Le Partitu di a Nazione Corsa (PNC) s'est réuni en Cunsigliu ce dimanche à Corte afin de tirer le bilan des élections municipales et de tracer un cap pour la suite. Le secrétaire national du parti, Pascal Zagnoli, revient pour CNI sur une séquence qu’il juge positive, marquée par un ancrage territorial renforcé, et détaille les priorités du mouvement ainsi que sa ligne pour les prochaines échéances.
Dimanche, réuni en Cunsigliu à Corte, le PNC a dressé un bilan des municipales que vous qualifiez de satisfaisant. Qu’est-ce qui vous permet aujourd’hui de parler d’un ancrage renforcé du PNC sur le territoire ?
Tout d'abord, nous avons su conserver notre ancrage sur les territoires où nous étions déjà en responsabilité. Par ailleurs, nous avons été en capacité de présenter ou de soutenir des démarches et des coalitions dans à peu près tous les territoires de l'île, et de réaliser des scores plus qu'honorables, y compris à Ajaccio où j'étais moi-même candidat. Donc nous sortons renforcés de la séquence, y compris d’un point de vue de l'arithmétique électorale, dans la mesure où on a plusieurs dizaines de conseillers municipaux, d'adjoints au maire, de maires, et désormais de délégués dans les différentes intercommunalités ou agglomérations de l'île.
Justement, vous mettez en avant une présence dans toutes les micro-régions après ces élections. Est-ce que c’était un objectif prioritaire pour le parti lors de ce scrutin ?
Pas forcément. Ce qui reste fondamental dans notre façon d'aborder la politique est de travailler au fond et de résoudre les problèmes des gens. Pour autant, un parti politique a aussi besoin de se mesurer, et c'est aussi à cela que servent les élections. Donc, je dirais qu'il y a une forme de satisfaction dans la mesure où nous avons été en capacité, seul ou avec des alliés, de présenter des démarches dans de très nombreuses communes. Nous avons été en capacité de discuter avec beaucoup de monde et d'avoir un véritable maillage territorial au sortir de ces élections municipales, ce qui est quand même assez porteur d'espoir en vue de la suite.
Vous le disiez, une trentaine d'élus municipaux se revendiquent désormais du PNC ou d’Avanzemu. Est-ce que cela change concrètement votre poids politique aujourd'hui ?
Je ne sais pas si ça change fondamentalement le poids politique que l'on avait déjà avant l'élection. Néanmoins, nous avons bien vu, y compris vis-à-vis de certaines manœuvres ou stratégies qui visaient à nous isoler voire à nous marginaliser, qu'elles sont restées vaines et que là où nous étions en responsabilité, nous le sommes toujours. Là où nous n'avons pas pu gagner, nous avons bien souvent été en capacité d'intégrer des conseils municipaux. Je pense notamment à la ville de Bastia où, pour la première fois, il y a désormais deux élus PNC qui siègent au sein du conseil municipal. Et là où nous ne siégeons pas, nous avons été en capacité d'organiser des démarches locales qui vont perdurer pour la suite et qui viennent renforcer notre ancrage en vue des prochaines échéances électorales. Je pense notamment à Ajaccio où nous avons obtenu un nombre de voix que nous n'avions jamais réalisées sur la ville.
Lors de cette campagne municipale, certaines critiques ont toutefois émergé sur des alliances forgées par le PNC, notamment à Bastia. Que répondez-vous à ces critiques ?
Nous n’avons pas forcément vocation à y répondre dans la mesure où si certains considèrent que ce sont des alliances contre nature, je pense que nous n’en avons pas le monopole puisque j'ai vu des compositions de listes pas très homogènes dans beaucoup d'autres communes, y compris où nous n'y étions pas. Visiblement ceux qui nous critiquent à Bastia avaient moins de mal à réaliser certaines alliances dans d’autres régions de l’île, y compris dans le sud. En ce qui nous concerne du côté du PNC, nous avons tenu un discours clair, pragmatique, que nous avons voulu délocaliser à l'endroit de tous les territoires. Ensuite nos militants se sont impliqués de façon assez autonome, y compris sur Bastia, avec un score qui est plus qu'honorable, et avec désormais une présence au sein de l'instance municipale de Bastia, ce qui est pour nous une forme de satisfaction.
À l'issue de ces élections, vous faites aussi le constat d'un nationalisme corse moins uniforme.Comment analysez-vous cette évolution ?
Oui, je pense, n'en déplaise à certains, que le nationalisme évolue aussi avec son temps et avec la société au sein de laquelle on vit. C’est pour que nous répondons aux critiques de façon très calme et posée, dans la mesure de la démonstration électorale que nous avons fait à l'échelle du territoire. Que ce soit là où on a gagné, mais aussi là où on a perdu, on s'est aperçu qu'il y a un écho, et que nous répondons à une demande de certains nationalistes et de Corses qui nous attendaient depuis quelque temps sur des sujets qu'on n'avait pas toujours évoqués, notamment liés à l'économie, à l'immigration, à la sécurité, aux questions d'identité, aux questions un petit peu plus sociétales aussi, sur lesquelles nous avons posé des constats, voire même parfois des débuts de solutions. C'est ce qui me fait dire que non, la famille nationaliste en 2026 n’est plus uniforme. Il y a différents courants, et la démocratie et les élections permettent de les exprimer, et surtout laissent la possibilité aux Corses de trancher.
