui, comme Zia Maria en son temps, accomplissent des gestes que personne ne remarque d’abord, mais qui finissent par dessiner une résistance silencieuse. Le Festival de Cannes a servi de point d’embrasement à cette parole retrouvée. Le documentaire poursuit maintenant son chemin, fidèle à cette conviction simple que certaines histoires refusent de disparaître tant qu’il reste quelqu’un pour les regarder et les raconter.