Calvi : un conseil municipal installé entre continuité démocratique et vigilance politique

Rédigé le 24/03/2026
Maria-Serena Volpei-Aliotti

Malgré un recours en cours devant le tribunal administratif, le nouveau conseil municipal de Calvi a officiellement pris ses fonctions ce week-end. Dans une salle attentive, majorité et opposition ont affiché leur volonté d’assumer pleinement leur rôle, chacune à sa place.

La séance d’installation s’est ouverte sous la présidence du doyen, Jean-Louis Delpoux, chargé, conformément à la loi, de conduire les premières opérations. Il a tenu à rappeler la forte mobilisation des électeurs. « Plus de 80 % de participation, c’est un excellent indicateur de vitalité démocratique », a-t-il souligné, avant de saluer l’ensemble des élus issus des deux listes.
 
Le conseil municipal, composé de 29 membres, reflète en effet le verdict des urnes avec 23 élus pour la majorité conduite par Ange Santini et 6 pour l’opposition menée par Jérôme Sévéon. « Nous avons le devoir d’être exemplaires à l’égard des Calvais qui nous ont fait confiance», a insisté le doyen, appelant chacun à se mettre « dès demain au travail avec un engagement sans faille pour le service public ».
Sans surprise, Ange Santini a été reconduit dans ses fonctions de maire au terme du vote à bulletin secret. Prenant la parole dans la foulée, il a livré un discours mêlant remerciements et projection. « Même s’il n’y a plus de suspense, je veux vous remercier du fond du cœur pour cette confiance renouvelée. Si vous avez été aussi nombreux à nous soutenir, c’est qu’un travail d’équipe a été mené tout au long de ces années », a-t-il déclaré, évoquant une « aventure collective » engagée depuis 1995.
Revenant sur l’évolution de la commune, il a souligné, « Calvi est passée d’une petite bourgade à une ville reconnue, même si tout n’est pas parfait. Rien de tout cela ne se fait seul». 
Le maire a également associé à ses remerciements les colistiers non élus ainsi que les soutiens de longue date.
Insistant sur la nécessité d’apaiser le climat après la campagne, il a rappelé, « une élection, c’est un moment. Ce qui compte, c’est ce que nous ferons ensemble pour l’avenir de Calvi», avant d’ajouter, « l’élection est derrière nous. Dès demain, le travail commence », annonçant la mise en place prochaine des commissions municipales.
Enfin, il a tenu à rappeler le rôle de chacun au sein de l’assemblée. « Chacun trouvera sa place, avec une majorité pour porter le programme validé par les électeurs et une opposition pour débattre et proposer. C’est ainsi que fonctionne la démocratie».
 
Le conseil a ensuite fixé à huit le nombre d’adjoints, conformément aux règles en vigueur, une délibération adoptée à la majorité, avec l’abstention des élus d’opposition.
Les adjoints élus sont Jean-Louis Delpoux, Hélène Astolfi, Didier Bicchieray, Sandra Moro-Vautier, François-Xavier Acquaviva, Vannina Patriarche, Marie-Laurent Guerini et Pierra Simeoni.
 
Présents et déterminés, les membres de la liste Calvi inseme 365 ont d’ailleurs pris position, tout en reconnaissant la légitimité institutionnelle du conseil installé, ils ont rappelé la procédure en cours. « Nous respectons les institutions et les règles démocratiques. Le conseil municipal est aujourd’hui en place et exerce ses responsabilités », a déclaré Jérôme Sévéon.
Mais le chef de file de l’opposition a également posé clairement les enjeux du recours. « Notre démarche repose sur des éléments sérieux qui interrogent la sincérité du scrutin. Le mandat existe juridiquement, mais il est aujourd’hui questionné », a-t-il affirmé, renvoyant désormais au jugement du tribunal administratif.
Dans ce contexte, il a défini une ligne politique sans ambiguïté. « Une opposition responsable et exigeante. Responsable, parce que l’intérêt de Calvi doit primer. Exigeante, parce que nous serons vigilants sur chaque décision. Ni blocage systématique, ni complaisance». 
Au-delà des tensions inhérentes à toute séquence électorale, cette séance d’installation a finalement dessiné les contours d’une mandature où la majorité entend poursuivre son action, tandis que l’opposition se positionne comme un contre-pouvoir structuré.