Les personnels de la cité scolaire de Montesoro durcissent le ton. Réunis en assemblée générale ce samedi matin, ils ont voté à l’unanimité un communiqué exprimant leur « profonde incompréhension, voire [leur] indignation » après la position du rectorat, qui estime l’établissement « surdoté » en personnels de vie scolaire.
Cette réaction intervient après la publication, mercredi, d’un communiqué du rectorat, à la veille d’une réunion tripartite réunissant la Collectivité de Corse, le rectorat et les représentants des personnels. Une rencontre au cours de laquelle les chiffres avancés par l’institution ont été vivement contestés.Selon le rectorat, la cité scolaire disposerait de +1,5 poste de CPE et +5,2 équivalents temps plein d’AED, calculés à partir de quatre critères : superficie, densité, internat et type d’élèves. Un mode de calcul que les personnels jugent « absurde et injuste ».
« Les spécificités mêmes de notre établissement deviennent des facteurs pénalisants », dénoncent-ils.
Ils contestent d’abord les effectifs retenus. Montesoro n’accueillerait pas « 1 800 élèves dont 180 internes », mais plus de 2 000 élèves, post-bac compris, « à encadrer quotidiennement ». La taille du site, son éclatement et la complexité de son organisation, qui devraient logiquement entraîner un renforcement des moyens, seraient au contraire utilisés pour justifier un refus.
« Dans ce mode de calcul inadapté, ces éléments deviennent des arguments contre l’octroi de moyens supplémentaires », écrivent-ils.
Les représentants des personnels estiment que le problème est désormais clairement identifié.
« Lorsqu’une règle de calcul ne correspond plus à la réalité du terrain, c’est la règle qu’il faut revoir. » Ils affirment avoir présenté au rectorat des données « objectives et vérifiables », citant notamment le cas d’un CPE du lycée Paul-Vincensini contraint de gérer « deux fois plus d’élèves » qu’un collègue d’un établissement du centre-ville bastiais.
Sur la question du climat scolaire, le rectorat aurait fait état de seulement neuf “faits établissement”. Une lecture jugée « extrêmement réductrice » par les personnels de vie scolaire, qui évoquent une explosion des sanctions : 98 en 2022-2023, 172 l’an dernier, et déjà 128 en quatre mois cette année.
« Se focaliser uniquement sur les faits les plus graves (…) revient à nier la réalité du terrain. Or, nier une réalité ne la fait pas disparaître », avertissent-ils.
Accusés de véhiculer une image négative de l’établissement, les personnels renvoient l’argument. Ils insistent au contraire sur une mobilisation unanime de l’ensemble de la communauté éducative, syndicats et parents d’élèves compris, pour défendre la cité scolaire et obtenir des moyens à la hauteur des besoins.
Si les personnels prennent acte des « nombreux déplacements sur place des différentes autorités », ils estiment que l’heure n’est plus aux constats. « Des actes concrets sont attendus », écrivent-ils, tout en notant que le rectorat a finalement reconnu la nécessité de réétudier les modalités de calcul des dotations. Une ouverture encore fragile, mais jugée indispensable pour sortir d’une situation qualifiée d’« objectivement anxiogène ».
Le communiqué est signé par les représentants des personnels d’éducation (Sgen-CFDT Corsica, SNALC, SNEP-FSU, SNES-FSU, STC), des personnels administratifs, des agents techniques, ainsi que par des élus aux conseils d’administration des lycées Paul-Vincensini et Fred-Scamaroni.
Le communiqué des représentants des personnels d’éducation



