Présenté à la Collectivité de Corse lors d’une conférence de presse ce lundi après-midi, le manuscrit original de la Giustificazione della rivoluzione di Corsica s’apprête à entrer dans le patrimoine public. Derrière ce symbole historique majeur, défendu par l’exécutif, le débat sur son acquisition à 180 000 euros a ravivé de fortes oppositions politiques, entre devoir de mémoire et urgences sociales.
C’est dans les salons de la Collectivité de Corse, lors d’une conférence de presse organisée ce jour, que le manuscrit original de la seconde partie de la Giustificazione della rivoluzione di Corsica a été dévoilé.
Rédigé en 1758 par Don Gregorio Salvini, ce document rare, considéré comme un texte fondateur de la nation corse, était exceptionnellement présenté avant son acquisition officielle par la collectivité. Face aux élus et à la presse, la présidente de l’Assemblée de Corse, Marie-Antoinette Maupertuis, a insisté sur la portée historique du texte, « véritable manifeste […] contre l’oppresseur génois », dont l’influence dépasse largement son époque.
Pour elle, l’enjeu est clair : « L’acquisition de cette œuvre est donc plus qu’un acte de sauvegarde, c’est un acte politique fort. »
Un passage de témoin entre mémoire familiale et patrimoine collectif
Moment fort de cette présentation, l’intervention de la propriétaire du manuscrit, Mme Bacchini née Salvini, descendante directe de l’auteur, qui a expliqué sa démarche : « Ce document était dans notre famille depuis 250 ans. »
Consciente de la valeur historique du texte et de la question de sa transmission, elle a choisi de se tourner vers la Collectivité : « Je suis heureuse que ce document puisse rester à la disposition de d’autres Corses. »
Le président du Conseil exécutif, Gilles Simeoni, a salué cette décision, évoquant « un moment de grâce, un moment suspendu rempli d’histoire », et remerciant l’Assemblée pour avoir permis l’intégration de ce « bien d’une valeur inestimable » dans le patrimoine insulaire.
Rédigé en 1758 par Don Gregorio Salvini, ce document rare, considéré comme un texte fondateur de la nation corse, était exceptionnellement présenté avant son acquisition officielle par la collectivité. Face aux élus et à la presse, la présidente de l’Assemblée de Corse, Marie-Antoinette Maupertuis, a insisté sur la portée historique du texte, « véritable manifeste […] contre l’oppresseur génois », dont l’influence dépasse largement son époque.
Pour elle, l’enjeu est clair : « L’acquisition de cette œuvre est donc plus qu’un acte de sauvegarde, c’est un acte politique fort. »
Un passage de témoin entre mémoire familiale et patrimoine collectif
Moment fort de cette présentation, l’intervention de la propriétaire du manuscrit, Mme Bacchini née Salvini, descendante directe de l’auteur, qui a expliqué sa démarche : « Ce document était dans notre famille depuis 250 ans. »
Consciente de la valeur historique du texte et de la question de sa transmission, elle a choisi de se tourner vers la Collectivité : « Je suis heureuse que ce document puisse rester à la disposition de d’autres Corses. »
Le président du Conseil exécutif, Gilles Simeoni, a salué cette décision, évoquant « un moment de grâce, un moment suspendu rempli d’histoire », et remerciant l’Assemblée pour avoir permis l’intégration de ce « bien d’une valeur inestimable » dans le patrimoine insulaire.
Un vote sous tension : la droite dénonce une priorité contestable
Mais derrière l’unité apparente autour de la valeur historique du document, le débat politique s’est rapidement crispé lors de l’examen du rapport d’acquisition dans l'hémicycle.
À droite, les critiques ont été vives. Jean-Martin Mondoloni a reconnu sans ambiguïté la valeur de l’œuvre, tout en contestant son opportunité : « Il s’agit d’une œuvre majeure […] mais nous n’avons pas les moyens de l’acheter ». Refusant toute remise en cause du caractère historique du texte, il a interrogé : « Est-ce que ne pas avoir les moyens enlève au caractère historique ? »
Le président d'Un Soffiu Novu a surtout insisté sur le contexte économique : « Il y a […] des gens qui souffrent […] est-ce que vous pouvez souffrir de cette nuance sans considérer qu’il s’agisse de populisme ? » Son groupe a finalement annoncé voter contre, plaidant pour des solutions alternatives comme le mécénat.
