« Pà Difenda Zonza Santa Lucia » c’est la liste que conduit le maire sortant autonomiste Nicolas Cucchi, candidat à sa réelection. En face de lui, Jacky Bartoli, qui siégeait dans l’opposition durant le mandat écoulé, a monté une liste concurrente. Nicolas Cucchi dresse un état des lieux de son premier mandat à la tête de cette commune de près de 3 000 habitants à la fois portée sur la montagne (Zonza) et le littoral (Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio). Il évoque aussi le programme qu’il souhaite mettre en œuvre s’il est réélu.

Âgé de 53 ans, Nicolas Cucchi a été élu maire de Zonza - Santa Lucia en 2020. Il souhaite repartir pour un deuxième mandat.
En 2020, Nicolas Cucchi avait pris la succession d’Henri-Paul Agostini, qui ne s’était pas représenté. L’élu d’opposition qu’il était à l’époque l’avait emporté avec 13 voix d’écart sur l’alliance constituée après le 1er tour entre les listes de Georges Fani et d’Antoine Carli, et dans laquelle figurait Jacky Bartoli, qui mène aujourd’hui la liste concurrente.
Autonomiste convaincu, proche du maire de Porto-Vecchio Jean-Christophe Angelini, Nicolas Cucchi, compte s’inscrire dans la continuité de son action engagée il y a six ans : « Sur 23 colistiers, il y a aura six ou sept nouveaux, dont deux membres de l’opposition actuelle qui nous rejoignent », précise-t-il. Le député de la 2e circonscription de Corse du Sud, Paul-André Colombani, sera-t-il encore à ses côtés ? « Pardi, oui, sourit Nicolas Cucchi. Il reste fidèle à son activité de médecin, mais il a toujours dit qu'il continuait et il est très proactif au conseil municipal. »
Maison de santé, musée de la Résistance, PLU...
Durant le premier mandat de Nicolas Cucchi, 20 millions d’euros ont été investis, ce qui est conséquent pour une commune de 2 989 habitants. « On a beaucoup travaillé pour récupérer des recettes, s’en explique l’élu. On n’a pas augmenté les impôts, mais les bases fiscales généraient énormément d'injustices parce qu'on avait beaucoup de grosses villas qui étaient sous-classées. On a remédié à cela avec un rééquilibrage qui nous a permis de récupérer 400 000 €. On est aussi passé de 180 000€ à 600 000 € de taxe de séjour. » Au total, la municipalité se targue d’avoir généré « plus de 3 millions d’euros de recettes réelles de fonctionnement par an ».
Une maison de santé a été construite à Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio, pour faire face aux risques de désertification médicale. « On avait trois médecins qui voulaient partir à l’époque. On en a huit aujourd’hui », se réjouit le maire sortant. Un centre communal d’action sociale (CCAS) a vu le jour dans le hameau de Taddu Russu et il est actuellement en travaux pour être agrandi. Une cuisine centrale a été créée, servant des repas à 1 euro pour les plus modestes. « Au total, on fait 90 000 repas par ans pour les écoles et les anciens du village », complète Nicolas Cucchi. Les écoles de Zonza et Jean-Nicoli ont été agrandies. Dans l’Alta Rocca, le Musée de la Résistance Corse a vu le jour et sa restructuration, qui est en cours, va de pair avec le grand projet de requalification du centre de Zonza, en cours de réalisation, et qui prévoit la création d’une place de village, d’un parking couvert et d’un point d’information touristique attenant au musée.
"J'applique la loi, c'est ma règle"
Ces dernières années, le nombre de résidences secondaires dans la commune a augmenté de manière significative, s’établissant à 66 % en 2022, selon l’Insee. Pour y remédier, une majoration sur la THRS, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, a été appliquée, après l’adoption d’un amendement à l’Assemblée nationale qui fut porté par le député - et conseiller municipal local - Paul-André Colombani. En matière d’urbanisme, le PLU a été adopté. « Dans une commune comme la nôtre, avec une partie mer et une partie montagne, on rencontre des aberrations, rappelle Nicolas Cucchi.. Par exemple, la loi littoral s’applique à Zonza village, à 800 mètres d'altitude, ce qui pose des problèmes de discontinuité d'urbanisme... » Le Plan local d’urbanisme adopté permettra la construction de 435 nouvelles habitations possibles, dans des secteurs « recentrés sur les villages de Sainte-Lucie et Zonza ». De fait, la commune a déjà pu valider des programmes immobiliers ciblés : « On a fait un lotissement à la montagne, avec douze possibilités d’accession à la propriété pour les primo-accédants. Et sur Sainte-Lucie, trente-cinq. »
Lors de la campagne pour les municipales de 2020, Nicolas Cucchi s’était engagé à lutter contre la spéculation immobilière et la bétonisation. Et durant son mandat, seuls 90 permis ont été délivrés par ses services, dont 82 pour des résidences principales. « De 2016 à 2020, il y avait eu 1147 permis délivrés : 583 pour des résidences principales et 564 pour des résidences secondaires », ne manque pas de rappeler la majorité actuelle. Nicolas Cucchi dit s’en tenir à un principe simple : « J’applique la loi. Qui que vous soyez, si vous avez le droit, je me battrai pour vous. Mais si vous n'avez pas le droit, ce sera sans moi. C'est ma règle. »
Le gros projet - chiffré « à 19 millions d’euros » - que Nicolas Cucchi ambitionne de faire aboutir s’il est réélu, c’est la requalification urbaine du centre-bourg de Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio. Des acquisitions foncières ont déjà été réalisées « pour libérer près de deux hectares autour de la mairie et de l’église, et faire la future place qui va abriter le centre culturel, le marché couvert, un centre de formation et des commerces », détaille le maire sortant, candidat à sa réélection.