Pour votre part, vous défendez une ligne que vous qualifiez de pragmatique et tournée vers le quotidien. Quelles sont vos priorités concrètes pour l'avenir ?
Aujourd'hui, la priorité au-delà du seul débat municipal, ce serait surtout de sortir la Corse de la situation dans laquelle elle se trouve, c'est-à-dire à l'arrêt. Il n'y a plus aucun grand chantier public, on a un secteur du bâtiment qui est en crise, on a des Corses qui n'arrivent plus à se loger, et on a un processus d'autonomie dont on a du mal à percevoir des perspectives positives. De plus, certains pensent même à reporter l'étude du texte après les élections sénatoriales, donc après le mois de septembre, ce qui reviendrait tout simplement à enterrer le processus d’autonomie puisqu’à ce moment-là, on va rentrer dans la séquence de pré-campagne pour les présidentielles. C’est tout simplement inacceptable pour nous. Donc aujourd'hui, nous avons deux grandes priorités : la première, c'est de se recentrer sur le quotidien des Corses, sur tout ce qui touche au social, à l'économie et à la précarité, en décuplant nos efforts et en essayant d'apporter des réponses partout où nous sommes en responsabilité. La deuxième, c'est d'avoir une ligne politique et un discours politique très ferme à l'endroit de Paris où de ceux qui, en Corse, tenteraient de ralentir l’examen du texte, en disant qu’il doit passer au Parlement avant l'été.
Lors des prochaines échéances politiques, quelle sera la ligne du PNC ? Poursuivrez-vous cette logique d'alliances locales au service de l'amélioration du quotidien des Corses, ou est-ce que vous affirmerez davantage votre autonomie ?
C'était l'un des débats stratégiques et internes de ce dimanche. Aujourd’hui, nous allons tout simplement nous remettre au travail sur le terrain, en nous servant principalement de tous ces élus, de tous ces militants qui nous ont rejoints dans le cadre des élections municipales. L'objectif désormais pour le PNC, ce n'est pas forcément de savoir avec qui on doit faire des alliances, mais véritablement d'être en mode projet pour répondre aux attentes des Corses. Il y a encore un grand intérêt pour la chose publique chez nous, pour les logiques programmatiques, donc on va continuer de travailler au fond pour résoudre les problèmes du quotidien des Corses. L'une des priorités va véritablement être de parler du quotidien, mais surtout d'amener des réponses concrètes et pragmatiques à mettre en œuvre, et si discussion il doit y avoir avec les uns ou les autres en vue de prochaines échéances, elles seront sur la base d'un projet et d'un programme.
Tout d'abord, nous avons su conserver notre ancrage sur les territoires où nous étions déjà en responsabilité. Par ailleurs, nous avons été en capacité de présenter ou de soutenir des démarches et des coalitions dans à peu près tous les territoires de l'île, et de réaliser des scores plus qu'honorables, y compris à Ajaccio où j'étais moi-même candidat. Donc nous sortons renforcés de la séquence, y compris d’un point de vue de l'arithmétique électorale, dans la mesure où on a plusieurs dizaines de conseillers municipaux, d'adjoints au maire, de maires, et désormais de délégués dans les différentes intercommunalités ou agglomérations de l'île.
Justement, vous mettez en avant une présence dans toutes les micro-régions après ces élections. Est-ce que c’était un objectif prioritaire pour le parti lors de ce scrutin ?
Pas forcément. Ce qui reste fondamental dans notre façon d'aborder la politique est de travailler au fond et de résoudre les problèmes des gens. Pour autant, un parti politique a aussi besoin de se mesurer, et c'est aussi à cela que servent les élections. Donc, je dirais qu'il y a une forme de satisfaction dans la mesure où nous avons été en capacité, seul ou avec des alliés, de présenter des démarches dans de très nombreuses communes. Nous avons été en capacité de discuter avec beaucoup de monde et d'avoir un véritable maillage territorial au sortir de ces élections municipales, ce qui est quand même assez porteur d'espoir en vue de la suite.
Vous le disiez, une trentaine d'élus municipaux se revendiquent désormais du PNC ou d’Avanzemu. Est-ce que cela change concrètement votre poids politique aujourd'hui ?
Je ne sais pas si ça change fondamentalement le poids politique que l'on avait déjà avant l'élection. Néanmoins, nous avons bien vu, y compris vis-à-vis de certaines manœuvres ou stratégies qui visaient à nous isoler voire à nous marginaliser, qu'elles sont restées vaines et que là où nous étions en responsabilité, nous le sommes toujours. Là où nous n'avons pas pu gagner, nous avons bien souvent été en capacité d'intégrer des conseils municipaux. Je pense notamment à la ville de Bastia où, pour la première fois, il y a désormais deux élus PNC qui siègent au sein du conseil municipal. Et là où nous ne siégeons pas, nous avons été en capacité d'organiser des démarches locales qui vont perdurer pour la suite et qui viennent renforcer notre ancrage en vue des prochaines échéances électorales. Je pense notamment à Ajaccio où nous avons obtenu un nombre de voix que nous n'avions jamais réalisées sur la ville.
