À la Citadelle d’Ajaccio, Alfons Alt sublime la Corse dans l’exposition Altotipi Corsi

Rédigé le 15/05/2026
MP

Accueillie depuis la fin avril à la Poudrière, au cœur de la Citadelle d’Ajaccio, l’exposition Altotipi Corsi dévoile jusqu’au 31 août le regard singulier du photographe allemand Alfons Alt sur l’île. Entre photographie et peinture, l’artiste propose une vision sensible et presque onirique des paysages, de la faune et de la végétation corses grâce à sa technique pigmentaire unique.

À la Citadelle d’Ajaccio, Alfons Alt sublime la Corse dans l’exposition Altotipi Corsi

(Photos : Paule Santoni)

À la Citadelle d’Ajaccio, Alfons Alt dévoile une exposition des trésors de la Corse capturés dans des images à mi-chemin entre photographie et peinture. Depuis la fin du mois d’avril, la Poudrière accueille en effet l’exposition Altotipi Corsi de ce photographe allemand. Une immersion sensible et singulière dans son univers.
 
Invité en résidence d’artiste à l’automne 2025 dans le cadre d’un partenariat entre la Ville d’Ajaccio et le Centre méditerranéen de la photographie, conventionné avec la Collectivité de Corse, l’artiste bavarois a réalisé une commande photographique inédite consacrée à notre île. Vingt-sept ans après un premier voyage en Balagne, où il avait découvert l’île Rolleiflex à la main, Alfons Alt est revenu en Corse avec un regard nourri par le temps, l’expérience et une fascination intacte pour cette terre. « C’est un territoire incroyable, extrêmement riche », confie-t-il. « Au départ, je suis venu photographier le bestiaire corse, et cela a été la porte d’entrée sur plein de choses, puisque vous avez aussi une végétation luxuriante que j’aime tant ». Animaux, plantes, montagnes plongeant dans la mer, villages, matières, lumières… L’artiste dit retrouver en Corse « tous les sujets » qui nourrissent son travail. « Chaque photo, c’est un peu une totalisation. Je me renseigne sur le sujet, et une fois que je fais la photo, j’aime bien que les choses fassent sens aussi », raconte-t-il.
 

Mais ce qui frappe surtout dans cette exposition, c’est son procédé si particulier. Alfons Alt développe en effet depuis plusieurs années une technique pigmentaire appelée « Altotypie », inspirée de la résinotypie. Entre photographie et peinture, ce procédé lui permet de retravailler ses images avec des pigments colorés afin de leur donner une texture, une profondeur et une atmosphère presque oniriques. « La photo est trop précise pour moi, trop nette, trop froide », explique-t-il. « J’ai envie d’amener de la matière à la photographie. Là, on est dans une histoire de peinture. C’est un peu le sfumato, comme Léonard de Vinci ».
 
À travers ces œuvres aux contours parfois flous, aux teintes profondes et aux reliefs délicats, l’exposition propose une vision poétique de la Corse, entre réalité et rêve. Une série que l’artiste considère lui-même comme « à part » dans son parcours. « Travailler en Corse a été un véritable renouvellement », assure-t-il ainsi. « Et cette exposition va avoir des conséquences sur la suite de mon travail. Aujourd’hui, je vois les images dans leur totalité. Même l’accrochage est différent de ce que je fais d’habitude ».
 
Visible jusqu’au 31 août à la Poudrière de la Citadelle, Altotipi Corsi invite ainsi les visiteurs à redécouvrir l’île à travers un regard artistique sensible, où la photographie devient presque matière vivante.