Selon une étude de l’Insee publiée ce jeudi, la Corse affiche le deuxième PIB par habitant parmi les cinq îles non souveraines de Méditerranée, derrière les Baléares. Une donnée qui s’explique notamment par un taux de chômage plus bas et une économie centrée sur la construction et l’industrie.
La Corse a le deuxième PIB par habitant des îles de Méditerranée : c’est ce que démontre une étude de l’Insee. Publiée ce jeudi, elle s’intéresse aux îles méditerranéennes qui ne sont pas des États souverains (la Corse, les Baléares, la Sardaigne, la Sicile et la Crète) et qui ont généré ensemble, en 2022, une richesse de 200 milliards d’euros, « soit l’équivalent du PIB de la Grèce », explique Marie-Pierre Nicolaï, chargée d’études au sein de l’Insee.
L’étude démontre d’abord que « les écarts de PIB entre les îles existent ». « Pour pouvoir mesurer cette disparité, on a utilisé le standard de pouvoir d'achat (SPA), une unité monétaire artificielle qui permet de comparer les différences de prix entre les pays. » Ainsi, cette unité permet de montrer que « rapporté à la population résidente, la Corse produit la richesse économique par habitant la plus élevée après celle des Baléares » avec pas moins de 29 500 SPA, bien que ce chiffre reste inférieur à la moyenne européenne et française, étant respectivement de 36 100 et 35 200 SPA. « En comparaison, seules les îles Baléares ont une richesse supérieure d’environ 8 % à celle de l'Espagne », précise la chargée d’études de l’Insee. « C'est la seule île dont la richesse est supérieure à celle de son pays, sinon, que ce soit la Crète, la Sardaigne ou la Sicile, la richesse économique par habitant est toujours nettement inférieure à la moyenne européenne et à celle de leur propre pays. »
Des chiffres qui s’expliquent notamment par un taux de chômage assez bas en Corse comparé aux autres îles, de l’ordre de 6,2 %, soit « légèrement inférieur à celui de l’Union européenne qui est à 6,3 % ». De plus, en Corse comme dans les Baléares, la part du PIB reflète le poids démographique des îles. « En 2022, la Corse est la moins peuplée des îles de Méditerranée, mais elle dégage pourtant un PIB brut de 11,5 milliards d'euros, qui représente 0,4 % du PIB national pour 0,5 % de la population nationale. On est en phase entre la production de richesses et la part de population que représente la Corse. »
Par ailleurs, plusieurs secteurs d’activité créent la richesse des îles. En Corse, le secteur de la construction représente par exemple 9 % de la valeur ajoutée régionale, « la part la plus importante des régions insulaires ». « On le comprend aussi en regardant la hausse démographique importante, et également peut-être aussi le phénomène de fréquentation touristique qui peut induire et susciter de la construction de résidences secondaires, ce qu’on ne retrouve pas dans les autres pays. » L’industrie est aussi très présente en Corse, et à l’inverse, des îles comme la Crète se développent davantage avec l’agriculture.
De plus, l’étude démontre que l’économie corse a été l’une des plus résilientes lors de la dernière crise sanitaire. « Le tissu économique des îles de Méditerranée dépend fortement du secteur marchand, du transport, de l'hébergement, de la restauration et du commerce notamment, et ces secteurs ont justement été les plus vulnérables en 2020. L’activité économique a chuté de 9,8 % sur l'ensemble des cinq îles de la Méditerranée. Malgré ça, le repli pour la Corse a été de 4,5 %, et elle a été la plus résiliente au moment de la crise sanitaire, notamment grâce aux mesures gouvernementales, et au chômage partiel qui a permis d'éviter des fermetures et des licenciements », souligne Marie-Pierre Nicolaï.
Néanmoins, l’Insee montre également que la croissance de richesse produite par habitant a ralenti en Corse entre 2012 et 2022. « Il est toujours en progression, mais on est passé d'une période décennale de 2002 à 2012 où il était à 2,7 %, à 2,2 % entre 2012 et 2022 ». À l’inverse, sur l’ensemble des cinq îles, la croissance du PIB est passée de 1,1 % à 2,7 %. Malgré ces chiffres, la Corse demeure la deuxième île méditerranéenne avec le PIB par habitant le plus élevé.


