À l’approche des élections municipales, la coordination d’associations « Terra » a souhaité interpeller les futurs candidats sur l’urgence environnementale et sanitaire en Corse. Lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi à Ajaccio, le collectif a entendu dénoncer les dérives du modèle actuel de développement et appeler les communes à prendre leurs responsabilités.
À quelques jours des élections municipales, la coordination « Terra » souhaite interpeller les futurs élus sur la nécessité de repenser en profondeur le modèle de développement de l’île. À l'occasion d'une conférence de presse organisée ce vendredi à Ajaccio ses membres ont martelé que l’heure est venue d’un « changement de cap ». Le collectif d'associations estime en effet « que les communes ont une responsabilité directe dans la préservation de l’environnement, de la santé publique et de la cohésion sociale ». « Le collectif appelle ainsi les candidats à respecter strictement les documents d’urbanisme et les orientations du PADDUC, notamment dans l’attribution des permis de construire et l’aménagement du territoire » explique Muriel Segondy, de l’association Le Garde.
Plus loin, la coordination critique un modèle économique jugé trop dépendant du tourisme de masse. Selon elle, cette économie « monolithique » contribue à accentuer la spéculation immobilière et à fragiliser la population locale. « Il n’est pas trop tard pour arrêter la politique mortifère du tout-tourisme », affirme le collectif, qui estime que ce modèle « creuse le malheur des insulaires ».
Mieux lutter contre les AirBnB
La question du logement figure parmi les préoccupations majeures. Terra dénonce ainsi « un phénomène de touristification qui chasse progressivement les habitants de leurs centres-villes. Dans un contexte où près de 19 % de la population corse vit sous le seuil de pauvreté, la hausse des loyers et du prix de l’immobilier rend l’accès au logement de plus en plus difficile pour les résidents ». Le collectif pointe notamment la transformation massive de logements permanents en locations touristiques de courte durée et demande « aux maires de plafonner ces locations et d’interdire les séjours de moins de trente jours dans les zones les plus tendues afin de préserver l’habitat permanent ».
La protection des terres agricoles constitue également un axe central des revendications : Les Espaces Stratégiques Agricoles (ESA), inscrits dans le PADDUC, doivent selon la coordination être sanctuarisés afin de garantir leur vocation nourricière. « Le béton ne doit plus couler pour des résidences qui restent vides neuf mois sur douze », souligne Muriel Segondy, qui déplore le manque de logements sociaux sur l’île.
La pollution maritime inquiète la coordination
Autre sujet de préoccupation : la pollution maritime et portuaire liée au tourisme de masse. Pour Terra, les ports corses doivent impérativement réduire leurs émissions polluantes. Le collectif appelle « à l’électrification des quais afin de permettre aux ferries et aux navires de croisière de couper leurs moteurs à quai, et demande l’abandon du fioul lourd, considéré comme l’un des carburants les plus polluants ».
La question énergétique sera également au cœur de la conférence de presse, notamment autour du projet de centrale du Ricanto. Dominique Lanfranchi, A Sentinella dénonce ce qu’il considère comme « le flou » de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Si le biocarburant est officiellement présenté comme carburant cible, le recours au fioul léger en « secours » pourrait, selon lui, « transformer la centrale en installation fossile permanente »
Le représentant de l’association A Sintinella évoque aussi les risques sanitaires liés aux émissions industrielles, notamment celles de particules fines et ultra-fines ainsi que de métaux lourds comme le nickel ou le vanadium. Il estime ainsi « que les méthodes actuelles de mesure de la pollution peuvent masquer les pics de pollution et plaide pour des dispositifs de surveillance plus précis, incluant des capteurs indépendants et des prélèvements directs dans les panaches de fumée ».
À l’issue de cette conférence, la coordination devrait présenter plusieurs exigences jugées « non négociables » à destination des futurs élus. Parmi elles : l’inscription dans la PPE d’un plafond strict d’heures de fonctionnement au fioul léger, la mise en place d’un contrôle citoyen sur les approvisionnements énergétiques et la création d’un réseau indépendant de surveillance scientifique de la pollution.
