Mercredi et jeudi, Portivechju a accueilli le troisième colloque scientifique des territoires intelligents et durables (TERINT). A travers son projet Lià, la troisième ville de Corse opère une réflexion profonde sur ses perspectives de gouvernance par la donnée numérique. Ce colloque, qui rassemble universitaires et chercheurs autour de l’intelligence artificielle et du développement durable, sera peut-être à la base des politiques publiques de demain.

Ces mercredi 6 et jeudi 7 mai, la Salle Rouge du centre culturel de Portivechju a accueilli le troisième colloque scientifique des territoires intelligents et durables.
Portivechju : 11 000 habitants l’hiver, beaucoup plus l’été. Cette forte saisonnalité, qui est la conséquence d’une attractivité touristique intense, oblige la commune à changer de paradigme dans sa gestion au quotidien, et c’est l’objectif même du projet Lià, qui prévoit notamment un pilotage du territoire par des tableaux de bord alimentés par des données en temps réel, un éclairage public intelligent, des capteurs environnementaux (qualité de l’air, bruit, température, trafic), une meilleure gestion des déchets, mais aussi des outils de mobilité et de stationnement.
Parallèlement à cette ambition, Portivechju veut continuer à nourrir la réflexion, d’où l’idée d’organiser chaque année un colloque scientifique en lien avec l’université de Corse. Il fut notamment question cette année de planification écologique, de gestion du risque incendie en forêt ou d’évaluation des effets du changement climatique sur les ressources en eau. « C’est la manière dont on habite les territoires qui pose problème aujourd’hui », estime Johnny Douvinet, professeur de géographie à l’université d’Avignon.
"Le changement climatique est un fait"
En France, selon le ministère de la Transition écologique, 18,5 millions d’habitants sont exposés à des risques d’inondation par submersion marine ou par débordement de cours d’eau, soit 26,7 % de la population. Et 6 870 communes ont été déclarées exposées aux feux de forêt. Des risques naturels qui ne vont pas s’arrêter du jour au lendemain, au contraire, rappelle Pauline Vilain-Carlotti, docteur en géographie qui a réalisé une thèse sur les feux de forêts : « Ces épisodes deviennent de plus en plus simultanés et conséquents par rapport à il y a quinze ou vingt ans. Le changement climatique est un fait, il va falloir composer avec. Et ces événéments extrêmes auront tendance à se multiplier à l’avenir. »
Et pour mieux s’y préparer, il convient d’agir sur l’entretien et la planification de nos territoires : « Aujourd’hui, trois quarts des crédits publics sont fléchés sur la lutte contre les risques naturels et un quart seulement sur la prévention », pointe Jordan Szcrupak, paysagiste concepteur et enseignant vacataire à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Marseille. Selon lui, un rééquilibrage est nécessaire, en lien avec une réflexion plus collective : « Par exemple, l’obligation légale de débroussaillement, c’est quelque chose qui est individuel aujourd’hui. On pourrait la repenser à l’échelle d’un quartier ou d’un territoire. » Intégrer le feu dans la planification territoriale (PLU, SCOT, PADDUC…) permettrait aussi, selon ces universitaires, « de construire un territoire résilient ». Si Pauline Vilain-Carlotti a un conseil à donner aux décideurs en Corse, ce serait de « se saisir du plan national d’adaptation au changement climatique pour l’adapter régionalement ». « Il y a nécessité aujourd’hui de s’appuyer sur des données robustes, actualisées, qui permettront aux acteurs de s’emparer des différentes problématiques, aussi bien pour les enjeux hydrauliques que forestiers, appuie Jordan Szcrupak. C’est ce chaînon-là qui manque aujourd’hui. » La gouvernance par la donnée, précisément le coeur du projet Lià.
Parallèlement à cette ambition, Portivechju veut continuer à nourrir la réflexion, d’où l’idée d’organiser chaque année un colloque scientifique en lien avec l’université de Corse. Il fut notamment question cette année de planification écologique, de gestion du risque incendie en forêt ou d’évaluation des effets du changement climatique sur les ressources en eau. « C’est la manière dont on habite les territoires qui pose problème aujourd’hui », estime Johnny Douvinet, professeur de géographie à l’université d’Avignon.
"Le changement climatique est un fait"
En France, selon le ministère de la Transition écologique, 18,5 millions d’habitants sont exposés à des risques d’inondation par submersion marine ou par débordement de cours d’eau, soit 26,7 % de la population. Et 6 870 communes ont été déclarées exposées aux feux de forêt. Des risques naturels qui ne vont pas s’arrêter du jour au lendemain, au contraire, rappelle Pauline Vilain-Carlotti, docteur en géographie qui a réalisé une thèse sur les feux de forêts : « Ces épisodes deviennent de plus en plus simultanés et conséquents par rapport à il y a quinze ou vingt ans. Le changement climatique est un fait, il va falloir composer avec. Et ces événéments extrêmes auront tendance à se multiplier à l’avenir. »
Et pour mieux s’y préparer, il convient d’agir sur l’entretien et la planification de nos territoires : « Aujourd’hui, trois quarts des crédits publics sont fléchés sur la lutte contre les risques naturels et un quart seulement sur la prévention », pointe Jordan Szcrupak, paysagiste concepteur et enseignant vacataire à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Marseille. Selon lui, un rééquilibrage est nécessaire, en lien avec une réflexion plus collective : « Par exemple, l’obligation légale de débroussaillement, c’est quelque chose qui est individuel aujourd’hui. On pourrait la repenser à l’échelle d’un quartier ou d’un territoire. » Intégrer le feu dans la planification territoriale (PLU, SCOT, PADDUC…) permettrait aussi, selon ces universitaires, « de construire un territoire résilient ». Si Pauline Vilain-Carlotti a un conseil à donner aux décideurs en Corse, ce serait de « se saisir du plan national d’adaptation au changement climatique pour l’adapter régionalement ». « Il y a nécessité aujourd’hui de s’appuyer sur des données robustes, actualisées, qui permettront aux acteurs de s’emparer des différentes problématiques, aussi bien pour les enjeux hydrauliques que forestiers, appuie Jordan Szcrupak. C’est ce chaînon-là qui manque aujourd’hui. » La gouvernance par la donnée, précisément le coeur du projet Lià.

