Quelles seront les missions et délégations des adjoints de la Ville d’Ajaccio ?

Rédigé le 03/04/2026
Patrice Paquier Lorenzi

Réélu à la tête de la Ville d’Ajaccio dimanche dernier, Stéphane Sbraggia s’est rapidement attelé à la répartition des délégations de ses 14 adjoints. Selon nos informations, le maire leur a présenté, ce jeudi soir, les missions et responsabilités qui leur seront confiées pour la mandature à venir. Des rôles qui seront officialisés lors du prochain conseil municipal fixé au jeudi 9 avril mais dont CNI vous fait écho de ce qu'ils pourraient être. Tour d’horizon.

Quelles seront les missions et délégations des adjoints de la Ville d’Ajaccio ?

(photos Paule Santoni)

Ils seront donc, une nouvelle fois, quatorze adjoints à siéger aux côtés de Stéphane Sbraggia, maire d’Ajaccio, pour l’accompagner et l’assister dans la gestion quotidienne de la commune. Dans les villes de plus de 1 000 habitants, le nombre d’adjoints est fixé selon une règle simple : il ne peut dépasser 30 % de l’effectif du conseil municipal (soit 49 élus pour la cité impériale). Une équipe élue sans surprise lors de l’installation du conseil municipal ce dimanche, et renouvelée à près de 50 %, avec l’arrivée de six nouveaux visages.

Pour autant, Stéphane Sbraggia a fait le choix de la continuité en conservant une ossature solide autour d’Alexandre Farina, premier adjoint, Caroline Corticchiato, deuxième adjointe, et Stéphane Vannucci, troisième adjoint. « On ne change pas une équipe qui gagne », glisse un proche du cabinet.

Certaines délégations évoluent néanmoins. Alexandre Farina, par exemple, abandonne le commerce pour prendre en charge l’urbanisme, un portefeuille particulièrement sensible à Ajaccio, régulièrement critiqué par l’opposition sur la gestion du foncier. « Avec son franc-parler et sa détermination, il saura fixer un cap clair en matière d’aménagement du territoire. La Ville ne veut plus subir la loi des promoteurs, mais au contraire maitriser encore plus efficacement son foncier. Le maire a estimé qu'il était la personne idoine pour cette mission d'autant qu'il a déjà mené avec entrain plusieurs projets lors de la précédente mandature, comme le suivi des travaux de la place Diamant ou l’organisation de la venue du Pape », souligne un observateur. Il récupère également les grands projets de la SPL Ametarra, notamment le développement des futurs écoquartiers de la Miséricorde et du Finosello. Une marque de confiance renforcée et étendue, qui éteint définitivement les rumeurs de tensions entre les deux hommes durant l’entre-deux-tours.

Des moyens accrus pour les équipements sportifs ?
 
Président de la Ligue Corse de football, Stéphane Vannucci reste en charge du sport, dans l’attente du verdict de son procès en appel pour recel de fonds publics. Après une mandature marquée par des moyens limités, il espère disposer de marges de manœuvre plus importantes : « La Ville a investi près de deux millions d’euros dans la rénovation des écoles entre 2021 et 2026, ce qui constituait une priorité. Nous allons désormais engager un vaste programme de modernisation des équipements sportifs ». Parmi les chantiers prioritaires : repenser et réaménager le vétuste gymnase Pascal Rossini et terminer la rénovation des courts du Tennis Club du Casone. Caroline Corticchiato, la 2e adjointe pourrait conserver, de son côté, ses délégations liées à l’environnement, avec un travail salué régulièrement durant la campagne par ses colistiers, notamment en matière de revégétalisation avec plus de 1 700 arbres plantés ces dernières années.
 
Par ailleurs, Charly Voglimacci conserve la qualité de vie et la police municipale, Pierre Pugliesi les finances, Annie Sichi les ressources humaines, et Jean-Pierre Aresu la gestion du cimetière et l’état civil. Rose-Marie Ottavy récupère les crèches et la petite enfance, en échange des affaires scolaires désormais confiées à Laetitia Costa, fille d’Annie Costa, qui aura en charge « le projet de création du futur groupe scolaire de Mezzavia ».



Raphaelle De Constanza chargé de relancer le commerce en centre-ville

Autre dossier majeur : celui confié à Raphaëlle de Constanza, quatrième adjointe, en charge du commerce et du domaine public. L’ancienne bâtonnière devra retisser les liens avec les commerçants et impulser une dynamique nouvelle dans un centre-ville fragilisé par un contexte économique difficile. Si la future ouverture de la place Diamant devrait renforcer l’attractivité, plusieurs défis restent à relever, notamment la création d’un Office du commerce et le recrutement d’un manager de centre-ville. « Il manque un véritable relais entre les commerçants et la municipalité. Il nous faut une personne capable d’attirer des enseignes attractives, de coordonner les actions et de suivre la fréquentation », estime un commerçant du Cours Napoléon.

Suite au départ de Christophe Mondoloni, candidat malheureux à Sartène, Pierre-Laurent Audisio, avocat et petit-fils de Charles Ornano, reprend les délégations liées à l’identité ajaccienne et au patrimoine. Parmi les nouveaux entrants au conseil municipal, Marine Schinto prend en charge la propreté urbaine, tandis que Jean-Pierre Sollacaro s’occupera du stationnement et de la voirie. Enfin, Marie-France Colonna d’Istria, nouvellement élue, hérite de la culture, après le retrait de Simone Guerrini, récemment élevée au rang d’officier de la Légion d’honneur à 83 ans, et qui tourne la page après une vie consacrée à la culture en Corse.