Nume & Rick : une pièce de théâtre pour aborder les dangers du numérique

Rédigé le 24/03/2026
Léana Serve

La pièce de théâtre Nume & Rick était présentée à des scolaires pour la première fois à l’Alb’Oru à Bastia ce mardi après-midi. Créée par la compagnie 1er Acte après une demande du rectorat, la pièce aborde des sujets liés au danger du numérique, comme les fake news, la fuite de données personnelles ou le cyberharcèlement.

(Photos : Gérard Baldocchi)


« L’idée, c’était vraiment de les orienter vers les bons usages du numérique », explique Lucile Delanne, autrice et metteuse en scène de Nume & Rick.  La première représentation de cette pièce a eu lieu ce mardi après-midi centre culturel Alb'Oru devant plus de 300 élèves de cinq établissements. Création de la compagnie 1er Acte, la pièce s’inscrit dans le programme pHARe, un dispositif du ministère de l’Éducation nationale pour la prévention du harcèlement à l’école.
Au niveau local, elle est portée par l’Académie de Corse dans le cadre du Territoire numérique éducatif. « C’était important pour l'Éducation nationale et le rectorat d’avoir ce volet de culture et de prise de conscience du numérique et des usages qu'on peut avoir », indique Anne Chiardola, directrice académiques des services de l’Éducation nationale (DASEN) de Haute-Corse.
 

La pièce raconte l’histoire de Nume et Rick, deux jeunes adolescents tellement absorbés par leurs téléphones et jeux vidéos qu’ils en oublient le monde qui les entoure. Un jour, ils se retrouvent propulsés dans un univers numérique et doivent apprendre les règles de bonne pratique du numérique pour retrouver le chemin vers la réalité. « C’est un sujet d’actualité qui touche tout le monde : quand on voit la jeune fille qui scrolle en permanence, chacun s'identifie, et on le voit dans la salle avec les réactions », précise Anne Chiardola. « Là, on a grossi le trait, mais sur la toile, on voit tellement de choses qui nous happent, et on voit le côté très vicieux qui s'immisce petit à petit dans notre vie, surtout avec les algorithmes. »

Pour créer la pièce, la compagnie 1er Acte a été aidée d’élèves de primaire et de collège lors d’une résidence à Corte. « On a eu une première écriture au mois de novembre, avant dix jours de création au collège de Corte en résidence avec une classe de quatrième et deux classes de CM2 », détaillent Lucile Delanne et les comédiens Baptiste Rocca, Sarah Hammami, Ghjulia Pierrini et Jordan Andrei Large. « Les quatrième nous ont fait un retour sur le texte et ils ont participé aux créations sonores, notamment sur les voix des harceleurs, et les CM2 ont créé l’affiche du spectacle traduisant en dessin leur vision du numérique. »


Pour l’autrice, le but était de montrer aux élèves le bon usage du numérique. « Le rectorat nous a donné comme point de départ le temps d’écran, et ensuite j’ai mis l’accent sur le fait de faire attention aux fake news, de ne pas donner d'informations personnelles… Je voulais plus orienter sur les dangers, notamment avec les comédiens qui incarnent les fake news ou une personne sur la toile qui se fait passer pour quelqu’un d’autre afin d’avoir des informations personnelles, et aussi parler du harcèlement et du cyberharcèlement qui sont vraiment de leur génération. On a aussi mis une partie en musique avec Lucas Antonelli. »
 

Du côté de l’Éducation nationale, une pièce de théâtre permet également de faire passer les messages autrement. « L’art a toujours été une manière de porter les choses en dérision, on le voit avec Molière, La Fontaine… C’est important que l'art permette de faire passer ces messages, et il faut se dire que les enfants ont besoin d'être sensibilisés dès le plus jeune âge, parce qu’ils ont accès, alors qu'ils n'y auraient pas droit, aux écrans ou aux réseaux sociaux », souligne Anne Chiardola.
 

Après 45 minutes de représentation, les élèves ont pu échanger avec les comédiens lors d’une session questions-réponses d’une quinzaine de minutes. « Le plateau ouvert, c'est aussi pour toutes les autres questions que cela va susciter et celles qu'on a du mal à se poser ou en tout cas qu'on n'ose pas poser dans le cadre de la classe classique. Là, on est un peu comme une classe en dehors et on peut poser des questions qui sont parfois plus ouvertes sur le monde. C'est important qu’ils échangent avec les artistes pour voir pourquoi ils ont choisi ce sujet, comment ils ont pu aborder la thématique », explique la DASEN.
 

D’autres représentations à destination des scolaires sont prévues dans quatre autres villes de Corse jusqu’au début du mois d’avril, ainsi que des représentations en fin de journée pour le grand public.
 

Les représentations de la pièce de théâtre Num & Rick

31 mars à 18h30 - Salle rouge, Porto-Vecchio

3 avril à 18h30 - Théâtre l’Empire, Ajaccio

7 avril à 18h30 - Salle de spectacle, Calvi

9 avril à 18h30 - Cinéma L’Alba, Corte

À partir de 8 ans. Gratuit sur réservation