Municipales : la liste Paesu Vivu "veut recréer du lien" dans les villages de Portivechju

Rédigé le 07/03/2026
Julien Castelli

La vie dans les hameaux de Portivechju, Vannina Chiarelli-Luzi en a fait un marqueur fort de sa campagne. La candidate porto-vecchiaise soutenue par Femu a Corsica et Core in Fronte a animé une réunion publique à Murateddu, mercredi 4 mars. Une cinquantaine de personnes étaient présentes.

Municipales : la liste Paesu Vivu "veut recréer du lien" dans les villages de Portivechju

Marie-Pierre Valli, Vannina Chiarelli-Luzi et Daniel Sorba ont exposé leur projet aux habitants de Murateddu, mercredi soir.

Pianedda, Ceccia, Palavesa, U Spidale… Des villages, Portivechju en dénombre quelques dizaines, et aucun des quatre aspirants-maires n’a commis l’erreur de les oublier durant cette campagne. Vannina Chiarelli-Luzi en a même fait sa priorité, comme en témoigne le nom donné à sa liste, « Paesu Vivu ». Et mercredi  4 mars, à Murateddu, Daniel Sorba, 22e colistier et « enfant du village » s’est exprimé en ce sens  : « Nos hameaux deviennent des cités dortoirs. Il faut créer des places, des parkings. Il faut recréer du lien », souffle-t-il à l’assistance, silencieuse mais à l’écoute. 

Murateddu est l’un des plus gros villages de Portivechju et, à en croire Dumè qui y habite, « il y a du monde, il y a de la vie ici. Mais il manque une cohésion. On est devenus des espèces de grands lotissements avec chacun sa petite maison, chacun son petit mur. Le lien, il n’est pas là. » Le Porto-Vecchiais de Murateddu salue « les initiatives personnelles venues de quelques entrepreneurs » qui ont ouvert ici un café, là une pizzeria, devenus les centres conviviaux du village, mais que l’on ne doit pas à la puissance publique. 

"Relayer le ressenti des gens dans les hameaux"

Dans son plan local d’urbanisme dont l’approbation définitive se fait attendre, le maire sortant et candidat à sa réélection Jean-Christophe Angelini a promis la construction d’un équipement public par village. Et le premier projet participatif issu de la mandature écoulée a débouché sur l’aménagement, il y a quelques mois, d’une aire de jeux pour enfants à Murateddu. C’est bien, mais pas suffisant, répondent en substance les colistiers de « Paesu Vivu », qui veulent s’inscrire au coeur du débat démocratique de proximité : « On propose une commission extra-municipale, où des personnes non élues pourront venir nous remonter les problématiques dans les hameaux, annonce Vannina Chiarelli-Luzi. On veut être le relai du ressenti des gens. » 

"On entend parler que du port"

« Comment allez-vous aborder le futur PLU ? », lui demande une habitante. « On voudrait mettre des clauses anti-spéculatives dedans », lui répond la tête de liste. « Paesu Vivu » soutient notamment la mesure expérimentée au Pays basque, qui consiste à demander aux loueurs de meublés de tourisme de compenser avec un second logement qu’il y aurait obligation à mettre sur le marché des baux longue durée.  « Paesu Vivu » conditionnerait également toute attribution de permis de construire sur des immeubles neufs à l’octroi d’un quota de logements réservés aux primo-accédants, lesquels pourraient bénéficier d’un rabais « de 20 à 30 % » par rapport au prix du marché. S’ils sont élus aux responsabilités, les colistiers de « Paesu Vivu » s’engagent à réviser le futur PLU, « qui a été fait sans concertation avec les habitants », fustige Marie-Pierre Valli, en 7e position sur la liste. Par ailleurs, désireuse de faciliter l’accès à la culture aux habitants des hameaux, elle y propose la mise en place « d’une bibliothèque itinérante ». Evoquant la mobilité, Vannina Chiarelli-Luzi plaide pour la création à l’échelle de la communauté de communes « d’un vrai mode de transport interurbain qui relierait les hameaux et le centre-ville », en plus de compléter le transport scolaire.

Des ambitions décentralisées qui leur font rejeter en bloc le chantier phare qui est actuellement mené à Portivechju, celui de l’extension du port de plaisance et de pêche. « On n’entend parler que du port », regrette Daniel Sorba. Ce projet déjà bien avancé, « Paesu Vivu » s’engage à le « redimensionner », relaie Gilles Giovannangeli, le président de l’Agence du développement économique de la Corse (ADEC), 32e sur la liste. « Il aurait fallu d’abord refaire la station d’épuration aux normes avant de commencer à construire un nouveau port, estime Vannina Chiarelli-Luzi. C’est le sens de nos priorités sur la commune. »