Et la déviation ?
Parmi ses autres projets , citons le développement d’un service d’aide à la personne à la montagne, via le CCAS, l’aménagement d’une piscine en mer à Pinareddu, la construction d’un office du tourisme, d’une école des sports à Zonza. Nicolas Cucchi compte également faire campagne sur le thème de l’autonomie énergétique. Il souhaite engager une réflexion sur la production biomasse, le solaire, la méthanisation et l'hydro-électrique : « Quand on parle d’autonomie énergétique, on parle d’autonomie alimentaire », souligne-t-il. Enfin, il espère pouvoir avancer sur « le serpent de mer », à savoir ce projet de route qui relierait Zonza à Sainte-Lucie via les bergeries de Luvio : « On pense qu'on peut faire une route pour des véhicules légers. Sinon l'idée c'est que cette piste soit bien praticable et qu'on puisse l'utiliser à vélo. »
Par ailleurs, le projet de lycée professionnel à Santa Lucia est lui, bien engagé, confirme Nicolas Cucchi : « On a eu l’aval du recteur Rémi-François Paolini. » Le futur conseil municipal doit encore en valider le principe, ce qui permettra d’établir un plan de financement. Cet établissement formerait aux métiers de l’aide à la personne, du bâtiment et du tourisme. Nicolas Cucchi annonce également l’implantation prochaine sur la commune de la banque alimentaire de Corse : « On vient d’avoir les autorisations du président de la fédération Provence Alpes Côte d’Azur. C’est une structure qui va rayonner sur toute la Corse. »
Restera à suivre l’épineux dossier du feu rouge, qui paralyse Sainte-Lucie de Porto-Vecchio l’été. En mars dernier, la Collectivité de Corse a acté le principe d’une déviation sur la T10. Dès lors, pour Nicolas Cucchi, « l’emprise est faite, il n’y a plus de sujet là-dessus, estime-t-il. Il nous restera à avancer avec la Région main dans la main. »
Autonomiste convaincu, proche du maire de Porto-Vecchio Jean-Christophe Angelini, Nicolas Cucchi, compte s’inscrire dans la continuité de son action engagée il y a six ans : « Sur 23 colistiers, il y a aura six ou sept nouveaux, dont deux membres de l’opposition actuelle qui nous rejoignent », précise-t-il. Le député de la 2e circonscription de Corse du Sud, Paul-André Colombani, sera-t-il encore à ses côtés ? « Pardi, oui, sourit Nicolas Cucchi. Il reste fidèle à son activité de médecin, mais il a toujours dit qu'il continuait et il est très proactif au conseil municipal. »
Maison de santé, musée de la Résistance, PLU...
Durant le premier mandat de Nicolas Cucchi, 20 millions d’euros ont été investis, ce qui est conséquent pour une commune de 2 989 habitants. « On a beaucoup travaillé pour récupérer des recettes, s’en explique l’élu. On n’a pas augmenté les impôts, mais les bases fiscales généraient énormément d'injustices parce qu'on avait beaucoup de grosses villas qui étaient sous-classées. On a remédié à cela avec un rééquilibrage qui nous a permis de récupérer 400 000 €. On est aussi passé de 180 000€ à 600 000 € de taxe de séjour. » Au total, la municipalité se targue d’avoir généré « plus de 3 millions d’euros de recettes réelles de fonctionnement par an ».
