À Marignana, Costa-Gavras, a donné le coup d’envoi du Festivale di sinemà en son honneur

Rédigé le 11/05/2026
Saveria Valle

Depuis vendredi et jusqu’au 31 octobre, le réalisateur est à l’honneur du Festivale di sinemà de l’associu Scopre

Chaque semaine, deux films du cinéaste seront diffusés dans la salle Maistrale de l’association. Un événement inédit en Corse que le réalisateur a inauguré en personne le 8 mai dans l’ambiance décontractée et festive propre à l’associu Scopre qui célébrait ce même jour son 38e anniversaire. Hanna. K, L’Aveu, Compartiments tueurs, État de siège diffusés durant ces trois jours d’ouverture en présence du réalisateur ont donné lieu à des échanges sans langue de bois entre le réalisateur et son public autour des thèmes variés abordés dans son œuvre, avec un message : « que le cinéma soit le point de départ de réflexion nouvelles »
 
- Les festivals dédiés à votre œuvre ne manquent pas. Qu’est-ce qui vous a décidé à accepter l’invitation de l’associu Scopre à donner le coup d’envoi de cet événement unique en Corse ?
- L’originalité du lieu m’a immédiatement séduit ! Je connais un peu la Corse mais je ne m’étais jamais rendu  dans cette partie de l’île. En préparant ma venue avec Paul Ceccaldi, le président de l’associu Scopre, j’ai découvert un lieu culturel remarquable : une petite association qui réussit depuis 38 ans en milieu rural, à proposer toute une palette de cultures, à satisfaire tous les publics et animer un territoire tout au long de l’année, situé à plus d’une heure de route d’Ajaccio… Cela m’a forcément intéressé.
 
- Durant ce week-end d’ouverture, que vous avez présidé, vous avez tenu à échanger avec le public à l’issue de chaque projection. Qu’avez-vous tiré de ces discussions ? 
- C’est toujours émouvant de revoir mes films dans une salle de cinéma, entouré de personnes venues pour les découvrir ou les redécouvrir, de ressentir tous ensemble les émotions portées par le jeu des acteurs, les sujets abordés … Mais ce qui m’intéresse dans ces échanges c’est ce que mes films suscitent auprès du public, la réception de chaque film est une expérience toujours enrichissante dont je ne me lasse pas.
 
- L’Udissea corsa di Costa-Gavras offre à tous la possibilité de redécouvrir votre œuvre. Avez-vous un message à faire passer aux jeunes générations qui découvriront votre très actuel cinéma ? 
- Plutôt qu’un message, un souhait : que le cinéma leur permette d’aborder le monde, le siècle qu’ils traversent, les événements qu’ils vivront, en acceptant un autre regard. Aujourd’hui, on n’apprend plus aux gens à réfléchir.  Pour moi, le cinéma doit refléter les sociétés et encourager la réflexion, la mémoire. Je suis atterré lorsque je vois des personnes oser aujourd’hui faire le salut nazi, relayer le racisme, l’intolérance et plébisciter les dirigeants politiques qui encouragent ces clivages, le protectionnisme. Le festival s’est ouvert sur Hanna.K et je m’en réjouis. Le conflit israélopalestinien est toujours d’actualité. Lorsqu’on a plusieurs enfants, on a souvent une tendresse particulière pour le plus fragile, celui qui réussit moins bien que les autres. Pour moi, Hanna.K a été cet enfant : à sa sortie, en 1983, le film est quasiment passé inaperçu, la critique n’a pas vraiment été élogieuse. Avec le recul, je pense que c’est peut-être en raison de l’angle choisi pour traiter le sujet. Aujourd’hui, je souhaite que le public redécouvre ce film et ceux présentés lors de ce festival afin qu’ils soient les points de départ d’une réflexion nouvelle.
 
 

L'Udissea corsa de Costa-Gavras continue : jusqu'au 31 octobre, 2 films du réalisateur seront diffusés chaque semaine dans la salle Maistrale de Marignana. 
Contact, infos et réservations en ligne www.associu-scopre.com ou au 04 95 21 19 70