À Ajaccio, le 1er mai défendu comme un symbole social et démocratique

Rédigé le 01/05/2026
Jeanne Soury

À Ajaccio, environ 150 personnes se sont rassemblées ce matin devant la préfecture pour un 1er mai placé sous le signe de la vigilance et de la mobilisation

Aux côtés des syndicats, plusieurs organisations et formations politiques, de la CGT à l’UNSA en passant par la Ligue des droits de l’Homme, le PCF ou encore des représentants de la gauche, ont dénoncé une remise en cause grandissante de cette journée emblématique.
Dans les prises de parole, un constat revient : le 1er mai dépasse largement le simple cadre symbolique. « C’est un acquis social obtenu par la lutte des travailleurs. Ce n’est ni une fête, ni une commémoration, c’est la seule journée qui appartient au monde ouvrier », rappelle Patrice Bossart, secrétaire de la CGT de Corse-du-Sud, qui y voit un moment clé pour porter les revendications sur les salaires et le progrès social.

Au cœur des inquiétudes, la crainte d’une banalisation progressive de cette date. « Il y a une volonté de transformer ce jour des travailleurs en jour du travail », alerte Marc-Antoine Leroy, secrétaire de la section ajaccienne du PCF, dénonçant un « volontariat » qu’il juge illusoire. « On l’a vu avec l’ouverture des dimanches et jours fériés : ce qui était présenté comme volontaire devient vite la norme », prévient-il, refusant que le 1er mai suive la même trajectoire. Dans un contexte d’inflation persistante, il insiste aussi sur l’urgence sociale : « Trop de travailleurs usent leur santé sans parvenir à vivre dignement de leur salaire. »

Pour la Ligue des droits de l’Homme, l’enjeu est également démocratique. « Les droits sociaux font partie des droits humains, et leur remise en cause fragilise notre démocratie », souligne l’organisation, pointant des politiques qui « s’en prennent aux plus pauvres », notamment autour du RSA ou de la fraude sociale. Dans ce contexte, tous s’accordent sur la nécessité de maintenir une mobilisation forte. « Le 1er mai est un rendez-vous essentiel pour faire vivre les solidarités syndicales et associatives », rappelle la Ligue, alors que plane déjà la perspective de nouvelles tentatives de remise en cause dans les années à venir.