Une maison de santé a été construite à Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio, pour faire face aux risques de désertification médicale. « On avait trois médecins qui voulaient partir à l’époque. On en a huit aujourd’hui », se réjouit le maire sortant. Un centre communal d’action sociale (CCAS) a vu le jour dans le hameau de Taddu Russu et il est actuellement en travaux pour être agrandi. Une cuisine centrale a été créée, servant des repas à 1 euro pour les plus modestes. « Au total, on fait 90 000 repas par ans pour les écoles et les anciens du village », complète Nicolas Cucchi. Les écoles de Zonza et Jean-Nicoli ont été agrandies. Dans l’Alta Rocca, le Musée de la Résistance Corse a vu le jour et sa restructuration, qui est en cours, va de pair avec le grand projet de requalification du centre de Zonza, en cours de réalisation, et qui prévoit la création d’une place de village, d’un parking couvert et d’un point d’information touristique attenant au musée.
"J'applique la loi, c'est ma règle"
Ces dernières années, le nombre de résidences secondaires dans la commune a augmenté de manière significative, s’établissant à 66 % en 2022, selon l’Insee. Pour y remédier, une majoration sur la THRS, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, a été appliquée, après l’adoption d’un amendement à l’Assemblée nationale qui fut porté par le député - et conseiller municipal local - Paul-André Colombani. En matière d’urbanisme, le PLU a été adopté. « Dans une commune comme la nôtre, avec une partie mer et une partie montagne, on rencontre des aberrations, rappelle Nicolas Cucchi.. Par exemple, la loi littoral s’applique à Zonza village, à 800 mètres d'altitude, ce qui pose des problèmes de discontinuité d'urbanisme... » Le Plan local d’urbanisme adopté permettra la construction de 435 nouvelles habitations possibles, dans des secteurs « recentrés sur les villages de Sainte-Lucie et Zonza ». De fait, la commune a déjà pu valider des programmes immobiliers ciblés : « On a fait un lotissement à la montagne, avec douze possibilités d’accession à la propriété pour les primo-accédants. Et sur Sainte-Lucie, trente-cinq. »
Lors de la campagne pour les municipales de 2020, Nicolas Cucchi s’était engagé à lutter contre la spéculation immobilière et la bétonisation. Et durant son mandat, seuls 90 permis ont été délivrés par ses services, dont 82 pour des résidences principales. « De 2016 à 2020, il y avait eu 1147 permis délivrés : 583 pour des résidences principales et 564 pour des résidences secondaires », ne manque pas de rappeler la majorité actuelle. Nicolas Cucchi dit s’en tenir à un principe simple : « J’applique la loi. Qui que vous soyez, si vous avez le droit, je me battrai pour vous. Mais si vous n'avez pas le droit, ce sera sans moi. C'est ma règle. »
Le gros projet - chiffré « à 19 millions d’euros » - que Nicolas Cucchi ambitionne de faire aboutir s’il est réélu, c’est la requalification urbaine du centre-bourg de Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio. Des acquisitions foncières ont déjà été réalisées « pour libérer près de deux hectares autour de la mairie et de l’église, et faire la future place qui va abriter le centre culturel, le marché couvert, un centre de formation et des commerces », détaille le maire sortant, candidat à sa réélection.
Et la déviation ?
Parmi ses autres projets , citons le développement d’un service d’aide à la personne à la montagne, via le CCAS, l’aménagement d’une piscine en mer à Pinareddu, la construction d’un office du tourisme, d’une école des sports à Zonza. Nicolas Cucchi compte également faire campagne sur le thème de l’autonomie énergétique. Il souhaite engager une réflexion sur la production biomasse, le solaire, la méthanisation et l'hydro-électrique : « Quand on parle d’autonomie énergétique, on parle d’autonomie alimentaire », souligne-t-il. Enfin, il espère pouvoir avancer sur « le serpent de mer », à savoir ce projet de route qui relierait Zonza à Sainte-Lucie via les bergeries de Luvio : « On pense qu'on peut faire une route pour des véhicules légers. Sinon l'idée c'est que cette piste soit bien praticable et qu'on puisse l'utiliser à vélo. »
Par ailleurs, le projet de lycée professionnel à Santa Lucia est lui, bien engagé, confirme Nicolas Cucchi : « On a eu l’aval du recteur Rémi-François Paolini. » Le futur conseil municipal doit encore en valider le principe, ce qui permettra d’établir un plan de financement. Cet établissement formerait aux métiers de l’aide à la personne, du bâtiment et du tourisme. Nicolas Cucchi annonce également l’implantation prochaine sur la commune de la banque alimentaire de Corse : « On vient d’avoir les autorisations du président de la fédération Provence Alpes Côte d’Azur. C’est une structure qui va rayonner sur toute la Corse. »
Restera à suivre l’épineux dossier du feu rouge, qui paralyse Sainte-Lucie de Porto-Vecchio l’été. En mars dernier, la Collectivité de Corse a acté le principe d’une déviation sur la T10. Dès lors, pour Nicolas Cucchi, « l’emprise est faite, il n’y a plus de sujet là-dessus, estime-t-il. Il nous restera à avancer avec la Région main dans la main. »