Lors de cette campagne municipale, certaines critiques ont toutefois émergé sur des alliances forgées par le PNC, notamment à Bastia. Que répondez-vous à ces critiques ?
Nous n’avons pas forcément vocation à y répondre dans la mesure où si certains considèrent que ce sont des alliances contre nature, je pense que nous n’en avons pas le monopole puisque j'ai vu des compositions de listes pas très homogènes dans beaucoup d'autres communes, y compris où nous n'y étions pas. Visiblement ceux qui nous critiquent à Bastia avaient moins de mal à réaliser certaines alliances dans d’autres régions de l’île, y compris dans le sud. En ce qui nous concerne du côté du PNC, nous avons tenu un discours clair, pragmatique, que nous avons voulu délocaliser à l'endroit de tous les territoires. Ensuite nos militants se sont impliqués de façon assez autonome, y compris sur Bastia, avec un score qui est plus qu'honorable, et avec désormais une présence au sein de l'instance municipale de Bastia, ce qui est pour nous une forme de satisfaction.
À l'issue de ces élections, vous faites aussi le constat d'un nationalisme corse moins uniforme.Comment analysez-vous cette évolution ?
Oui, je pense, n'en déplaise à certains, que le nationalisme évolue aussi avec son temps et avec la société au sein de laquelle on vit. C’est pour que nous répondons aux critiques de façon très calme et posée, dans la mesure de la démonstration électorale que nous avons fait à l'échelle du territoire. Que ce soit là où on a gagné, mais aussi là où on a perdu, on s'est aperçu qu'il y a un écho, et que nous répondons à une demande de certains nationalistes et de Corses qui nous attendaient depuis quelque temps sur des sujets qu'on n'avait pas toujours évoqués, notamment liés à l'économie, à l'immigration, à la sécurité, aux questions d'identité, aux questions un petit peu plus sociétales aussi, sur lesquelles nous avons posé des constats, voire même parfois des débuts de solutions. C'est ce qui me fait dire que non, la famille nationaliste en 2026 n’est plus uniforme. Il y a différents courants, et la démocratie et les élections permettent de les exprimer, et surtout laissent la possibilité aux Corses de trancher.
Pour votre part, vous défendez une ligne que vous qualifiez de pragmatique et tournée vers le quotidien. Quelles sont vos priorités concrètes pour l'avenir ?
Aujourd'hui, la priorité au-delà du seul débat municipal, ce serait surtout de sortir la Corse de la situation dans laquelle elle se trouve, c'est-à-dire à l'arrêt. Il n'y a plus aucun grand chantier public, on a un secteur du bâtiment qui est en crise, on a des Corses qui n'arrivent plus à se loger, et on a un processus d'autonomie dont on a du mal à percevoir des perspectives positives. De plus, certains pensent même à reporter l'étude du texte après les élections sénatoriales, donc après le mois de septembre, ce qui reviendrait tout simplement à enterrer le processus d’autonomie puisqu’à ce moment-là, on va rentrer dans la séquence de pré-campagne pour les présidentielles. C’est tout simplement inacceptable pour nous. Donc aujourd'hui, nous avons deux grandes priorités : la première, c'est de se recentrer sur le quotidien des Corses, sur tout ce qui touche au social, à l'économie et à la précarité, en décuplant nos efforts et en essayant d'apporter des réponses partout où nous sommes en responsabilité. La deuxième, c'est d'avoir une ligne politique et un discours politique très ferme à l'endroit de Paris où de ceux qui, en Corse, tenteraient de ralentir l’examen du texte, en disant qu’il doit passer au Parlement avant l'été.
Lors des prochaines échéances politiques, quelle sera la ligne du PNC ? Poursuivrez-vous cette logique d'alliances locales au service de l'amélioration du quotidien des Corses, ou est-ce que vous affirmerez davantage votre autonomie ?
C'était l'un des débats stratégiques et internes de ce dimanche. Aujourd’hui, nous allons tout simplement nous remettre au travail sur le terrain, en nous servant principalement de tous ces élus, de tous ces militants qui nous ont rejoints dans le cadre des élections municipales. L'objectif désormais pour le PNC, ce n'est pas forcément de savoir avec qui on doit faire des alliances, mais véritablement d'être en mode projet pour répondre aux attentes des Corses. Il y a encore un grand intérêt pour la chose publique chez nous, pour les logiques programmatiques, donc on va continuer de travailler au fond pour résoudre les problèmes du quotidien des Corses. L'une des priorités va véritablement être de parler du quotidien, mais surtout d'amener des réponses concrètes et pragmatiques à mettre en œuvre, et si discussion il doit y avoir avec les uns ou les autres en vue de prochaines échéances, elles seront sur la base d'un projet et d'un programme.



