Du 19 au 22 mai, plus de 300 gestionnaires de réserves naturelles se réuniront à Taglio-Isolaccio à l’occasion du 43e Congrès des Réserves naturelles de France. Co-organisé par l’Office de l’Environnement de la Corse, l’événement sera consacré cette année à la restauration des milieux naturels et aux enjeux de préservation de la biodiversité.
Vingt-trois ans après sa dernière édition organisée sur l’île, le Congrès des Réserves naturelles de France fait son retour en Corse. Du 19 au 22 mai, plus de 300 gestionnaires de réserves naturelles venus de toute la France se retrouveront à Taglio-Isolaccio pour participer à cette 43e édition, consacrée à la restauration des milieux naturels. Co-organisé par l’Office de l’Environnement de la Corse (OEC) et Réserves naturelles de France, qui fédère les 372 réserves naturelles françaises, ce rendez-vous annuel permet aux gestionnaires de partager leurs expériences de terrain et de travailler sur des problématiques communes liées à la préservation de la biodiversité.
« Les réserves naturelles sont des sites sur lesquels il y a un très fort enjeu de préservation, et on fait un gros effort en termes d’acquisition de connaissances », explique la chef de service biodiversité terrestre à l’OEC, Gwenaëlle Baldovini, qui précise que la Corse compte sept réserves naturelles : Îles du Cap Corse, Étang de Biguglia, Bouches de Bonifacio, Tre Padule de Suartone, Massif du Monte Ritondu, Îles Cerbicale et Scandola. Durant quatre jours, les participants assisteront à plusieurs tables rondes et ateliers thématiques consacrés notamment « à un état des lieux de la restauration au sein des réserves naturelles et des partages d'expérience sur différentes thématiques, que ce soit la restauration passive, la restauration des milieux humides, des cours d'eau, et enfin la restauration des milieux marins ». « Les réserves naturelles touchent l'ensemble des compartiments environnementaux, qu'ils soient terrestres, aquatiques ou marins, donc on a essayé d'apporter des temps de parole pour l'ensemble des acteurs. »
Des sorties de terrain seront également organisées dans plusieurs sites naturels de l’île afin de présenter les actions de gestion et de préservation menées localement. « Nos gestionnaires de réserves naturelles et des partenaires de sites Natura 2000, ainsi que le Parc naturel marin du Cap Corse, accueillent l'ensemble des congressistes pour faire visiter leur site et leur expliquer l'expérience de gestion qu'ils ont sur ces sites. On a également la mise en place d'un nouvel atelier dédié à la montagne. L’objectif est vraiment de mettre autour de la table l'ensemble des gestionnaires des réserves naturelles de montagne pour qu'ils puissent partager leur expérience et essayer de travailler ensemble sur des thématiques qui sont vraiment spécifiques à ce type de milieu », précise-t-elle.
Un enjeu de protection
Au-delà du rendez-vous institutionnel, le congrès sera surtout l’occasion de réfléchir à un enjeu devenu central : la restauration des écosystèmes dégradés. Un sujet porté à l’échelle européenne et qui prévoit, d’ici 2030, « la restauration d'au moins 20 % de l'ensemble des écosystèmes qui sont actuellement dégradés ». « Il y a un intérêt à ce que les gestionnaires de ces réseaux travaillent sur des actions de restauration. » Et selon Gwenaëlle Baldovini, la restauration de ces milieux passe par plusieurs aspects. « Il y a tout d'abord la restauration la plus simple, c'est de laisser faire la nature puisque jusqu'à un certain niveau, la nature arrive à se restaurer, à se régénérer elle-même. On appelle ça de la restauration passive, et c’est simplement lui éviter une pression pour que la nature puisse reprendre ses droits. »
Mais d’autres solutions, « plus actives », existent également. « C'est remettre le milieu en état ou lui redonner un maximum de chance de pouvoir se remettre en état. Par exemple, on peut désimperméabiliser les sols lorsqu'ils sont trop tassés, qu'il y a eu trop de passage de véhicules, ou bien aider à repeupler un peuplement forestier, en remettant des essences locales… En fait, il y a autant de types de restauration qu'il y a de problématiques sur les secteurs. » Le but du congrès est donc d’échanger et de partager des conseils ou des retours d’expérience. « On n'a pas forcément les mêmes écosystèmes, mais l'idée, c'est de voir un petit peu ce qui a marché, ce qui n'a pas marché, surtout pour ne pas se relancer dans la même problématique. On voit avec des acteurs qui ont les mêmes problématiques que nous la façon dont ils ont fonctionné et la façon dont ils gèrent leur problème, et on échange autour de ça. C’est vraiment le but de l’événement », conclut la chef de service.


