Avec 18,65 % à Ajaccio et 16,65 % à Bastia, les candidats soutenus par le Rassemblement national n’ont pas atteint les scores espérés au premier tour des municipales. Mais en se qualifiant dans les deux plus grandes villes de l’île et en améliorant nettement ses résultats passés, le parti d’extrême droite confirme malgré tout une progression et une implantation locale encore balbutiante mais bien réelle.
Ce dimanche soir, à l’issue du premier tour des élections municipales, l’ambiance n’était pas vraiment à la fête au sein de la permanence de François Filoni. Le candidat de la liste « Gagner pour Ajaccio », soutenue par le Rassemblement National, Mossa Palatina et l’Union des Droites (UDR) dans le cadre de l’ « Unione di i Patriotti », se voyait déjà atteindre le score de 40% dans la cité impériale. Il devra finalement se contenter de 18,65 % et de la troisième position, loin derrière le maire sortant, Stéphane Sbraggia, et le candidat de la liste d’union nationaliste « Aiacciu Vivu », Jean-Paul Carrolaggi.
« Être troisième alors que j’ambitionnais d’être premier est forcément une déception. Maintenant, vu le chemin parcouru en très peu d’années, je pense que c’est plutôt un bon score. Je rappelle qu’il y a 30 ans Jean-Marie Le Pen n’arrivait pas à débarquer à Ajaccio. Aujourd’hui, on s’enracine sur la Corse », s’est toutefois félicité le secrétaire territorial du parti à la flamme. Car si le résultat reste loin des ambitions affichées en début de campagne, il traduit néanmoins une progression notable pour l’extrême droite sur l’île.
Avec 4 304 voix récoltés à Ajaccio, la liste conduite par François Filoni réalise en effet le meilleur score jamais enregistré par le Rassemblement national lors d’une municipale en Corse. En 2014, la liste Ajaccio Bleu Marine, menée par José Risticoni, n’avait pour exemple obtenu que 1 940 voix, soit 8,3 % des suffrages, tandis que lors des municipales partielles de janvier 2015, Francis Nadizi n’avait recueilli que 1 510 voix (6,82 %).
Dans plusieurs quartiers populaires de la ville, la liste « Gagner pour Ajaccio » parvient même presque à rivaliser avec ses adversaires. Dans les deux bureaux des Cannes, François Filoni totalise 160 voix, contre 283 pour le maire sortant Stéphane Sbraggia et 167 pour Jean‑François Carrolaggi. Aux Salines, il obtient 377 voix, derrière Stéphane Sbraggia (439) mais proche de Jean-François Carrolaggi (416). À Bodiccione, il est même devant Jean-Paul Carrolaggi (285 voix) avec 301 votants qui se sont exprimés en sa faveur, quand le maire sortant obtient 345 bulletins.
Une implantation progressive fruit d’un travail de terrain mené depuis de longues années par le leader du RN sur l’île. Un chantier au long cours qui commence à payer selon ce dernier. « Nous avons fait une projection que nous n’avons pas réussi à réaliser, mais il y a une percée historique et des lendemains qui vont chanter pour le RN en corse. Tout le monde nous disait que nous n’étions pas enracinés. Aujourd’hui, on montre qu’on a une réelle présence aux côtés des Ajacciens. Et pourtant, on n’a pas une machine de guerre : on n’a ni la région, ni de ville pour nous soutenir », commente-t-il.
Des attentes gonflées par les législatives
Le contraste entre les ambitions du RN et le résultat final de ce premier tour s’explique aussi par le contexte politique récent. Lors des dernières législatives, le parti avait dépassé les 35 % dans la première circonscription de Corse-du-Sud avec une candidate inconnue et novice en politique. Une dynamique nourrie par une forte abstention et un contexte national particulier, dans la foulée des élections européennes et de la dissolution de l’Assemblée nationale, qui avait même conduit certains militants du RN à imaginer Jordan Bardella à Matignon.
Fort de cet exemple récente, François Filoni et ses co-listiers espéraient donc une percée beaucoup plus spectaculaire aux municipales. Mais malgré tout, le scrutin de ce dimanche confirme l’installation progressive de l’extrême droite en Corse. Car à Bastia aussi, Nicolas Battini, soutenu par son mouvement Mossa Palatina, le RN et l’UDR continue lui aussi de monter et décroche également la troisième place avec 16,65 % des suffrages, soit 2 372 voix, à l’issue de sa première participation à une municipale. Une performance obtenue après seulement quatre mois de campagne, portée notamment par une forte activité sur les réseaux sociaux et par de bons résultats dans les quartiers Sud de la ville où il a su convaincre, notamment du côté de la jeunesse. « C’est une immense victoire. Nous sommes parfaitement satisfaits. Nous sommes parvenus à représenter un pôle de contestation qui sera un pôle de construction. C’est une aventure qui ne fait que commencer », estime le candidat, qui exclut toute fusion avec d’autres listes au second tour lors duquel il affrontera Gilles Simeoni et Julien Morganti.
Alors que des listes soutenues par le RN se retrouvent ainsi qualifiées pour le second tour dans les deux plus grandes communes de l’île, une situation inédite pour ce courant politique, à Porto‑Vecchio il est en outre déjà acté que Michel Chiocca entrera au conseil municipal. Même si le candidat de Mossa Palatina n’arrive qu’en quatrième position après la réélection de Jean-Christophe Angelini, son élection illustre ainsi cette implantation progressive de l’extrême droite.
