Municipales. À Ajaccio, Charlotte Cesari claque la porte de l’union de gauche

Rédigé le 16/03/2026
Manon Perelli

Au lendemain du premier tour, la tête de liste de la démarche « A Voci di U Populu » - qui n’a pas réussi à dépasser la barre des 10% lui permettant de se maintenir seule pour le second tour des élections municipales à Ajaccio - annonce qu’elle quitte l’union. La jeune professeure de philosophie met en effet en exergue « des divergences profondes ».

Ce dimanche soir, la liste portée par Charlotte Cesari, « A Voci di U Populu », n’a pas dépassé la barre des 10% lui permettant de se maintenir seule pour le second tour des élections municipales à Ajaccio. Alors que les tractations vont bon train pour tenter de récupérer les 8,09% des voix engrangées par cette liste d’union de gauche, soutenue par le PS, le PCF et le mouvement Debout !, la jeune professeure de philosophie a décidé de claquer la porte.
 
Si elle salue « l’engagement total » de cette démarche d’union qui a permis de « ressusciter » la gauche à Ajaccio, de « porter une espérance, une énergie et un projet qui ont su rassembler », elle dévoile dans un communiqué transmis à notre rédaction ce lundi que « cette campagne a également révélé des divergences profondes ». 
 
« Très vite, une ligne s’est imposée : une vision jacobine de la gauche et fermée à toute réflexion sur la question corse. À cela s’est ajoutée une logique d’appareils où les partis comptent davantage que les idées et que les femmes et les hommes qui les portent », dénonce-t-elle en poursuivant : « Soyons clairs : certains préfèrent aujourd’hui composer avec la droite jacobine plutôt que d’assumer l’existence d’une gauche corse, sociale et émancipatrice. Je ne peux pas accepter cela ».

En parallèle, elle affirme que la politique qu’elle défend est « une politique de convictions, pas d’arrangements », « une politique fidèle à ses principes, pas une politique dictée par les appareils ». « Par cohérence, par respect pour vous et pour moi-même, je ne peux plus représenter cette union », annonce-t-elle. Pour autant, si elle indique quitter l’union aujourd’hui, elle insiste sur le fait qu’elle ne « quitte pas le combat ».
 
« Au contraire, je suis convaincue que l’avenir passe par la reconstruction d’une gauche progressiste, sociale et profondément ancrée en Corse. Une gauche qui assume notre réalité, notre identité et notre avenir. C’est dans cet esprit que je travaille désormais à construire une gauche régionaliste. Le temps des ambiguïtés est terminé. Le temps de la clarté commence », martèle-t-elle. 
 
Ainsi, elle souligne qu’elle continuera à se « battre pour une gauche digne de ce nom » et à poursuivre le chemin « pour une Corse qui défende ses intérêts plutôt que le dogmatisme des partis ». Et de conclure : « J’appelle les personnes de gauche à s’unir à ma démarche, celles qui croient en des valeurs démocratiques, celle qui croient que les intérêts locaux passent avant les intérêts des partis, celles qui pensent à la justice sociale, à l’écologie et à la culture avant toute chose ».