Enquête ouverte après des accusations de corruption sexuelle contre Jean-Félix Acquaviva

Rédigé le 03/04/2026
AFP

Une enquête pour "corruption passive, trafic d'influence et prise illégale d'intérêt" a été ouverte vendredi suite à des accusations publiques de corruption sexuelle formulées jeudi contre l'ex-député Jean-Felix Acquaviva lors d'une émission de la radio ICI-RCFM, a indiqué à l'AFP le procureur de Bastia.

Jeudi, une femme est intervenue en direct dans l'émission le Forum sur ICI-RCFM, accusant M. Acquaviva, ancien député de Haute-Corse et possible prétendant au poste de président du conseil exécutif de Corse, de "proposer des postes en échange de faveurs sexuelles à des jeunes femmes".
 
"Je vous appelle pour dénoncer le comportement inapproprié d'un élu, d'un ancien député, qui propose des postes en échange de faveurs sexuelles à des jeunes femmes", a déclaré cette femme à l'antenne sans citer nommément M. Acquaviva.
 
"Je le sais parce qu'il m'en a proposé, il en a proposé à plusieurs femmes qui ont accepté ou pas, et ce monsieur est en ballottage pour être à la présidence de l'exécutif" de Corse, a ajouté celle qui ne s'est présentée que par un prénom.
 
Vendredi matin, dans la même émission, l'avocate de M. Acquaviva, Me Cynthia Costa-Sigristi, a lu un communiqué de son client assurant que "ces accusations sont totalement fausses" et annonçant son intention d'"engager des poursuites afin que cette personne réponde de ses propos devant la justice".
 
Suite aux "éléments communiqués dans la presse, une enquête a été ouverte du chef de corruption passive, trafic d'influence et de prise illégale d'intérêt", a indiqué à l'AFP Jean-Philippe Navarre, le procureur de la République de Bastia.
 
"Prenant acte du souhait exprimé par M. Acquaviva par l'intermédiaire de son conseil, de déposer plainte du chef de diffamation, cette enquête aura pour objet de vérifier la véracité ou non des faits dénoncés publiquement à l'occasion de cette intervention sur un média", a précisé le procureur.
 
"M. Acquaviva aura la possibilité d'apporter toutes les explications utiles quant aux accusations dont il fait l'objet", a-t-il indiqué, ajoutant que "les victimes éventuelles de ces faits sont invitées à se faire connaître afin de pouvoir être entendues dans le cadre de cette enquête" confiée à la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de Haute-Corse.
 
Suite à son élection comme maire de Bastia, Gilles Simeoni, actuel président du conseil exécutif de Corse, a confirmé qu'il allait démissionner de cette fonction à la tête de l'île méditerranéenne. Deux successeurs possibles ont été mis en avant dans les médias : Jean-Felix Acquaviva, cousin de Gilles Simeoni et actuel président de l'office des transports de la Corse, et Gilles Giovannangeli, actuel président de l'Agence du développement économique de la Corse (Adec).