Deux hommes accusés d'être les incendiaires d'entreprises de proches de Gilles Simeoni, ont martelé leur innocence mardi devant le tribunal d'Ajaccio.
Dans la nuit du 4 au 5 décembre 2022, deux bars-restaurants à Corte, le Bama et le 24, avaient été incendiés. Le premier était cogéré par le fils du président du conseil exécutif de l'île, Gilles Simeoni, élu en mars maire de Bastia. Peu après, un véhicule blanc volé quelques jours plus tôt, avec deux hommes à bord, quittait les lieux et était vu sur des images de vidéosurveillance, vers 04H20, à la concession Mercedes d'Ajaccio, où huit véhicules étaient détruits dans un incendie criminel.
Kevin Ornec, 39 ans, et Mourad Amar, 30 ans, sont accusés de "destructions en bande organisée", "transport de produits incendiaires", "recel de bien provenant d'un vol" et "dégradation du bien d'autrui".
" Cela fait maintenant trois ans que je suis en prison et (...) que je dis que je suis innocent", se défend Kevin Ornec. Interrogé sur la cagoule saisie lors des perquisitions, c'est pour "la chasse", assure celui qui a une dizaine de mentions à son casier judiciaire. Avant d'ajouter : "une cagoule, qui en Corse n'en a pas ?"
Sur la présence d'un gilet par balles et d'un "holster d'épaule", qui permet de transporter un pistolet sous le bras, il rétorque avoir "acheté toute la panoplie pour faire une soirée Peaky Blinders", série sur un gang criminel familial de l'Angleterre du début du XXe siècle.
- Bananes flambées –
La concession automobile appartient à Jean-André Miniconi, qui était l'ex-tête d'une liste soutenue par Gilles Simeoni aux municipales de 2020 à Ajaccio. "Je n'ai rien contre M. Miniconi. Je suis un gitan, je ne fais pas partie de la politique et je n'ai jamais mis les pieds de ma vie à Corte", égrène Kevin Ornec.
"Je pense que c'est quand même lié à ma décision de me présenter aux élections", estime à la barre M. Miniconi mais "Gilles Simeoni", un "ami de famille", "pour le coup, je ne comprends pas".
Il mentionne un dossier "de spéculation immobilière" à Ajaccio, celui des "villas Amhan" auquel il s'est opposé : "peut-être qu'on veut me faire taire", avance-t-il, assurant : "ce qui m'intéresse, ce sont les commanditaires pour qu'une fois pour toutes ça s'arrête".
Selon l'accusation, les caméras de vidéosurveillance montrent que l'un des deux incendiaires a essuyé "un retour de flammes", occasionnant "des brûlures au cou et au visage".
Interrogé sur sa "brûlure au front" à la même période, Kevin Ornec campe sur ses déclarations de garde à vue : "je me suis brûlé avec des bananes flambées et ça, vous ne voulez pas l'accepter depuis le début".
Sur son téléphone inactif la nuit des faits, il assure qu'il "dormait" tout comme Mourad Amar, dont le casier judiciaire est vierge mais qui est poursuivi dans plusieurs affaires.
Questionné sur une écoute où il aurait évoqué avec son père l'incendie de son propre snack en février 2023, en disant "ça vient de Corte", il assure n'avoir jamais dit ça : "je lui ai dit, ça brûle à Ajaccio, à Corte, à Propriano et à Sartène, je ne sais pas ce qui se passe".
Sur une autre écoute, il dit à la propriétaire du local de son snack incendié : "ça arrive à Simeoni, ça peut arriver à Amar". "J'ai pris cet exemple pour la rassurer", explique-t-il.
"Est-ce qu'il y a un seul élément dans ce dossier qui prouve que vous étiez à Corte ? A Ajaccio ?", demande son avocat Me Jérôme Susini à qui il répond par la négative.
Les réquisitions sont attendues mercredi avant les plaidoiries de la défense et la mise en délibéré.
Kevin Ornec, 39 ans, et Mourad Amar, 30 ans, sont accusés de "destructions en bande organisée", "transport de produits incendiaires", "recel de bien provenant d'un vol" et "dégradation du bien d'autrui".
" Cela fait maintenant trois ans que je suis en prison et (...) que je dis que je suis innocent", se défend Kevin Ornec. Interrogé sur la cagoule saisie lors des perquisitions, c'est pour "la chasse", assure celui qui a une dizaine de mentions à son casier judiciaire. Avant d'ajouter : "une cagoule, qui en Corse n'en a pas ?"
Sur la présence d'un gilet par balles et d'un "holster d'épaule", qui permet de transporter un pistolet sous le bras, il rétorque avoir "acheté toute la panoplie pour faire une soirée Peaky Blinders", série sur un gang criminel familial de l'Angleterre du début du XXe siècle.
- Bananes flambées –
La concession automobile appartient à Jean-André Miniconi, qui était l'ex-tête d'une liste soutenue par Gilles Simeoni aux municipales de 2020 à Ajaccio. "Je n'ai rien contre M. Miniconi. Je suis un gitan, je ne fais pas partie de la politique et je n'ai jamais mis les pieds de ma vie à Corte", égrène Kevin Ornec.
"Je pense que c'est quand même lié à ma décision de me présenter aux élections", estime à la barre M. Miniconi mais "Gilles Simeoni", un "ami de famille", "pour le coup, je ne comprends pas".
Il mentionne un dossier "de spéculation immobilière" à Ajaccio, celui des "villas Amhan" auquel il s'est opposé : "peut-être qu'on veut me faire taire", avance-t-il, assurant : "ce qui m'intéresse, ce sont les commanditaires pour qu'une fois pour toutes ça s'arrête".
Selon l'accusation, les caméras de vidéosurveillance montrent que l'un des deux incendiaires a essuyé "un retour de flammes", occasionnant "des brûlures au cou et au visage".
Interrogé sur sa "brûlure au front" à la même période, Kevin Ornec campe sur ses déclarations de garde à vue : "je me suis brûlé avec des bananes flambées et ça, vous ne voulez pas l'accepter depuis le début".
Sur son téléphone inactif la nuit des faits, il assure qu'il "dormait" tout comme Mourad Amar, dont le casier judiciaire est vierge mais qui est poursuivi dans plusieurs affaires.
Questionné sur une écoute où il aurait évoqué avec son père l'incendie de son propre snack en février 2023, en disant "ça vient de Corte", il assure n'avoir jamais dit ça : "je lui ai dit, ça brûle à Ajaccio, à Corte, à Propriano et à Sartène, je ne sais pas ce qui se passe".
Sur une autre écoute, il dit à la propriétaire du local de son snack incendié : "ça arrive à Simeoni, ça peut arriver à Amar". "J'ai pris cet exemple pour la rassurer", explique-t-il.
"Est-ce qu'il y a un seul élément dans ce dossier qui prouve que vous étiez à Corte ? A Ajaccio ?", demande son avocat Me Jérôme Susini à qui il répond par la négative.
Les réquisitions sont attendues mercredi avant les plaidoiries de la défense et la mise en délibéré.


