Municipales. À Sarrola-Carcopino, Jean-Joseph Battistelli veut « impulser un changement »

Rédigé le 06/03/2026
Manon Perelli

Élu dans l’opposition municipale depuis 2020, Jean-Joseph Battistelli mène la liste "Pà Cambia Sarrula è Carcopino" pour ces élections municipales à Sarrola-Carcopino. Très critique à l’égard du bilan de la majorité sortante, ce jeune retraité dénonce une commune « laissée à l’abandon » et appelle à un changement de gouvernance, avec pour priorités la transparence des finances, la maîtrise de l’urbanisation et le développement d’infrastructures pour accompagner la croissance démographique.


Municipales. À Sarrola-Carcopino, Jean-Joseph Battistelli veut « impulser un changement »

(Photo : Paule Santoni)

Vous étiez déjà engagé lors du scrutin de 2020. Pourquoi avoir décidé de mener cette fois votre propre liste ?
En participant au conseil municipal pendant six ans, nous nous sommes vraiment rendus compte que rien n'allait sur la commune. Le problème de Sarrola-Carcopino, c'est qu'aujourd'hui c'est une commune qui a eu l'une des plus fortes croissances démographiques de Corse, et qu’en parallèle, le maire sortant n'a rien fait. Il n'y a rien eu de structurant, pas d'école, pas de centre culturel, pas de centre sportif. C'est une commune qui est vraiment laissée complètement à l'abandon. La seule chose qu'il a faite c’est signer des permis de construire, et tous les investissements qu'il devait faire ont été reportés d'année en année. Et aujourd'hui, le budget de la commune sert uniquement aux frais de fonctionnement. Quand on regarde les communes mitoyennes comme Peri, Cuttoli ou Afa, on voit que ce sont des communes qui vivent, qui ont des bars, des restaurants, des stades, une vie culturelle, une vie sportive. À Sarrola, il n’y a rien aussi bien dans la plaine qu’au village. Si nous nous engageons, c’est parce que nous voulons que les choses changent et arrêter toutes ces promesses qui n'ont jamais été tenues depuis 20 ans. 
 
Quel bilan tirez-vous de cette mandature ?
Quand nous sommes entrés au conseil municipal en 2020, au-delà d’être une opposition, nous voulions quand même être une force constructive. Nous voulions proposer des choses, mais on ne peut pas travailler avec la majorité sortante. Ce n’est pas possible. Ils n’ont pas l’habitude d’avoir une opposition. Cela les dérange parce que tout est opaque, les finances sont cachées et nous ne sommes au courant de rien. Nous, tout ce que nous savons, c'est que l'école qui avait été promise en 2013 n'est toujours pas réalisée, sachant qu’elle a quand même coûté un million d'euros d'études. Le maire sortant veut la faire sur un terrain inondable avec un budget de 22 millions d'euros. Personne ne va nous la financer. Par ailleurs, depuis 2007, il promet un PLU. Or, Sarrola n'en a toujours pas. Il y a plein de problèmes sur la commune. On a l’impression qu’il laisse tout se dérouler tout seul. Les seuls investissements qu'il y a eu sur la commune, c’est parce que des chefs d'entreprise ont construit des commerces, qu’ils soient grands ou petits.  Et ce sont eux qui font vivre la commune aujourd'hui. La mairie, elle, n'a rien investi. Il faut que cela bouge et que nous fassions quelque chose. On ne peut plus laisser la commune dans cet état.
 
On voit tout de même que Sarrola est aujourd'hui en pleine expansion démographique depuis 2017.Quel regard, vous, vous portez sur ce développement ? 
De toute façon, maintenant, c'est fait, on ne peut pas revenir en arrière. Maintenant, il faut qu’on tire bénéfice de tout cela. Le problème, c'est qu’on a promis plein de choses à tous ces nouveaux arrivants, et que rien n'a été fait. Donc nous avons trois priorités pour cette mandature. La première va être d'avoir une transparence sur les finances de la commune et de faire participer tous les habitants aux grands projets, parce qu'aujourd'hui, personne ne sait ce qui se passe. La deuxième chose, c'est un PLU, mais il faut qu'il soit raisonnable et raisonné. Le PLU qui a été rejeté avait prévu une augmentation de 1500 personnes sur cinq ans, ce qui est impossible, parce que nous ne disposons pas des infrastructures adéquates. Il est aussi évident que nous voulons aussi limiter l'étalement urbain, parce qu'on ne peut plus laisser faire ce qui s'est fait jusqu'à présent. Et ensuite, bien sûr, nous voulons travailler sur les écoles car aujourd’hui sur la commune nous n’avons pas d'école digne de ce nom. Notre but, c'est de faire une école au village, pour le faire revivre et en même temps pour désengorger l’école de Mezzana qui aujourd’hui a besoin de beaucoup de travaux. Parallèlement, nous voulons essayer de faire ces travaux à l’école de Mezzana avec les partenaires du Sivom. Et plus tard, nous voulons construire une école raisonnable du côté de Pernicaggio. 
 