Même tonalité chez Chantal Pedinielli, qui a dénoncé une « forme d’appropriation politique assez ostentatoire ». Si elle reconnaît la valeur historique du document, elle questionne frontalement les priorités : « Est-ce vraiment la priorité de la Corse aujourd’hui ? »
Face à la crise sociale et économique, elle alerte : « Comment expliquer aux Corses […] que l’une des priorités […] est l’achat d’un manuscrit ancien, à portée symbolique ? » Pour elle, « cet achat n’est ni prioritaire, ni opportun », évoquant les « 180 000 euros qui pourraient être utilement utilisés pour soutenir nos concitoyens ».
Mais derrière l’unité apparente autour de la valeur historique du document, le débat politique s’est rapidement crispé lors de l’examen du rapport d’acquisition dans l'hémicycle.
À droite, les critiques ont été vives. Jean-Martin Mondoloni a reconnu sans ambiguïté la valeur de l’œuvre, tout en contestant son opportunité : « Il s’agit d’une œuvre majeure […] mais nous n’avons pas les moyens de l’acheter ». Refusant toute remise en cause du caractère historique du texte, il a interrogé : « Est-ce que ne pas avoir les moyens enlève au caractère historique ? »
Le président d'Un Soffiu Novu a surtout insisté sur le contexte économique : « Il y a […] des gens qui souffrent […] est-ce que vous pouvez souffrir de cette nuance sans considérer qu’il s’agisse de populisme ? » Son groupe a finalement annoncé voter contre, plaidant pour des solutions alternatives comme le mécénat.
Même tonalité chez Chantal Pedinielli, qui a dénoncé une « forme d’appropriation politique assez ostentatoire ». Si elle reconnaît la valeur historique du document, elle questionne frontalement les priorités : « Est-ce vraiment la priorité de la Corse aujourd’hui ? »
Face à la crise sociale et économique, elle alerte : « Comment expliquer aux Corses […] que l’une des priorités […] est l’achat d’un manuscrit ancien, à portée symbolique ? » Pour elle, « cet achat n’est ni prioritaire, ni opportun », évoquant les « 180 000 euros qui pourraient être utilement utilisés pour soutenir nos concitoyens ».
Simeoni contre-attaque : « un argument misérable »
Face à ces critiques, Gilles Simeoni a répondu avec fermeté, assumant pleinement la dimension politique du projet, « au sens noble du terme ».
S’appuyant sur l’expertise ayant fixé la valeur du manuscrit à 180 000 euros, il a défendu une vision patrimoniale ambitieuse : « Comment toutes les régions se battent pour préserver leur patrimoine, et vous, vous refusez ? » Le ton s’est durci lorsqu’il a critiqué l’argumentaire de l’opposition : « C’est un argument misérable : dire que l’on ne peut pas payer une œuvre parce qu’il y a des gens qui ne peuvent pas payer l’essence relève du populisme, de rien d’autre. Ce n’est pas entendable. »
Dans une comparaison marquante, il a poursuivi : « À ce prix-là, fermons les musées, vendons les tableaux, vendons les églises. » Pour lui, l’acquisition s’inscrit dans une logique de long terme : « Nous le faisons par rapport à l’histoire, par rapport à l’avenir et surtout pour les générations à venir. »
Face à ces critiques, Gilles Simeoni a répondu avec fermeté, assumant pleinement la dimension politique du projet, « au sens noble du terme ».
S’appuyant sur l’expertise ayant fixé la valeur du manuscrit à 180 000 euros, il a défendu une vision patrimoniale ambitieuse : « Comment toutes les régions se battent pour préserver leur patrimoine, et vous, vous refusez ? » Le ton s’est durci lorsqu’il a critiqué l’argumentaire de l’opposition : « C’est un argument misérable : dire que l’on ne peut pas payer une œuvre parce qu’il y a des gens qui ne peuvent pas payer l’essence relève du populisme, de rien d’autre. Ce n’est pas entendable. »
Dans une comparaison marquante, il a poursuivi : « À ce prix-là, fermons les musées, vendons les tableaux, vendons les églises. » Pour lui, l’acquisition s’inscrit dans une logique de long terme : « Nous le faisons par rapport à l’histoire, par rapport à l’avenir et surtout pour les générations à venir. »