Ainsi, si la vague espérée n’a pas eu lieu, ce premier tour confirme néanmoins la progression et l’implantation progressive de l’extrême droite dans les grandes villes de Corse. Une dynamique encore fragile, mais qui permet au Rassemblement national et à ses alliés de s’installer peu à peu comme une troisième force dans plusieurs scrutins locaux.
« Être troisième alors que j’ambitionnais d’être premier est forcément une déception. Maintenant, vu le chemin parcouru en très peu d’années, je pense que c’est plutôt un bon score. Je rappelle qu’il y a 30 ans Jean-Marie Le Pen n’arrivait pas à débarquer à Ajaccio. Aujourd’hui, on s’enracine sur la Corse », s’est toutefois félicité le secrétaire territorial du parti à la flamme. Car si le résultat reste loin des ambitions affichées en début de campagne, il traduit néanmoins une progression notable pour l’extrême droite sur l’île.
Avec 4 304 voix récoltés à Ajaccio, la liste conduite par François Filoni réalise en effet le meilleur score jamais enregistré par le Rassemblement national lors d’une municipale en Corse. En 2014, la liste Ajaccio Bleu Marine, menée par José Risticoni, n’avait pour exemple obtenu que 1 940 voix, soit 8,3 % des suffrages, tandis que lors des municipales partielles de janvier 2015, Francis Nadizi n’avait recueilli que 1 510 voix (6,82 %).
Dans plusieurs quartiers populaires de la ville, la liste « Gagner pour Ajaccio » parvient même presque à rivaliser avec ses adversaires. Dans les deux bureaux des Cannes, François Filoni totalise 160 voix, contre 283 pour le maire sortant Stéphane Sbraggia et 167 pour Jean‑François Carrolaggi. Aux Salines, il obtient 377 voix, derrière Stéphane Sbraggia (439) mais proche de Jean-François Carrolaggi (416). À Bodiccione, il est même devant Jean-Paul Carrolaggi (285 voix) avec 301 votants qui se sont exprimés en sa faveur, quand le maire sortant obtient 345 bulletins.
Une implantation progressive fruit d’un travail de terrain mené depuis de longues années par le leader du RN sur l’île. Un chantier au long cours qui commence à payer selon ce dernier. « Nous avons fait une projection que nous n’avons pas réussi à réaliser, mais il y a une percée historique et des lendemains qui vont chanter pour le RN en corse. Tout le monde nous disait que nous n’étions pas enracinés. Aujourd’hui, on montre qu’on a une réelle présence aux côtés des Ajacciens. Et pourtant, on n’a pas une machine de guerre : on n’a ni la région, ni de ville pour nous soutenir », commente-t-il.
Des attentes gonflées par les législatives
Le contraste entre les ambitions du RN et le résultat final de ce premier tour s’explique aussi par le contexte politique récent. Lors des dernières législatives, le parti avait dépassé les 35 % dans la première circonscription de Corse-du-Sud avec une candidate inconnue et novice en politique. Une dynamique nourrie par une forte abstention et un contexte national particulier, dans la foulée des élections européennes et de la dissolution de l’Assemblée nationale, qui avait même conduit certains militants du RN à imaginer Jordan Bardella à Matignon.
Fort de cet exemple récente, François Filoni et ses co-listiers espéraient donc une percée beaucoup plus spectaculaire aux municipales. Mais malgré tout, le scrutin de ce dimanche confirme l’installation progressive de l’extrême droite en Corse. Car à Bastia aussi, Nicolas Battini, soutenu par son mouvement Mossa Palatina, le RN et l’UDR continue lui aussi de monter et décroche également la troisième place avec 16,65 % des suffrages, soit 2 372 voix, à l’issue de sa première participation à une municipale. Une performance obtenue après seulement quatre mois de campagne, portée notamment par une forte activité sur les réseaux sociaux et par de bons résultats dans les quartiers Sud de la ville où il a su convaincre, notamment du côté de la jeunesse. « C’est une immense victoire. Nous sommes parfaitement satisfaits. Nous sommes parvenus à représenter un pôle de contestation qui sera un pôle de construction. C’est une aventure qui ne fait que commencer », estime le candidat, qui exclut toute fusion avec d’autres listes au second tour lors duquel il affrontera Gilles Simeoni et Julien Morganti.
Alors que des listes soutenues par le RN se retrouvent ainsi qualifiées pour le second tour dans les deux plus grandes communes de l’île, une situation inédite pour ce courant politique, à Porto‑Vecchio il est en outre déjà acté que Michel Chiocca entrera au conseil municipal. Même si le candidat de Mossa Palatina n’arrive qu’en quatrième position après la réélection de Jean-Christophe Angelini, son élection illustre ainsi cette implantation progressive de l’extrême droite.
Ainsi, si la vague espérée n’a pas eu lieu, ce premier tour confirme néanmoins la progression et l’implantation progressive de l’extrême droite dans les grandes villes de Corse. Une dynamique encore fragile, mais qui permet au Rassemblement national et à ses alliés de s’installer peu à peu comme une troisième force dans plusieurs scrutins locaux.