Vous affirmez que cette croissance de la commune s'est faite « sans réflexion sur les enjeux à venir ». Que voulez-vous dire précisément ?
Quand ils ont signé tous les permis de construire pour faire venir les nouvelles populations, rien n’a été réfléchi. Par exemple, on a fait venir mille personnes en plus et on ne prévoit pas d'école. Sur Baleone, il n'y a pas d'école, il n'y a pas de centre sportif, il n'y a pas de centre culturel, il y a des embouteillages tous les matins qui partent de la plaine de Peri. Rien n’a été réfléchi. Au village, la salle des fêtes a dû être réduite de moitié parce que l’école était trop petite. C’est de l’improvisation. 
 
Pour votre part, quelles seront vos priorités si vous êtes élu ?
Notre programme compte huit points importants : l’aménagement du territoire, l’éducation, le social, le sportif et le culturel, la gestion et les finances, le patrimoine, l'agriculture et l’environnement. Nous avons en effet un problème important sur l'environnement. Au sein de la Communauté d’Agglomération du Pays Ajaccien, le maire sortant a voté en faveur de l’installation d’un centre de tri à Mezzana, à côté d’une école de 500 enfants, à côté de commerces et d’une maison de repos. On n’a jamais vu cela ! Cela va en plus encore accroitre les embouteillages tous les matins. Et puis, on ne nous explique en plus pas ce projet dans le détail. 
 
Justement, la plaine concentre aujourd’hui une forte activité commerciale. Comment conserver l’identité de Sarrola face à cette urbanisation rapide ?
Il faut faire revivre le village qui est à l’abandon, c'est une obligation. Aujourd'hui, les gens qui habitent sur la plaine ne connaissent pas du tout le village, tout simplement parce qu’il n’y a rien. Donc il faut faire revivre le village, déjà en reprenant tous ces bâtiments communaux à l'abandon pour faire venir de nouvelles familles. Il va falloir aussi aider nos jeunes à pouvoir se loger, et aider au commerce de proximité sur le village. Il faut également qu'il y ait des associations qui se créent pour faire revenir les gens de la plaine au village. Et en contrepartie aussi, il faut pouvoir faire aller les gens du village à la plaine en créant un centre culturel pour pouvoir les réunir, pour qu'il y ait une vie culturelle et sociale. Aujourd'hui, on a l'impression qu'on a deux communes et ce n'est pas bon. Il faut également que les commerçants de Baleone soient un atout pour nous, déjà parce que ce sont eux qui font vivre la commune, mais à côté de ça, il peut y avoir des solutions à trouver avec eux concernant les emplois jeunes, ou concernant les emplois pour les personnes âgées qui sont à la retraite aujourd'hui et qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts. Il faut profiter justement de cette masse d'entreprises qu'on a sur la commune pour aider toute la population. Il va falloir qu'on trouve la solution pour pouvoir avoir cette interactivité entre la plaine et le village afin que tout le monde se retrouve et se connaisse, parce qu’aujourd’hui personne ne se connait. 
 
Comment avez-vous constitué votre liste ? 
Avec des paesani, des gens de la commune, de tous les hameaux, de tous les quartiers. Ce sont des personnes qui voulaient s'investir pour la commune, des personnes responsables. C’est une liste transpartisane, sans étiquette, avec des gens de tous bords
 
Pourquoi les électeurs devraient-ils choisir votre liste le 15 mars prochain ? 
S'ils veulent un changement de gouvernance, il faut qu'ils votent pour nous. Autrement, les choses continueront comme jusqu’à aujourd’hui et rien n’avancera. Nous voulons vraiment impulser un changement.C'est pour cela qu'on a appelé notre liste Pà Cambia. Cela ne va pas être un slogan, c'est un engagement sur cette mandature. Nous nous engageons à ce que les choses changent et qu'elles soient plus transparentes que ce qu'elles n'étaient jusqu'à présent.