En s’appuyant sur les travaux de santé environnementale, le Dr Sauveur Merlinghi, président de la Ligue contre le Cancer a tenu à rappeler « que les pollutions de l’air, de l’eau ou de l’alimentation constituent des facteurs importants dans l’apparition de maladies chroniques et de cancers. Les collectivités locales disposent d’un rôle déterminant pour prévenir ces risques et protéger les populations ».
Plus loin, la coordination critique un modèle économique jugé trop dépendant du tourisme de masse. Selon elle, cette économie « monolithique » contribue à accentuer la spéculation immobilière et à fragiliser la population locale. « Il n’est pas trop tard pour arrêter la politique mortifère du tout-tourisme », affirme le collectif, qui estime que ce modèle « creuse le malheur des insulaires ».
Mieux lutter contre les AirBnB
La question du logement figure parmi les préoccupations majeures. Terra dénonce ainsi « un phénomène de touristification qui chasse progressivement les habitants de leurs centres-villes. Dans un contexte où près de 19 % de la population corse vit sous le seuil de pauvreté, la hausse des loyers et du prix de l’immobilier rend l’accès au logement de plus en plus difficile pour les résidents ». Le collectif pointe notamment la transformation massive de logements permanents en locations touristiques de courte durée et demande « aux maires de plafonner ces locations et d’interdire les séjours de moins de trente jours dans les zones les plus tendues afin de préserver l’habitat permanent ».
La protection des terres agricoles constitue également un axe central des revendications : Les Espaces Stratégiques Agricoles (ESA), inscrits dans le PADDUC, doivent selon la coordination être sanctuarisés afin de garantir leur vocation nourricière. « Le béton ne doit plus couler pour des résidences qui restent vides neuf mois sur douze », souligne Muriel Segondy, qui déplore le manque de logements sociaux sur l’île.
La pollution maritime inquiète la coordination
Autre sujet de préoccupation : la pollution maritime et portuaire liée au tourisme de masse. Pour Terra, les ports corses doivent impérativement réduire leurs émissions polluantes. Le collectif appelle « à l’électrification des quais afin de permettre aux ferries et aux navires de croisière de couper leurs moteurs à quai, et demande l’abandon du fioul lourd, considéré comme l’un des carburants les plus polluants ».
La question énergétique sera également au cœur de la conférence de presse, notamment autour du projet de centrale du Ricanto. Dominique Lanfranchi, A Sentinella dénonce ce qu’il considère comme « le flou » de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Si le biocarburant est officiellement présenté comme carburant cible, le recours au fioul léger en « secours » pourrait, selon lui, « transformer la centrale en installation fossile permanente »
Le représentant de l’association A Sintinella évoque aussi les risques sanitaires liés aux émissions industrielles, notamment celles de particules fines et ultra-fines ainsi que de métaux lourds comme le nickel ou le vanadium. Il estime ainsi « que les méthodes actuelles de mesure de la pollution peuvent masquer les pics de pollution et plaide pour des dispositifs de surveillance plus précis, incluant des capteurs indépendants et des prélèvements directs dans les panaches de fumée ».
À l’issue de cette conférence, la coordination devrait présenter plusieurs exigences jugées « non négociables » à destination des futurs élus. Parmi elles : l’inscription dans la PPE d’un plafond strict d’heures de fonctionnement au fioul léger, la mise en place d’un contrôle citoyen sur les approvisionnements énergétiques et la création d’un réseau indépendant de surveillance scientifique de la pollution.
En s’appuyant sur les travaux de santé environnementale, le Dr Sauveur Merlinghi, président de la Ligue contre le Cancer a tenu à rappeler « que les pollutions de l’air, de l’eau ou de l’alimentation constituent des facteurs importants dans l’apparition de maladies chroniques et de cancers. Les collectivités locales disposent d’un rôle déterminant pour prévenir ces risques et protéger les populations ».


